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Actualités - Chronologie

L'après Clinton-Eltsine incertain

L’élection d’un nouveau président russe, suivie à l’automne de celle du futur hôte de la Maison-Blanche, va clore sur une note d’incertitude une décennie d’après-guerre froide dominée par le couple Boris Eltsine-Bill Clinton. Le président par intérim Vladimir Poutine, quasiment assuré de la victoire le 26 mars, devra attendre novembre pour savoir qui sera son principal interlocuteur étranger, du candidat républicain George W. Bush ou du vice-président démocrate Al Gore. Le futur tandem russo-américain risque toutefois d’être très différent, moins médiatique et probablement moins empreint de complicité. «L’ère Eltsine-Clinton a commencé au début des années 1990, à une époque où il y avait beaucoup d’optimisme concernant la Russie», relève Michael McFaul, spécialiste des questions russes à la Fondation Carnegie de Washington. Aujourd’hui la guerre en Tchétchénie, le passé obscur de M. Poutine comme agent du KGB, les multiples désaccords sur les dossiers du désarmement, de l’élargissement de l’Otan ou du conflit du Kosovo ont brouillé les relations entre les deux pays. «Eltsine et Clinton sont de surcroît de fortes personnalités très charismatiques, et leur relation le reflétait. Cela ne risque pas d’être le cas avec Vladimir Poutine, qui a un style très différent», plus froid et énigmatique que son prédécesseur, estime M. McFaul. Côté américain, la personnalité et l’expérience personnelle des deux présidentiables peut aussi induire des styles très différents. Notoirement peu aguerri en matière internationale, George W. Bush s’est entouré de conseillers partisans de relations plus fermes avec la Russie, quitte à bousculer Moscou sur les questions de défense et de désarmement. «La Russie est une grande puissance qui doit être traitée en tant que telle», avait déclaré M. Bush l’an dernier. Le gouverneur du Texas avait également affirmé que l’aide de Washington à la Russie «ne devait pas être centrée sur une élite corrompue et favorisée». Le démocrate Al Gore a pour sa part noué depuis plusieurs années des relations personnelles avec l’establishment russe. Il codirige notamment une commission américano-russe, établie en 1993 par MM. Clinton et Eltsine, longtemps surnommée «commission mixte Gore-Tchernomyrdine», du nom de l’ancien Premier ministre russe avec lequel il avait des liens étroits. Un proche conseiller diplomatique de M. Gore, Leon Fürth, était d’ailleurs cette semaine à Moscou pour discuter de questions de désarmement avec plusieurs hauts responsables russes. Cet intérêt personnel de M. Gore pour la Russie pourrait toutefois l’embarrasser, ses adversaires républicains lui ayant reproché d’avoir été peu vigilant face aux affaires de blanchiment d’argent russe qui ont éclaboussé le système bancaire américain l’an dernier. Outre le peu d’intérêt traditionnel des électeurs américains pour les affaires internationales, il est peu probable que les candidats fassent des liens avec le futur hôte du Kremlin, maître d’œuvre de la répression en Tchétchénie, un thème fort de campagne. «Compte tenu du passé de M. Poutine et des incertitudes qui pèsent sur sa politique en Russie, George W. Bush comme Al Gore n’ont pas d’intérêt politique à s’identifier étroitement à lui», relève Michael McFaul.
L’élection d’un nouveau président russe, suivie à l’automne de celle du futur hôte de la Maison-Blanche, va clore sur une note d’incertitude une décennie d’après-guerre froide dominée par le couple Boris Eltsine-Bill Clinton. Le président par intérim Vladimir Poutine, quasiment assuré de la victoire le 26 mars, devra attendre novembre pour savoir qui sera son principal interlocuteur étranger, du candidat républicain George W. Bush ou du vice-président démocrate Al Gore. Le futur tandem russo-américain risque toutefois d’être très différent, moins médiatique et probablement moins empreint de complicité. «L’ère Eltsine-Clinton a commencé au début des années 1990, à une époque où il y avait beaucoup d’optimisme concernant la Russie», relève Michael McFaul, spécialiste des questions russes à la...