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Actualités - Chronologie

Poutine face à la puissance des oligarques

Vladimir Poutine sera-t-il maître de ses décisions? Ou bien deviendra-t-il un Boris Eltsine bis, marionnette dans les mains du petit groupe de milliardaires qui a tiré les ficelles de la politique russe pendant des années? La veille des élections présidentielles, Vladimir Poutine a promis la fin de la toute puissance des «oligarques». En Russie, ce terme désigne les très riches hommes d’affaires qui, durant les années Eltsine, ont pris le contrôle de plus de la moitié de l’économie russe. Sous leur influence également: les décisions prises au Kremlin. «Les oligarques en tant que classe cesseront d’exister. Si nous n’assurons pas des conditions égales pour tous, nous ne serons pas capables de faire sortir le pays de son état actuel», a déclaré samedi le candidat Poutine, élu le lendemain président de Russie avec plus de 52 % des suffrages. Pour extirper les oligarques du Kremlin et les remettre à leur place, alliés et influence sont nécessaires. Si les politiciens sont divisés sur la capacité du nouveau président russe à mener cette tâche à bien, ils sont tous d’accord pour dire qu’il doit essayer. «Il doit libérer les autorités de l’État de leur dépendance excessive à l’égard des groupes financiers», a dit mardi un ancien haut conseiller du Kremlin, Sergueï Stankevitch. «C’est l’une des premières tâches qui se présentent à lui», a-t-il souligné dans une interview à la télévision russe. L’oligarchie russe a activement participé à l’anarchie économique qui a caractérisé l’ère Eltsine, considérée par la majorité des Russes comme une époque «à oublier». Ces barons du capitalisme sauvage sont accusés de tous les maux: d’avoir mis dans leur poche les secteurs les plus rentables de l’économie russe pour une bouchée de pain ou d’avoir fait passer des millions de dollars à l’étranger au lieu d’investir dans l’industrie nationale. Leurs noms sont connus: il s’agit de l’influent Boris Bérézovski, des rois du pétrole Roman Abramovitch et Mikhaïl Khodorkovski, de Vladimir Potanine, surnommé «bébé millionnaire», des financiers Alexandre Smolenski, Piotr Aven et Mikhaïl Fridman. À ce groupe premier, il faut ajouter le directeur de la toute puissante compagnie de gaz Gazprom Rem Viakhirev, et son pendant dans le domaine de l’électricité : Anatoli Tchoubaïs. La galerie est alors complète. Il reste à déterminer, entre les oligarques et le Kremlin, qui dominera qui à l’avenir. Durant la campagne électorale, Anatoli Tchoubaïs, Rem Viakhirev, Mikhaïl Khodorkovski et Boris Bérézovski sont venus les uns après les autres se ranger sous la bannière de Vladimir Poutine. L’énorme soutien populaire recueilli par le nouveau président russe, élu au premier tour, additionné à sa volonté de tenir seul la baguette pourrait se retourner contre les oligarques, estime l’analyste politique Viatcheslav Nikonov. «Il y aura bien entendu toujours des gens riches et influents mais leur capacité à influencer la politique gouvernementale et les décisions sera nettement diminuée», prédit-il. «Poutine ne laissera personne diriger le pays à sa place», ajoute Viatcheslav Nikonov. Mais la capacité de Vladimir Poutine à écraser le groupe des oligarques a été balayée d’un revers de la main par le «premier» d’entre eux, Boris Bérézovski : «Cela n’arrivera jamais», a-t-il dit au quotidien économique Vedomosti, ajoutant que les déclarations de Poutine étaient des promesses électoralistes. Le nouveau président reste d’ailleurs redevable à Boris Bérézovski, qui détient la première chaîne de télévision, pour sa couverture totalement partisane de la campagne électorale. En sa faveur. Selon Boris Makarenko, autre analyste politique, le scénario le plus probable est le suivant: Poutine «va être prêt à tolérer les intérêts économiques et le lobbying des oligarques, mais ne tolérera pas leurs ambitions politiques. Il essaiera de réduire leur contrôle sur des ressources qui ont une incidence politique, comme la télévision».
Vladimir Poutine sera-t-il maître de ses décisions? Ou bien deviendra-t-il un Boris Eltsine bis, marionnette dans les mains du petit groupe de milliardaires qui a tiré les ficelles de la politique russe pendant des années? La veille des élections présidentielles, Vladimir Poutine a promis la fin de la toute puissance des «oligarques». En Russie, ce terme désigne les très riches hommes d’affaires qui, durant les années Eltsine, ont pris le contrôle de plus de la moitié de l’économie russe. Sous leur influence également: les décisions prises au Kremlin. «Les oligarques en tant que classe cesseront d’exister. Si nous n’assurons pas des conditions égales pour tous, nous ne serons pas capables de faire sortir le pays de son état actuel», a déclaré samedi le candidat Poutine, élu le lendemain président de Russie...