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Actualités - Chronologie

Le régime chinois contraint à la prudence

Le régime chinois a mis en veilleuse sa rhétorique guerrière après le camouflet qui lui a été infligé par la victoire des indépendantistes à l’élection présidentielle taïwanaise, estiment les experts. Après avoir multiplié ces derniers jours les avertissements aux électeurs taïwanais, Pékin a réagi avec une certaine modération à l’élection de M. Chen, se gardant de fermer la porte du dialogue. La Chine se tient prête à «écouter ce que le nouveau dirigeant de Taïwan dira, observer ce qu’il fera et regarder où il va conduire les relations entre les deux rives du détroit de Taïwan», a indiqué le régime communiste dans une déclaration officielle. «La réaction chinoise est plus positive que ce à quoi l’on pouvait s’attendre», a déclaré le sinologue David Zweig, de l’Université des sciences et technologies de Hong Kong. «Elle suggère que la Chine a adopté une attitude d’attente et d’observation». «Après les avertissements belliqueux des derniers jours, les autorités sont revenues à un discours de bon sens. Elles ont réagi de manière modérée», a estimé un diplomate occidental qui a requis l’anonymat. Les experts soulignent que les menaces à répétition d’intervention militaire à l’encontre de Taïwan ont eu l’effet inverse de celui qu’escomptait Pékin. «Les avertissements se sont révélés inefficaces», a relevé un politologue occidental, qui voit dans le résultat du scrutin «un échec cuisant» pour la stratégie du président chinois Jiang Zemin et du Premier ministre Zhu Rongji, qui avait adressé un discours musclé aux électeurs à trois jours du scrutin. «Certains électeurs de Chen Shui-bian étaient à l’origine des électeurs du Kuomintang (le parti au pouvoir à Taïwan) qui ont changé d’allégeance au dernier moment pour signifier à la Chine qu’ils ne se laisseraient pas impressionner», a estimé M. Zweig. Selon lui, «cela a pu suffire à coûter la victoire à James Soong», le candidat le plus proche des vues de Pékin, qui a fini à moins de trois points du vainqueur. Pékin, qui considère Taïwan comme une province rebelle, a averti qu’il recourrait à la force si l’île proclame son indépendance ou traîne trop à négocier son rattachement à la République populaire, malgré plus d’un demi-siècle de séparation politique. Même si les experts militaires occidentaux affirment n’avoir noté aucune activité particulière de la part des troupes chinoises à proximité du détroit, à long terme, les éléments d’une «confrontation potentielle» sont en place, selon M. Zweig, qui voit mal le nouveau président taïwanais «abandonner la souveraineté» de Taïwan. Pour Pékin «tout dépendra» de Chen Shui-bian, a commenté Guo Zhenyuan, professeur à l’Institut chinois d’études internationales, une émanation du gouvernement chinois. «Nous allons écouter ce qu’il dit, mais surtout voir ce qu’il fait», a-t-il averti. Pour David Zweig, Chen Shui-bian «risque de susciter à nouveau la colère de la Chine», même s’il s’abstient de toute provocation. «Il ne sera sûrement pas assez conciliant pour les forces les plus en faveur de la réunification sur le continent», prévoit le sinologue. Selon lui, Pékin va devoir choisir dans les mois qui viennent entre l’option militaire et «accepter le fait que 39% des Taïwanais aient voté pour le candidat d’un parti favorable à un État indépendant». «Je ne vois aucun terrain d’entente possible entre les deux parties pour engager le dialogue», s’inquiète Joseph Cheng, politologue à l’Université City de Hong Kong.
Le régime chinois a mis en veilleuse sa rhétorique guerrière après le camouflet qui lui a été infligé par la victoire des indépendantistes à l’élection présidentielle taïwanaise, estiment les experts. Après avoir multiplié ces derniers jours les avertissements aux électeurs taïwanais, Pékin a réagi avec une certaine modération à l’élection de M. Chen, se gardant de fermer la porte du dialogue. La Chine se tient prête à «écouter ce que le nouveau dirigeant de Taïwan dira, observer ce qu’il fera et regarder où il va conduire les relations entre les deux rives du détroit de Taïwan», a indiqué le régime communiste dans une déclaration officielle. «La réaction chinoise est plus positive que ce à quoi l’on pouvait s’attendre», a déclaré le sinologue David Zweig, de l’Université des sciences...