L’Égypte, qui met en avant son rôle d’intermédiaire sur la scène internationale et entend développer ses relations avec le continent africain, accueille aujourd’hui lundi et demain mardi le premier sommet Afrique-Europe. L’Égypte entend tirer profit de ce sommet pour consolider son rôle régional. «La tenue du sommet en Égypte est sans doute un gain pour le pays de même qu’elle traduit son rôle régional», a déclaré un responsable du ministère des Affaires étrangères. «Lorsque l’Égypte a proposé d’accueillir le sommet, sa suggestion a été admise sans réserve tant par les pays européens que par les pays africains», a-t-il ajouté sous le couvert de l’anonymat. «Vu sa position géostratégique et son poids politique, il est plus que normal que l’Égypte accueille un tel sommet car elle constitue le principal point de jonction entre l’Europe et l’Afrique», a-t-il fait valoir. Si, au cours des dix dernières années, l’Égypte a réussi à préserver un important rôle régional en prenant la tête de la coalition arabe contre l’Irak après l’invasion du Koweït en 1990 et en jouant ensuite les médiateurs dans le processus de paix, les perspectives d’un règlement définitif du conflit israélo-arabe suscitent désormais des craintes d’un effritement de ce rôle. «Ceux qui craignent un amenuisement du rôle régional de l’Égypte après la fin des négociations de paix se fondent sur de fortes raisons», a écrit jeudi l’analyste Salama Ahamed Salam dans le quotidien al-Ahram. «Il y a des précédents que l’on ne peut ignorer comme la Russie dont le rôle s’est nettement réduit après l’effondrement du bloc de l’Est. S’il ne possédait pas l’arme nucléaire et des missiles balistiques, il aurait été facile d’enfermer l’ours russe dans un guêpier». «Or, l’Égypte ne possède pas l’arme nucléaire (...) et pour qu’elle puisse exercer son rôle et éviter sa marginalisation, elle doit accélérer le processus de modernisation de l’État et du système politique». Conscient de cette donne régionale, le gouvernement égyptien a étendu au cours des dernières années son champ d’action diplomatique. D’une part, il a multiplié les initiatives pour renforcer ses liens avec l’Afrique et d’autre part, il a joué un rôle actif dans les groupements multilatéraux, notamment le forum euro-méditerranéen né du processus de Barcelone. L’Afrique constitue également un enjeu économique de taille pour l’Égypte qui s’est fixé pour objectif prioritaire d’équilibrer sa balance commerciale dont le déficit s’est aggravé en 1998/99 atteignant 12,4 milliards de dollars. Selon les responsables égyptiens, les avantages d’une coopération économique avec l’Afrique dépassent ceux que l’Égypte peut attendre d’un accord de partenariat avec l’Union européenne, toujours en négociation. En un an (janvier 1998-janvier 1999), les exportations égyptiennes vers les pays du Marché commun des Etats de l’Afrique de l’Est et du Sud (Comesa) ont plus que doublé, passant de 13,2 à 27,3 millions de dollars. Toutefois les exportations égyptiennes vers l’Afrique demeurent réduites (4 % de l’ensemble des exportations) et le déficit de la balance commerciale égyptienne avec les pays africains a atteint environ 180 millions de dollars en 1998/99.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Égypte, qui met en avant son rôle d’intermédiaire sur la scène internationale et entend développer ses relations avec le continent africain, accueille aujourd’hui lundi et demain mardi le premier sommet Afrique-Europe. L’Égypte entend tirer profit de ce sommet pour consolider son rôle régional. «La tenue du sommet en Égypte est sans doute un gain pour le pays de même qu’elle traduit son rôle régional», a déclaré un responsable du ministère des Affaires étrangères. «Lorsque l’Égypte a proposé d’accueillir le sommet, sa suggestion a été admise sans réserve tant par les pays européens que par les pays africains», a-t-il ajouté sous le couvert de l’anonymat. «Vu sa position géostratégique et son poids politique, il est plus que normal que l’Égypte accueille un tel sommet car elle constitue...