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Actualités - Chronologie

La voie difficile de la démocratisation

La tentative d’assassinat contre un des proches alliés du président réformiste Mohammed Khatami, dimanche, et l’attaque au mortier commise le lendemain contre un immeuble de Téhéran proche d’un local des gardiens de la Révolution augurent mal d’une démocratisation en douceur de la société iranienne. Saïd Hajarian, membre du conseil municipal de Téhéran et directeur du grand quotidien réformiste Sobh-e Emrouzet, a été grièvement blessé à la tête par une balle tirée à bout portant par des agresseurs qui ont fui sur une moto de grosse cylindrée normalement réservée aux services de sécurité du régime. Le dirigeant réformateur Saïd Hajarian «est dans un coma profond» et «son état est stationnaire», ont déclaré hier ses médecins traitants. «Il souffre également d’une infection pulmonaire», a déclaré aux journalistes le médecin Mohammed-Reza Zafar-Ghandi. M. Zafar-Ghandi a ajouté que cette situation «pourrait durer plusieurs semaines». Selon des sources hospitalières, le cerveau de M. Hajarian a «subi des lésions importantes». Le président du conseil municipal de Téhéran Rahmatollah Khosravi a en outre annoncé que Saïd Hajarian a été «menacé de mort par des inconnus vingt jours avant l’attentat». Cité par l’agence officielle Irna, il a ajouté que «la cassette sur laquelle cette menace de mort est enregistrée a été mise à la disposition du Conseil suprême de sécurité nationale» et espéré que l’enregistrement «fournira des indications sur les auteurs» de l’attentat. Au siège de son journal, on estime qu’il ne fait pas l’ombre d’un doute que Hajarian paie le prix de la défaite des conservateurs du régime au premier tour des législatives, le 18 février, et de la dénonciation de leur implication auparavant dans toute une série d’assassinats d’opposants réformistes et laïques. «D’une seule balle à la tempe, ils entendent ainsi montrer que, quelle que soit la manière dont on vote et quoi qu’on souhaite comme changement, on n’aura pas gain de cause», écrivait hier l’éditorialiste du journal, qui assure que l’on ne tord pas ainsi le bras à la démocratie. «Tirer sur Hajarian, c’est comme tirer sur une montagne. Les montagnes restent toujours fermement campées sur le sol», ajoute-t-il. L’attentat de lundi contre un immeuble du nord de Téhéran a été revendiqué du Golfe par le mouvement d’opposition armé des Moudjahidine du peuple qui disent avoir fait plusieurs blessés parmi les gardiens de la révolution et leurs chefs, auxquels la zone touchée serait réservée. La garnison des gardiens de la révolution visée est chargée de la sécurité dans la capitale, où le mois dernier, des tirs de mortier de même type avaient frappé le complexe du palais présidentiel, faisant un mort et plusieurs blessés. La tentative d’assassinat de Hajarian, imputée a priori par les réformistes aux «théologiens de la violence» qui officient le vendredi dans les mosquées, et l’attaque des Moudjahidine, qui cherchent à renverser le régime islamiste par la force, illustrent les limites de la voie empruntée par les réformistes pour changer le système de l’intérieur, en dépit de la légitimité qu’ils ont tirée des urnes. «Si le gouvernement réformiste de Khatami n’est pas en mesure de protéger les personnalités les plus en vue du mouvement réformateur, comment attendre alors de lui qu’il porte sur ses épaules le poids écrasant du projet réformateur ?», s’interroge d’ailleurs d’éditorialiste réformiste Mashallah Shamsolvaezin dans son journal Asr-e Azadegan.
La tentative d’assassinat contre un des proches alliés du président réformiste Mohammed Khatami, dimanche, et l’attaque au mortier commise le lendemain contre un immeuble de Téhéran proche d’un local des gardiens de la Révolution augurent mal d’une démocratisation en douceur de la société iranienne. Saïd Hajarian, membre du conseil municipal de Téhéran et directeur du grand quotidien réformiste Sobh-e Emrouzet, a été grièvement blessé à la tête par une balle tirée à bout portant par des agresseurs qui ont fui sur une moto de grosse cylindrée normalement réservée aux services de sécurité du régime. Le dirigeant réformateur Saïd Hajarian «est dans un coma profond» et «son état est stationnaire», ont déclaré hier ses médecins traitants. «Il souffre également d’une infection pulmonaire», a...