Écrivains illustres comme Arthur Miller, groupes d’universitaires, membres du Congrès, équipes de base-ball, professionnels de la santé, leaders religieux : jamais autant d’Américains n’ont visité Cuba alors que l’île leur est en principe interdite depuis près de 40 ans. «Pour les seuls mois de novembre et décembre, 20 000 Américains sont venus à Cuba» avec les autorisations nécessaires, a indiqué un responsable de la section des Intérêts américains à La Havane qui tient lieu de représentation en l’absence de relations diplomatiques entre les deux pays. À ces chiffres records, viennent s’ajouter ceux des touristes américains, toujours plus nombreux, qui décident de braver la loi en passant par un troisième pays pour venir voir incognito les plages de la plus grande des Antilles, les charmes de La Havane et les paradoxes du socialisme cubain. Cette affluence – si elle n’est en rien comparable à celle des années 1950 où avions et ferries faisaient la liaison plusieurs fois par jour entre la Floride et Cuba – fait suite aux mesures d’assouplissement dites «de personne à personne» de l’embargo américain en vigueur contre l’île depuis près de 40 ans et renforcé par la loi Helms-Burton de 1996. Annoncées par le président Bill Clinton en janvier 1999 pour «démontrer la compassion des États-Unis pour le peuple cubain et leur intérêt de créer des liens entre les citoyens des deux pays» en dehors du gouvernement, elles encouragent notamment les échanges entre universitaires, sportifs ou scientifiques. Au cours des dernières semaines étaient ainsi présents dans la capitale cubaine quelque 600 étudiants américains venus en voyage d’étude à bord d’un bateau, une équipe de base-ball du Minnesota, une délégation de journalistes américains, l’acteur américain Danny Glover qui veut créer un festival afro-cubano-américain, plusieurs membres du Congrès, d’anciens membres du gouvernement américain, divers groupes religieux, une délégation d’intellectuels comprenant notamment les écrivains Arthur Miller et William Styron et leurs épouses respectives, la photographe Inge Morath et la poétesse Rosa Styron. Les milieux d’affaires et les lobbies agricoles américains qui lorgnent le marché cubain ne sont pas en reste et bénéficient également de plus de facilités pour obtenir la licence spéciale du département du Trésor leur permettant de venir en visite à Cuba. Ainsi a eu lieu fin janvier la première exposition de produits médico-pharmaceutiques américains avec la participation de 97 entreprises dont les géants Procter & Gamble, Siemens Medical ou Pfizer. Toutefois les barrières inhérentes à l’embargo sur Cuba limitent considérablement toute perspective commerciale immédiate. «Cette petite ouverture crée un élan significatif qui fait pression pour que ce gouvernement et le prochain continuent à prendre des mesures pour faire avancer un agenda bilatéral», estime Julia Sweig, spécialiste des affaires cubaines au Council on Foreign Relations, une institution américaine d’études et d’analyse des relations internationales. «Toutefois, prédit-elle à l’AFP, malgré des ouvertures en ce qui concerne les voyages ou l’aide humanitaire, les changements demeureront lents et n’iront pas jusqu’à la levée de l’embargo». De fait, la normalisation des relations entre les deux pays est réclamée régulièrement par des hommes politiques américains de tous bords et une partie de l’opinion publique américaine, particulièrement à la lumière de la récente bataille autour du petit naufragé cubain Elian Gonzalez. Mais un changement de politique envers Cuba ne semble pas à l’ordre du jour : ainsi tous les candidats aux élections présidentielles américaines de novembre 2000 se sont déclarés sans exception favorables à un maintien de l’embargo.
Écrivains illustres comme Arthur Miller, groupes d’universitaires, membres du Congrès, équipes de base-ball, professionnels de la santé, leaders religieux : jamais autant d’Américains n’ont visité Cuba alors que l’île leur est en principe interdite depuis près de 40 ans. «Pour les seuls mois de novembre et décembre, 20 000 Américains sont venus à Cuba» avec les autorisations nécessaires, a indiqué un responsable de la section des Intérêts américains à La Havane qui tient lieu de représentation en l’absence de relations diplomatiques entre les deux pays. À ces chiffres records, viennent s’ajouter ceux des touristes américains, toujours plus nombreux, qui décident de braver la loi en passant par un troisième pays pour venir voir incognito les plages de la plus grande des Antilles, les charmes de La...
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