Les partisans US de Taïwan accentuent la pression sur Clinton
le 21 mars 2000 à 00h00
La victoire électorale du parti pro-indépendantiste à Taïwan soumet à de nouvelles pressions la politique d’équilibre entre Taïwan et la Chine communiste pratiquée par l’administration Clinton. Le président Bill Clinton a déclaré que la victoire de Chen Shui-bian à l’élection présidentielle créait une «nouvelle occasion» de dialogue pacifique entre Taïwan et le continent, ce qui n’a pas empêché des membres du Congrès favorables à Taïwan de le critiquer. Le député républicain Tom Delay a ainsi accusé dimanche Clinton de se montrer trop conciliant avec sa politique d’«engagement constructif» envers Pékin, et il a réclamé un message ferme de mise en garde à Pékin. Il a affirmé que Washington doit défendre Taïwan, en particulier face aux menaces militaires brandies par Pékin pendant la campagne électorale. Il a mis en doute la détermination de Clinton à prendre la défense de Taïwan si Pékin l’attaquait. «Si Tom Delay était au pouvoir, il ne permettrait pas à la Chine de se conduire constamment en tyran», a-t-il assuré. L’élection de Chen a toutes les chances de faire resurgir dans la campagne électorale américaine les relations complexes de Washington avec Pékin et Taipei. Conditions à une amélioration Pragmatiques, les États-Unis reconnaissent le gouvernement de Chine communiste et n’entretiennent pas de relations diplomatiques avec Taïwan en dépit de liens militaires étroits et d’engagements pris dans le cadre d’un texte sur les relations avec Taïwan datant de 1979. Les républicains ne cachent pas leurs réticences envers Pékin mais le vice-président et candidat démocrate Al Gore devrait poursuivre l’approche de Clinton. Les adversaires de Gore ne manqueront pas, pendant la campagne, de tenter de le mettre dans l’embarras à propos d’une aide chinoise au financement de la campagne Clinton-Gore en 1996. Le secrétaire américain à la Défense, William Cohen, a souligné la semaine dernière que les États-Unis ne soutiennent pas l’indépendance de Taïwan, mais qu’ils sont tenus, aux termes de traités, à aider l’île. À Washington, de nombreux analystes conviennent avec Clinton que l’élection de Chen pourrait, si les choses sont menées avec doigté, contribuer à relancer les relations entre Pékin et Taipei. Elles ont été jusqu’ici entravées par la méfiance de Pékin envers les intentions de Taïwan et par l’absence d’idées nouvelles du Parti nationaliste, au pouvoir depuis plus de cinquante ans à Taipei. David Shambaugh, sinologue à la Brookings Institution, énumère trois conditions à l’amélioration des relations. Chen doit adhérer sans équivoque au principe «une seule Chine», Pékin doit, par une politique plus libérale, rendre plus séduisante la perspective d’une réunification et les États-Unis doivent «faire preuve de retenue dans leurs ventes d’armes à Taïwan», écrit-il dans le Washington Post.
La victoire électorale du parti pro-indépendantiste à Taïwan soumet à de nouvelles pressions la politique d’équilibre entre Taïwan et la Chine communiste pratiquée par l’administration Clinton. Le président Bill Clinton a déclaré que la victoire de Chen Shui-bian à l’élection présidentielle créait une «nouvelle occasion» de dialogue pacifique entre Taïwan et le continent, ce qui n’a pas empêché des membres du Congrès favorables à Taïwan de le critiquer. Le député républicain Tom Delay a ainsi accusé dimanche Clinton de se montrer trop conciliant avec sa politique d’«engagement constructif» envers Pékin, et il a réclamé un message ferme de mise en garde à Pékin. Il a affirmé que Washington doit défendre Taïwan, en particulier face aux menaces militaires brandies par Pékin pendant la campagne...
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