Une nouvelle phase de la reconstruction du Kosovo a commencé, les organisations humanitaires se mettent peu à peu en retrait pour laisser les habitants prendre plus de responsabilités dans une province conditionnée par 50 ans de contrôle étatique. Environ un milliard de dollars (autant d’euros) en engagements de donateurs pour 2000 sont disponibles, selon la mission de l’Onu au Kosovo (Minuk). De nombreux Kosovars ont déjà utilisé des dons de matériels de construction pour réparer entièrement ou partiellement la moitié des quelque 250 000 maisons brûlées ou détruites pendant le conflit. Depuis l’été dernier, la Minuk, l’Union européenne (UE) et des organisations non-gouvernementales entraînent des habitants du Kosovo à gérer des programmes en vue d’amorcer le développement économique à long terme de la province. Des réparations massives d’infrastructures, telles que les centrales électriques Kosovo A et B à Obilic, au nord de Pristina, ne peuvent être effectuées que grâce à des efforts internationaux, mais des ingénieurs et des gestionnaires locaux sont préparés à prendre la relève. Une Autorité fiscale centrale collecte des taxes douanières et environ un tiers du budget du Kosovo en 1999, soit quelque 35 millions de deutsche marks, provenaient de ces revenus locaux. L’aide d’urgence qui a afflué l’été dernier devait constituer la base du futur développement, les matériaux destinés aux habitations servant d’abord à permettre aux gens de passer l’hiver à l’abri avant d’être réutilisés pour des réparations permanentes le printemps venu. «La communauté internationale a appris que dans les situations de crise, il faut mener les efforts humanitaires parallèlement aux premiers pas vers la reconstruction et le développement», a déclaré un responsable de la Minuk, Roy Dickinson. Care International, un groupe humanitaire qui a son siège à Bruxelles, a opté pour une approche de la reconstruction basée sur des méthodes traditionnelles, en partie parce que les ouvriers locaux peuvent ainsi se remettre au travail plus rapidement même si cette approche est plus coûteuse. Des charpentes de toit qui avaient été couvertes de plastique renforcé pour l’hiver sont maintenant prêtes à recevoir des tuiles et les familles trouvent de l’argent pour acheter davantage de matériel et finir le travail. Selon Alex Jones, coordonnateur de Care, les donateurs ont décidé très tôt de faire moins mais pour un plus grand nombre de gens et de leur demander de fournir une partie de l’effort, alors que certains s’attendaient à ce qu’on leur construise des maisons neuves. Les programmes de logement de huit groupes devraient coûter au total 18,4 millions de dollars et bénéficier à plus de 120 000 personnes. Des projets sont en cours pour réparer ou améliorer des hôpitaux, des écoles, des routes, des voies ferrées, des systèmes d’adduction d’eau ou le réseau électrique. Les donateurs espèrent maintenant voir les petites entreprises démarrer et des prêts de l’UE allant jusqu’à 50 000 euros sont disponibles pour des projets dans le logement, l’agriculture et la production alimentaire.
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