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Actualités - Chronologie

La gloire de sa génération

Le rabbin Ovadia Yossef, chef spirituel du puissant parti ultra-orthodoxe Shass, est la plus prestigieuse personnalité religieuse en Israël à avoir été à ce jour la cible d’une enquête judiciaire. Les centaines de milliers de juifs orientaux, originaires des pays arabes, qui constituent l’électorat du Shass, portent une véritable vénération à celui qui est désigné comme l’un des «plus grands sages» du judaïsme et «la gloire de sa génération». L’impression de fragilité que dégage ce veuf de 79 ans, de santé délicate, obligé de porter des lunettes à vert fumé en raison de sa vue déclinante, est trompeuse : le rabbin Ovadia Yossef est peut-être l’homme politique le plus puissant d’Israël. Sous sa direction charismatique, le Shass, fondé en 1984, a en effet connu une progression fulgurante en quatorze ans au point de devenir un partenaire incontournable de toute coalition. Son mot d’ordre, «Rendre sa splendeur» au judaïsme sépharade, a eu un écho formidable parmi les juifs orientaux qui représentent 45 % de la population juive et sa partie la plus pauvre, notamment auprès des 400 000 originaires du Maroc. Né à Bagdad, élevé en Palestine sous Mandat britannique, le rabbin Ovadia Yossef a été Grand Rabbin séfarade d’Israël jusqu’au début des années quatre-vingts avant de se lancer dans la politique. Mais ce n’est pas tant à ces fonctions qu’il doit sa renommée, mais au fait qu’il est un grand érudit du Talmud, dont les édits rabbiniques ont valeur de loi pour beaucoup de juifs orthodoxes. Il a l’art de s’adresser à ses ouailles dans un langage populaire, qui mêle dictons, citations de textes sacrés, à des blagues aux dépens de ses adversaires, en premier lieu les juifs laïcs, qui incarnent à ses yeux tous les maux. Sur le plan des rapports avec les Arabes, le chef spirituel du Shass, le rabbin Ovadia Yossef, passe pour une «colombe», ce qui n’est pas le cas pour toute la direction du parti et encore moins pour la base du Shass, venue de la droite. Sur le plan intérieur, qui compte plus pour lui, le rabbin Yossef est un défenseur intransigeant de la Halakha, la tradition religieuse stricte, quitte à remettre en cause l’autorité du système judiciaire. Le rabbin Yossef s’est énergiquement défendu d’avoir appelé au meurtre du ministre. «S’il fallait me poursuivre, il faudrait mettre en prison tous les juifs religieux qui citent les versets de la Bible vouant aux gémonies les mécréants», a-t-il proclamé. Le conseiller juridique du gouvernement, Elyakim Rubinstein, à la tête du ministère public, en a jugé autrement. Il a demandé à la police d’enquêter pour incitation à des actes de violence pouvant entraîner mort d’homme. Le rabbin Ovadia Yossef n’est plus intouchable. Mais il est douteux qu’il soit traduit devant les tribunaux, à cause de son prestige, de son âge avancé et de crainte d’engager la justice dans des débats théologiques inextricables, estiment des juristes.
Le rabbin Ovadia Yossef, chef spirituel du puissant parti ultra-orthodoxe Shass, est la plus prestigieuse personnalité religieuse en Israël à avoir été à ce jour la cible d’une enquête judiciaire. Les centaines de milliers de juifs orientaux, originaires des pays arabes, qui constituent l’électorat du Shass, portent une véritable vénération à celui qui est désigné comme l’un des «plus grands sages» du judaïsme et «la gloire de sa génération». L’impression de fragilité que dégage ce veuf de 79 ans, de santé délicate, obligé de porter des lunettes à vert fumé en raison de sa vue déclinante, est trompeuse : le rabbin Ovadia Yossef est peut-être l’homme politique le plus puissant d’Israël. Sous sa direction charismatique, le Shass, fondé en 1984, a en effet connu une progression fulgurante en...