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Actualités - Chronologie

Les clefs du succès d'une élection

La jeunesse, un appareil d’État à son service, l’absence de véritable adversaire, une société désorientée à la recherche d’un homme fort : tels sont les facteurs qui ont assuré la victoire de Vladimir Poutine à l’élection présidentielle russe. Le nouveau maître du Kremlin offre un contraste saisissant avec son prédécesseur Boris Eltsine, le «tsar» malade et vieillissant : il travaille du matin au soir, se déplace en avion de chasse, fait du ski et du judo et ne porte pas de chapka même par grand froid. À 47 ans, Vladimir Poutine sera le plus jeune leader de la Russie à arriver au pouvoir depuis le tsar Nicolas II. «C’est sa personnalité bien davantage que son programme qui a séduit l’électorat», estime le politologue Evgueni Volk. Vladimir Poutine a affiché de grandes et vagues idées comme la restauration d’un État fort ou la lutte contre la pauvreté sans jamais dire de quelle façon il les mettrait en œuvre. Désigné comme dauphin par Boris Eltsine depuis août 1999, M. Poutine a même hérité du fauteuil du président le 31 décembre 1999 lorsque ce dernier a démissionné contre toute attente. Ce qui lui a donné un avantage indéniable sur ses rivaux. Les médias publics, qui bénéficient de la plus grande audience dans le pays, ont été un puissant relais, au point que M. Poutine a été le seul candidat à ne pas profiter du temps d’antenne auquel il avait officiellement droit. Il a justifié ce renoncement en déclarant qu’il refusait d’apparaître entre des publicités pour «Tampax» ou «Snickers», ce qui ne l’a pas empêché d’être omniprésent sur les écrans dans l’exercice de ses fonctions. «Le fait d’être déjà au Kremlin lui donnait pas mal d’avantages, comme le soutien des structures régionales des gouverneurs» dont les consignes de vote sont encore souvent suivies en province, remarque un autre politologue, Viatcheslav Nikonov. En outre, «l’appareil de l’administration présidentielle, qui travaille au Kremlin, sait faire une élection», note un diplomate occidental, rappelant le spectaculaire redressement de la cote de popularité de Boris Eltsine avant la présidentielle de 1996. L’absence d’un adversaire de poids a aussi largement contribué à la victoire de l’ancien chef des services secrets (FSB, ex-KGB). L’ex-Premier ministre et ancien chef de la diplomatie russe, Evgueni Primakov (70 ans), a jeté l’éponge dans la course à la présidence le 4 février. Quant au maire de Moscou, Iouri Loujkov (64 ans), il a prudemment choisi de se replier face à l’ascension irrésistible de Vladimir Poutine, avant de faire allégeance au futur président. Déjà perdant en 1996 face à M. Eltsine, le chef du Parti communiste Guennadi Ziouganov n’avait pas plus de chances de l’emporter dimanche en raison d’un électorat figé. En outre, Vladimir Poutine a su attirer une partie de l’électorat de droite et du centre. Les chances très limitées de l’emporter des adversaires de M. Poutine ont d’ailleurs joué en sa faveur. «Il était perçu comme le vainqueur à coup sûr. Les gens n’aiment pas voter pour rien», commente Viatcheslav Nikonov. Les désillusions de dix ans de réformes depuis la chute de l’URSS fin 1991 ont enfin pu bénéficier à Vladimir Poutine. «Les grandes espérances et les attentes liées à la démocratie ont été déçues. La société est prête à écouter quiconque lui promet de restaurer l’ordre plutôt que de mettre en place ces soit-disant institutions démocratiques», souligne le politologue Nikolaï Petrov.
La jeunesse, un appareil d’État à son service, l’absence de véritable adversaire, une société désorientée à la recherche d’un homme fort : tels sont les facteurs qui ont assuré la victoire de Vladimir Poutine à l’élection présidentielle russe. Le nouveau maître du Kremlin offre un contraste saisissant avec son prédécesseur Boris Eltsine, le «tsar» malade et vieillissant : il travaille du matin au soir, se déplace en avion de chasse, fait du ski et du judo et ne porte pas de chapka même par grand froid. À 47 ans, Vladimir Poutine sera le plus jeune leader de la Russie à arriver au pouvoir depuis le tsar Nicolas II. «C’est sa personnalité bien davantage que son programme qui a séduit l’électorat», estime le politologue Evgueni Volk. Vladimir Poutine a affiché de grandes et vagues idées comme la...