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Actualités - Chronologie

Formule 1 - GP d'Australie Victoire de Schumacher, doublé de Ferrari

Victoire de Michael Schumacher, doublé de Ferrari, le championnat du monde de Formule 1 a viré au rouge au Grand Prix d’Australie, première épreuve de la saison, dimanche à Melbourne. Michael Schumacher, Rubens Barrichello et la Scuderia, en effet, n’ont pas manqué le premier rendez-vous 2000 contrairement aux rivaux déclarés, McLaren-Mercedes, Mika Hakkinen et David Coulthard. L’équipe anglo-allemande croyait avoir acquis cette fiabilité qui lui avait fait tant défaut l’an dernier. Ferrari, Jean Todt en tête, éprouvait quelques craintes dans ce domaine. La course australienne a rendu son verdict. Les F1-2000 de la Scuderia ont parfaitement tenu la distance. Mercedes a failli. En début de course, les deux pilotes McLaren-Mercedes, Mika Hakkinen devant David Coulthard, avaient pourtant affiché une totale suprématie devant Michael Schumacher, le seul à pouvoir tenir le rythme des Flèches d’Argent. Mais le mal guettait : Coulthard abandonnait le premier au 12e tour et Hakkinen au 19e, victimes de la même panne dont ils avaient déjà été victimes samedi matin aux essais libres. «C’est le même problème, le système pneumatique du moteur, diagnostiquait Norbert Haug, directeur de Mercedes-Motorsport. Nous allons devoir régler ce problème rapidement». Hécatombe Le manque de fiabilité tant redouté allait aussi causer la perte des Jordan-Mugen Honda, Jarno Trulli (échappement cassé, 36e) et Heinz-Harald Frentzen (hydraulique, 40e) renonçant eux-aussi alors que l’Allemand avait occupé le commandement (30e au 35e). L’écurie Jaguar n’était pas mieux lotie. Après que Johnny Herbert eut rapidement été trahi par sa mécanique, Eddie Irvine s’accrochait avec Pedro de la Rosa (Arrows-Supertec) (7e tour). L’hécatombe attendue décimait le peloton. Et paradoxalement, ceux pour qui les craintes étaient les plus grandes allaient tirer leur épingle du jeu, à l’exception de Prost-Peugeot, dont l’honneur était sauvé par Nick Heidfeld avec une neuvième et dernière place à deux tours du vainqueur, après que Jean Alesi se fut retiré (hydraulique, 29e). Ralf Schumacher (Williams-BMW) et Jacques Villeneuve (BAR-Honda) connaissaient ainsi la réussite en terminant derrière les deux Ferrari. Du même coup ils fêtaient, points à l’appui, leurs nouveaux partenariats, Williams avec BMW et BAR avec Honda. L’équipe de Craig Pollock (BAR-Honda) récoltait même le point de la sixième place derrière Giancarlo Fisichella (Benetton), Ricardo Zonta bénéficiant sur tapis vert du déclassement du Finlandais Mika Salo (Sauber) pour aileron avant nonconforme. Schumacher conforté Ces écuries ne pouvaient toutefois pas menacer les monoplaces de la Scuderia, trop performantes, trop impressionnantes. Dimanche, Michael Schumacher et Rubens Barrichello étaient au-dessus du lot, dominateurs, le Brésilien se permettant même de dépasser un moment son glorieux coéquipier (45e). «Sur la fin, je n’avais pas besoin d’attaquer et j’ai laissé passer Rubens car il devait effectuer un second ravitaillement et il se battait pour la deuxième place», expliquait l’Allemand. En dépit de la domination des McLaren dans les premiers tours, Michael Schumacher affichait une grande confiance dimanche soir. «Quand les McLaren étaient devant, j’avais décidé d’assurer et d’attaquer avant le ravitaillement, révélait le vainqueur. J’ai été quelque peu déçu quand elles ont abandonné car j’aurais préféré me battre avec elles jusqu’à la fin pour montrer ce que nous étions capables de faire». Le Grand Prix d’Australie n’a fait que conforter Michael Schumacher, auteur à Melbourne de son 36e succès, dans son ambition de remporter le titre mondial cette année. «Nous avons une voiture qui sera compétitive partout, insistait le pilote allemand. Et nous savons aussi comment la faire évoluer». Prochain rendez-vous du championnat du monde : le GP du Brésil, le 26 mars, sur le circuit d’Interlagos à Sao Paulo. Déclarations l Michael Schumacher (All/Ferrari), vainqueur : «C’était la cinquième fois que l’on essayait de gagner en Australie et d’être compétitif dès le début de la saison. La première fois que je me suis assis dans cette voiture j’ai su qu’elle serait capable de se battre pour le championnat dès le départ. Je n’étais pas déçu samedi. Je pensais que Mika (Hakkinen) pouvait célébrer sa pole et moi la victoire ! Nous allons devoir travailler pour améliorer nos départs mais je pouvais me battre devant, aussi j’ai décidé d’assurer pour attaquer avant le ravitaillement. J’ai été déçu quand les McLaren ont abandonné car j’aurais préféré me battre jusqu’à la fin et montrer ce dont nous étions capables. Vers la fin, je n’avais pas besoin de pousser et j’ai laissé passer Rubens (Barrichello). Il devait faire un second arrêt et se battait pour la deuxième place. J’attends maintenant la suite de la saison. Nous avons une voiture qui sera compétitive partout et nous savons aussi comment la développer». *Rubens Barrichello (Bré/Ferrari), deuxième : «Je n’ai pas réussi un bon départ et bien que la voiture fût bonne j’étais bloqué derrière Frentzen. C’est difficile de dépasser ici. J’ai pourtant essayé mais j’ai décidé d’y renoncer. J’ai appelé l’équipe par radio et nous avons décidé de changer de stratégie, de passer de un à deux arrêts pour me permettre de passer devant. Mon seul problème a été quand je me suis retouvé au point mort en quittant les stands après mon second arrêt. Maintenant, j’attends la prochaine course. Peut-être que l’on pourra changer les places afin que je puisse gagner au Brésil !». l Ralf Schumacher (All/Williams-BMW), troisième : «Je suis bien sûr satisfait de ce résultat, le meilleur que l’on pouvait espérer. Notamment en raison de notre position sur la grille. Je ne m’attendais vraiment pas à un podium pour la première course. L’équipe a fait un super travail dans la préparation de la FW22 et le moteur BMW a fonctionné de la meilleure façon, montrant sa fiabilité et son confort de pilotage. On va célébrer ce grand résultat ensemble avec l’équipe». l Jacques Villeneuve (Can/BAR-Honda), quatrième : «Ce fut une course difficile. En effet, je n’allais pas vite. J’étais même arrêté dans la seconde partie de course après mon ravitaillement. J’ai été ralenti par Frentzen quand il a eu son problème et cela a permis à Ralf Schumacher de me dépasser. Autrement j’ai connu un petit problème d’embrayage mais rien de vraiment sérieux. Sur la fin, Fisichella et Salo étaient plus rapides que moi, on était léger en appui mais rapide en ligne droite ce qui m’a permis de conserver ma 4e place. Je pensais que le moteur BMW de la Williams casserait. C’est effectivement ce qui s’est passé pour Jenson Button. Mais ce n’était pas la bonne voiture. Celle de Ralf Schumacher en effet n’a rien eu. Enfin, c’est une bonne chose de faite. Comme cela, nous ne serons pas derniers du championnat et c’est bien pour le budget de l’équipe». Alain Prost : « Il faut arrêter de rêver » Alain Prost ne se satisfait pas de la neuvième place de Nick Heidfeld au Grand Prix d’Australie de Formule 1 et dimanche soir à Melbourne, le quadruple champion du monde ne pouvait pas cacher sa mauvaise humeur, sa colère. «Je ne suis pas satisfait de grand-chose pour l’instant. Notre retard n’est peut-être pas irrattrapable mais ce sera difficile, très difficile. Il faut arrêter de rêver. On est souvent entouré de rêveurs mais sans être pessimiste, il faut être réaliste et que tout le monde s’y mette», martelait Prost. Tout au long du week-end australien le patron avait affiché la même mine des mauvais jours, passant beaucoup de temps au téléphone ou en compagnie de Bruno Michel, directeur de Supertec. Il se murmurait même dans le paddock de Melbourne que, face à un probable retour de Renault en Formule 1 dans un avenir proche avec Benetton ou Arrows, Prost tentait tout pour essayer de faire pencher la balance dans son camp. À l’issue du Grand Prix d’Australie, le «boss» n’avait en effet guère de motifs d’envisager un avenir radieux. «C’est très important d’avoir fait une séance d’essais grandeur nature, au moins avec une voiture, mais bon ce n’est pas très satisfaisant», déclarait Prost. « Pas satisfait de grand-chose » «C’est vrai, c’est une demi-surprise car on pouvait s’attendre à pas mal de problèmes de fiabilité, reprenait-il. D’autres équipes, beaucoup plus aguerries au niveau des essais d’hiver, ont eu aussi des problèmes. Mais elles sont plus performantes. C’est une spirale, entre guillemets, de la défaite qu’il faut absolument arrêter». Sur la course, «on apprend parce que d’une voiture à l’autre il y avait des stratégies différentes, on a des mesures, des températures. C’est une très grande expérience. Ce que l’on a fait dimanche, ce week-end, est plus important que ce que l’on a fait depuis deux mois. Mais il reste beaucoup de travail et avec un Grand Prix tous les quinze jours, ce n’est pas évident» expliquait-il. Un remède ? «La priorité c’est de tourner, beaucoup, dès mercredi en Angleterre, il faut travailler sur la fiabilité générale, sur l’organisation générale, sur le châssis en terme de performance, répondait le quadruple champion du monde. On attend beaucoup du moteur pour Imola parce que l’on a quand même un gros problème de performance à hauts régimes. Quand on voit ce qu’a fait Jean (Alesi) avec une voiture qui n’était pas la sienne, pas réglée pour lui, je pense qu’il aurait pu réussir quelque chose de très bien. Mais cela ne suffit pas. Il faut aller au bout, que tout soit parfait. C’est loin d’être le cas en ce moment». Ambiance tendue Le discours d’Alain Prost contrastait avec celui de Corrado Provera, le directeur de Peugeot-Sport, traduisant ainsi un peu plus l’ambiance tendue qui règne au sein de l’équipe française. «On a craint le pire. On nous l’avait annoncé depuis longtemps. Le fait que Nick (Heidfeld) ait pu terminer sa course constitue presque une source de satisfaction, de soulagement, disait Provera. Il faut réussir à retrouver un peu de sérénité». «Il faut vraiment que l’on retrouve cette envie de partager la tâche sans aller chercher des responsabilités de part et d’autre. Les responsabilités sont communes, insistait le directeur de Peugeot. Si on pouvait retrouver ce plaisir d’être ensemble pour un objectif commun, je pense que les résultats ne tarderaient pas à venir». Mais cette fameuse sérénité ne paraissait pas habiter Alain Prost à Melbourne. À tel point que des proches de l’ancien champion laissaient entendre qu’ils ne seraient pas étonnés s’il décidait de jeter l’éponge. Et à la question de savoir s’il avait effectivement l’intention de baisser les bras, Alain Prost répondait ainsi par un cinglant : «Le patron dira ce qu’il faudra, quand il le voudra et quand il le faudra».
Victoire de Michael Schumacher, doublé de Ferrari, le championnat du monde de Formule 1 a viré au rouge au Grand Prix d’Australie, première épreuve de la saison, dimanche à Melbourne. Michael Schumacher, Rubens Barrichello et la Scuderia, en effet, n’ont pas manqué le premier rendez-vous 2000 contrairement aux rivaux déclarés, McLaren-Mercedes, Mika Hakkinen et David Coulthard. L’équipe anglo-allemande croyait avoir acquis cette fiabilité qui lui avait fait tant défaut l’an dernier. Ferrari, Jean Todt en tête, éprouvait quelques craintes dans ce domaine. La course australienne a rendu son verdict. Les F1-2000 de la Scuderia ont parfaitement tenu la distance. Mercedes a failli. En début de course, les deux pilotes McLaren-Mercedes, Mika Hakkinen devant David Coulthard, avaient pourtant affiché une totale suprématie...