Le dollar a évolué légèrement à la baisse hier à Beyrouth, certains opérateurs ayant manifesté de l’intérêt pour des placements en livre libanaise sous le rapport de sa bonne rentabilité à court terme. Cela étant, et en l’absence de demandes sur le billet vert en dehors des besoins commerciaux courant du marché, le billet vert a été négocié toute la journée entre 1 504,00 et 1 505,00 LL contre 1 505,00 et 1 506,00 LL, la veille, pendant que la Banque du Liban (BDL) continuait à le proposer à 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente pour le faire clôturer officiellement au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Pourtant, ce mouvement n’a pas pu prendre de dimensions en raison du climat d’expectative régnant sur le marché. En effet, le volume d’affaires n’aurait dépassé au total hier que quelque six millions de dollars, entièrement échangés à l’achat et à la vente par les banques de la place, ont indiqué les cambistes. L’euro reprend des couleurs À l’étranger, la monnaie unique européenne est parvenue à reprendre des couleurs face aux autres grandes monnaies hier, après un nouvel accès de faiblesse suite à la décision du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) de maintenir les taux d’intérêt à 3,50 % dans la zone euro. La devise européenne, qui avait atteint peu après l’annonce de cette décision de nouveaux plus bas face au dollar et eu yen, a repris des forces en remontant au-dessus du seuil de 0,96 dollar et 101,00 yens À cela auraient contribué d’un côté les propos tenus par le président de la BCE, Wim Duisenberg, qui a clairement laissé entendre hier que la tendance pour les prochains mois sera orientée à la hausse sur le front des taux européens. «Je pense que le fait que j’ai dit que nous restons vigilants doit être entendu comme une indication suffisante sur la direction dans laquelle souffle le vent», a déclaré M. Duisenberg lors d’une conférence de presse qui a suivi la réunion de la BCE qui s’est tenue à Madrid. Ainsi, le fait que les marchés sont d’ores et déjà dans un scénario où la BCE va procéder à de nouvelles hausses de taux, les spéculations à la hausse de l’euro ne tardaient à prendre le dessus. Cela d’autant que les dernières nouvelles sur le front de l’inflation en Europe militent toujours dans le sens d’un resserrement monétaire, dans la mesure où le niveau actuel des prix pétroliers malgré la décision d’augmentation de la production de l’Opep continue d’avoir un impact inflationniste en Europe dans les prochains mois. D’un autre côté, les craintes d’une intervention japonaise contre la hausse du yen en cas d’une chute trop forte de l’euro sont venues aussi redonner d’actualité aux placements en cette monnaie après qu’elle eut réussi à enfoncer par moment le seuil des 100 yens. Compte tenu de ces considérations, et eu égard à l’effritement du secteur de la haute technologie aux États-Unis avec la rechute du Nasdaq au-dessous du seuil de 4 600 points, le dollar a fait preuve de vulnérabilité, malgré la forte croissance économique américaine. À cet égard, le marché s’est montré plus ou moins indifférent hier à la dernière révision en hausse des chiffres du produit intérieur brut (PIB) américain dont la croissance a atteint 7,3 % au quatrième trimestre 1999 au lieu de 6,9 % lors d’une précédente estimation. C’est ainsi que le billet vert devait se négocier, à New York, sur un ton affaibli, face aux autres grandes monnaies, comme suit : – 0,9610 pour un euro contre 0,9515, la veille – 1,5935 pour un sterling contre 1,5930 – 2,0350 DM contre 2,0550 – 6,8250 FF contre 6,8925 – 1,6585 FS contre 1,6745 – 2 014,85 lires contre 2 034,55 – 105,50 yens contre 105,75. Bourse de Beyrouth : marché stationnaire À la Bourse de Beyrouth, toujours déprimée, les quelques valeurs ayant fait l’objet de transactions hier devaient reproduire leurs derniers cours de la veille. C’est ainsi que l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées s’est maintenu à 70,50 points de même que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui s’est stabilisé à 160,78 points. Ce mouvement s’est encore une fois produit dans des volumes d’affaires très minces ne dépassant pas au total 49 029 actions d’une valeur de 198 550 dollars. Volatilité de Wall Street Sur les places boursières internationales, la tendance est restée partagée encore une fois à Wall Street avec la poursuite de la baisse des valeurs la «nouvelle économie» et de la hausse de celles de la «vieille économie». En effet, la Bourse électronique du Nasdaq est demeurée sous de fortes pressions après les avertissements d’analystes estimant que ce secteur est surévalué. En revanche, les titres traditionnels et cycliques largement représentés sur l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles (DJIA), délaissés en début d’année au profit de ceux du Nasdaq, ont continué à profiter du retour en grâce la «vieille économie» amorcé à la mi-mars. Cela étant, le secteur de l’Internet était faible ainsi que ceux de la biotechnologie et de l’informatique, contrairement aux valeurs cycliques du tabac, de la consommation et de la pharmacie qui ont été activement recherchées avec celles des pétrolières. Dans ce contexte, le Nasdaq a fléchi jusqu’à 4 500 points alors que le DJIA est parvenu à rebondir d’un plus bas à 10 984,59 points à un plus haut à 11 144,06 points avant d’afficher en préclôture 11 056,56 points, en hausse de 37,84 points sur la veille. Rechute des Bourses européennes Les marchés d’actions européens ont terminé en net repli jeudi, les investisseurs prenant massivement leurs bénéfices sur les valeurs de technologie, de télécoms et de médias dans le sillage de la baisse du Nasdaq américain. L’indice CAC 40 de la Bourse de Paris a terminé en baisse de près de 3 %, tandis que le Dax cédait 2,80 % à Francfort et que le FTSE 100 de Londres régressait de 2,33 %. Milan a perdu 2,70 %, Madrid 2,11 %, Bruxelles 1,72 % et Amsterdam 2,7 %. Les valeurs suisses faisaient figure d’exception avec un repli très modéré de 0,25 %. La Bourse d’Helsinki, très dépendante de la technologique Nokia, a plongé de 8,7 %. Les indices multipays ont reflété la tendance générale, l’Eurotop 300, paneuropéen, a reculé de 2,4 % tandis que l’EuroStoxx 500 des valeurs vedettes de la zone euro était amputé de plus de 3 % de sa valeur. La déroute des technologiques américaines et, par contagion, des européennes a été déclenchée par les propos tenus mardi par l’un des grands spécialistes des marchés émergents, Mark Mobius, de chez Templeton. Mobius, qui s’exprimait au cours d’une présentation à Paris, a déclaré que la volatilité des valeurs Internet pourrait être le prélude à un krach boursier dans ce secteur. Ce commentaire fait suite à celui de la célèbre stratégiste de Goldman Sachs, Abby Joseph Cohen, qui, après avoir été optimiste pendant longtemps, a recommandé ces derniers jours de réduire les positions en actions pour investir sur le monétaire. Les prises de bénéfices sur les valeurs de la trilogie dite des «TMT» (technologie, télécoms, médias) ont été à la mesure de la flambée de leurs cours enregistrée depuis la fin de 1999. Aux télécoms, Vodafone, la plus grosse société britannique, a perdu 2,4 % tandis que son concurrent British Telecommunications (BT) perdait 5,9 %. Le groupe de télécoms néerlandais KPN a dégringolé de 8,37 %, tandis qu’à Madrid, Telefonica ne reculait «que» de 3,51 %. Sa filiale Internet, Terra Nestworks, a abandonné 7,9 %. À Paris, France Télécom a cédé 7,8 % et Equant 6,32 %. Deutsche Telekom s’est repliée de 6,94 % à Francfort; Les investisseurs ont mis en avant le fait que l’opérateur de télécoms pourrait lever moins de fonds que prévu lors de l’introduction en Bourse de sa filiale Internet T-Online le mois prochain. Le fabricant d’équipements téléphoniques Nokia a perdu près de 10 % à Helsinki, tandis qu’à Stockholm, son concurrent Ericsson réduisait sa valeur de plus de 5 %. Aux autres technologiques, le fabricant britannique d’ordinateurs de poche Psion a chuté de 15,9 % pour revenir à 3 870 pence tandis que le groupe de biotechnologie Celltech dégringolait de 13,90 % à 1 070 pence et que le groupe de services informatiques Logica baissait de 10 % à 1 991 pence. Tokyo : prises de bénéfices La Bourse de Tokyo a clôturé en baisse, jeudi, pour la première fois en cinq séances, les investisseurs, inquiets de sa récente forte progression, préférant prendre leurs bénéfices. L’indice Nikkei 225 a perdu 265,15 points, soit 1,28 %, à 20 441,50, et le contrat juin 240 points à 20 430. «Les investisseurs s’attendaient à ce que le Nikkei monte vers les 20 000 points avant la fin de l’exercice fiscal au 31 mars. Mais sa récente progression a été bien plus rapide que prévu», a estimé Sho Ikeda, de Nikko Asset Management. L’indice Topix de l’ensemble des valeurs de la première section a cédé 1,18 % à 1 712,45 points. Contre la tendance, la vedette de la haute technologie Sony a gagné 5,61 %, après l’annonce des modalités de sa coentreprise dans la banque en ligne. Celle-ci sera dotée d’un capital de 37,5 milliards de yens, détenu à 80 % par Sony, à 16 % par Sakura Bank et à 4 % par la banque américaine d’investissement J.P. Morgan.
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