Enfant du théâtre, qui lui a appris l’art consommé du dialogue et de la nuance, Kevin Spacey aime bâtir ses personnages par petites touches, subtilement, tel un peintre impressionniste. «Nous agissons dans la vie à plusieurs niveaux. Ce que Kevin parvient à faire avec son jeu d’acteur, c’est suggérer chacune de ces strates, les côtés sombres, les secrets, les déceptions, l’humour ironique», affirme le metteur en scène de théâtre Howard Davies. L’Oscar du meilleur acteur couronne d’ailleurs une carrière essentiellement passée sur les planches. «C’est au théâtre que j’ai appris à être un acteur. Pas au cinéma», aime à rappeler Spacey, 40 ans. Né le 26 juillet 1959 à South Orange (New Jersey, est), Kevin Spacey Fowley grandit en Californie, où ses parents partent lorsqu’il a quatre ans. Une famille modeste, une jeunesse déracinée – 13 déménagements en dix ans –, le jeune Kevin est, de son propre aveu, un «enfant turbulent et chahuteur». Son exutoire, il le trouve avec la troupe de théâtre du lycée. C’est la révélation. Il rêve de devenir comédien. Mue par une ambition dévorante, sa carrière prend un tour inattendu en 1985, à la suite d’un petit larcin heureux qu’il confesse aujourd’hui sans remords. Lors d’une projection, il dérobe dans le sac à main de sa voisine endormie une invitation à une réception. «Elle était fatiguée. Elle n’y serait pas allée de toute façon !» plaisante-t-il. Le précieux sésame en main, il convainc un metteur en scène de lui accorder une audition et décroche un rôle aux côtés de Jack Lemmon dans Long Day’s Journey into the Night, un immense succès à Broadway et à Londres. À 26 ans, Kevin Spacey est en route vers la gloire. Un vrai pro Entre deux rôles sur les planches et un tour par la télévision, Kevin Spacey s’essaie au cinéma, sans y faire d’étincelles, mais les cachets lui permettent de compenser ses maigres salaires du théâtre. Récompensé pour ses performances sur les planches, Kevin Spacey reçoit une première consécration au cinéma. Son rôle de petit gangster, estropié et insignifiant, dans The Usual Suspects (1995), lui vaut l’Oscar du meilleur second rôle masculin. Qu’il interprète un patron de studio de cinéma sans scrupules (Swimming with Sharks), un détective idéaliste (L.A. confidential) ou encore un tueur en série pervers (Seven), Kevin Spacey arbore à l’écran ce regard brillant et moqueur de celui qui en sait toujours plus que l’audience. Pour American Beauty, il change de registre et incarne Lester Burnham, un quadragénaire pris d’une crise existentielle, en révolte contre le conformisme de sa vie terne. «J’ai essayé de m’éloigner des personnages sombres et manipulateurs qui ont toujours dix coups d’avance sur tout le monde. Je voulais jouer un personnage beaucoup plus vulnérable et dont je me sente plus proche personnellement», explique-t-il. «C’est quelqu’un d’extrêmement amusant», confie sa partenaire à l’écran, Annette Bening. «J’ai beaucoup ri avec lui. C’est un vrai pro. Il est prêt à temps. Il n’a pas d’égo. Il fait ce qu’il a à faire». Dans le privé, l’homme cultive la discrétion. «Personne ne sait qui je suis et je veux que cela reste ainsi. Plus cela durera, mieux cela vaudra», sourit-il. S’il préfère New York aux collines dorées de Beverley Hills, c’est parce que, dit-il, «on n’y est pas coupé de la réalité». Et dans les rues de Manhattan, on peut l’apercevoir parfois juché sur sa patinette à moteur se jouer des embouteillages.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Enfant du théâtre, qui lui a appris l’art consommé du dialogue et de la nuance, Kevin Spacey aime bâtir ses personnages par petites touches, subtilement, tel un peintre impressionniste. «Nous agissons dans la vie à plusieurs niveaux. Ce que Kevin parvient à faire avec son jeu d’acteur, c’est suggérer chacune de ces strates, les côtés sombres, les secrets, les déceptions, l’humour ironique», affirme le metteur en scène de théâtre Howard Davies. L’Oscar du meilleur acteur couronne d’ailleurs une carrière essentiellement passée sur les planches. «C’est au théâtre que j’ai appris à être un acteur. Pas au cinéma», aime à rappeler Spacey, 40 ans. Né le 26 juillet 1959 à South Orange (New Jersey, est), Kevin Spacey Fowley grandit en Californie, où ses parents partent lorsqu’il a quatre ans. Une...