Iridium, l’ambitieux système de télécommunications mobiles par satellites, représentant un investissement d’au moins cinq milliards de dollars, a demandé à un juge des faillites à être liquidé faute d’avoir trouvé à temps un repreneur crédible. Iridium a cessé ces opérations vendredi soir à minuit, heure locale, comme anticipé, a-t-on encore précisé de source judiciaire. Quelque 80 investisseurs potentiels avaient exprimé un intérêt dans le groupe, sous la protection de la loi sur les faillites depuis l’été dernier, mais aucun ne répondait aux critères requis, a-t-on expliqué. Pour être pris en considération, un investisseur devait se présenter avec dix millions de dollars au comptant et aucun n’a pu répondre à cette première condition. Iridium a donc demandé au juge son feu vert de commencer à désorbiter ses 66 satellites dès la semaine prochaine, un processus qui prendra deux ans et coûtera 50 millions de dollars. Le groupe a demandé au tribunal de débloquer les fonds nécessaires qui ont été gelés au moment de la mise en règlement judiciaire. Les satellites, qui se situent en orbite basse à des altitudes de 700 à 800 km, seront ainsi réorientés de manière à ce qu’ils retombent dans l’atmosphère où ils se désintégreront. Le groupe, dont l’endettement se monte à quelque quatre milliards de dollars, n’a pas d’autre choix puisque le simple maintien de ce réseau satellitaire coûterait quelque dix millions de dollars mensuellement. Le destin d’Iridium, entré en service commercial en janvier 1999 et qui a requis dix ans pour sa mise en place, a été scellé par la décision le 3 mars de l’homme d’affaires Craig McCaw de renoncer à reprendre le réseau. Ce dernier avait déjà avancé près de 80 millions de dollars par le biais de sa firme d’investissement Eagle River Investments LLC. Motorola, le principal actionnaire d’Iridium avec 18 %, avait donné le coup de grâce vendredi dernier en annonçant aux quelque 3 000 abonnés qu’il cesserait le 17 mars tout financement et service à la clientèle de ce groupe sans nouvel investisseur. L’investisseur japonais Kyocera a annoncé vendredi qu’il se retirait d’Iridium dans lequel il a investi au moins 25 millions de dollars. Le fiasco d’Iridium s’explique selon plusieurs analystes par le développement spectaculaire des réseaux terrestres de téléphonie cellulaire ainsi que par le coût très élevé des équipements et du service. Avec un coût de 3 000 dollars par téléphone et des communications pouvant atteindre sept dollars la minute, Iridium est très vite devenu la risée du secteur des télécommunications. En outre, le fonctionnement des téléphones, très lourds, était très irrégulier, surtout en zone urbaine. Seul le Pentagone paraît apprécier le service d’Iridium, avec 800 utilisateurs, ce système permettant en principe de téléphoner des coins les plus reculés et les moins équipés de la planète en infrastructures téléphoniques. La question qui se pose désormais est celle de savoir si les deux autres réseaux concurrents d’Iridium vont connaître le même sort. ICO Global Communications Ltd, créé en 1994 et qui a également été placé sous la protection de la loi sur les faillites, prévoit sa mise en service commercial au deuxième trimestre 2001 avec douze satellites. Les actionnaires d’ICO comprennent British Telecommunications, Deutsche Telekom, Koningklijke PTT Nederland, OTE (Grèce) et Singapore Telecommunications ainsi qu’Imarsat. Globalstar, le troisième système, qui s’appuie sur une constellation de 48 satellites en orbite basse, a déjà commencé un service commercial partiel sur quatre pays européens dont la France. Ce consortium a été fondé en 1991 à l’initiative des américains Loral et Qualcomm. Il regroupe de très nombreux partenaires, dont Alenia, China Telecom, DACOM, Daimler Chrysler Aerospace et Elsacom Systems Loral.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Iridium, l’ambitieux système de télécommunications mobiles par satellites, représentant un investissement d’au moins cinq milliards de dollars, a demandé à un juge des faillites à être liquidé faute d’avoir trouvé à temps un repreneur crédible. Iridium a cessé ces opérations vendredi soir à minuit, heure locale, comme anticipé, a-t-on encore précisé de source judiciaire. Quelque 80 investisseurs potentiels avaient exprimé un intérêt dans le groupe, sous la protection de la loi sur les faillites depuis l’été dernier, mais aucun ne répondait aux critères requis, a-t-on expliqué. Pour être pris en considération, un investisseur devait se présenter avec dix millions de dollars au comptant et aucun n’a pu répondre à cette première condition. Iridium a donc demandé au juge son feu vert de commencer à...