Pour une fois (?), je ne vais pas jouer les faux modestes. En fin d’année 99 – exactement le 10 décembre – sortait à Beyrouth, en toute confidentialité et comme en bouche-trou (dans une seule salle du circuit Empire), le film de, et avec, Warren Beatty, Bulworth. Une découverte qui m’avait enthousiasmé, en me poussant à soutenir le film. Peine (d’amour) perdue. Ce fut un échec, sanctionné par une carrière ultrabrève. Or, Bulworth vient de sortir à Paris. Un retard qui s’explique par une programmation ayant tenu compte du contexte de la campagne présidentielle aux États-Unis (le calcul était avisé, soit dit en passant). L’accueil de la presse française est chaleureux, l’éloge dithyrambique et quasi unanime – peut-être à la seule exception du quotidien hyperparisien Libération (ce qui pourrait d’ailleurs s’expliquer, mais ce serait une tout autre histoire). Tant mieux, bien sûr, et je pourrais donc jubiler, car on ne saurait m’«accuser» d’avoir suivi le courant (les dates, n’est-ce pas...). Sauf que... Je ne peux m’empêcher de penser que, si Bulworth était sorti chez nous dans le fil de ce succès souligné par la presse française, il aurait sans doute mieux marché. Car c’est un fait et qui n’est pas nouveau: s’agissant de cinéma – comme dans bien d’autres domaines – les opinions venues de l’étranger ont, en général, la priorité sur celles exprimées au Liban. C’est ainsi, voilà tout. Il n’empêche qu’à Paris aussi, on a relevé certains détails troublants autour de l’exploitation du film. Ainsi, Le Monde a écrit (le 22 mars dernier): «Curieusement, la “major” Fox a attendu fort longtemps pour montrer “Bulworth” en France». Quant au Liban, passons...
Pour une fois (?), je ne vais pas jouer les faux modestes. En fin d’année 99 – exactement le 10 décembre – sortait à Beyrouth, en toute confidentialité et comme en bouche-trou (dans une seule salle du circuit Empire), le film de, et avec, Warren Beatty, Bulworth. Une découverte qui m’avait enthousiasmé, en me poussant à soutenir le film. Peine (d’amour) perdue. Ce fut un échec, sanctionné par une carrière ultrabrève. Or, Bulworth vient de sortir à Paris. Un retard qui s’explique par une programmation ayant tenu compte du contexte de la campagne présidentielle aux États-Unis (le calcul était avisé, soit dit en passant). L’accueil de la presse française est chaleureux, l’éloge dithyrambique et quasi unanime – peut-être à la seule exception du quotidien hyperparisien Libération (ce qui pourrait...
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