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Actualités - Chronologie

Les jordaniennes commencent à s'imposer, mais leurs droits restent bafoués

Des Jordaniennes dirigent la radio d’État, la chaîne satellitaire, siègent dans des conseils municipaux, conseillent le roi pour des questions économiques et organisent la circulation dans les rues, mais leurs droits restent bafoués. Pour marquer la journée internationale de la femme, des Jordaniennes ont symboliquement tenu pour un jour les commandes de l’agence officielle Petra, de la télévision d’État, ou rédactrices en chef de journaux, selon ces médias. Mais malgré ces signes encourageants, des Jordaniennes se plaignent que leur société, traditionnellement conservatrice et dominée par les hommes, leur dénie les droits les plus élémentaires. Selon la loi, les Jordaniennes ont besoin de l’accord de leur mari, ou de leur père, pour obtenir un passeport et ne peuvent donner leur nationalité à leurs enfants nés de mariages mixtes, a expliqué l’avocate Asma Khodr. «Il est évident que selon les critères internationaux, nous sommes très en retard dans le domaine des droits de la femme», a ajouté Me Khodr, une activiste des droits de l’homme. Selon elle, ce sont les «traditions», et non l’islam ou la Constitution, à blâmer, car pour beaucoup de Jordaniens l’égalité des sexes est «maléfique». «Nous faisons face régulièrement à des défis de la part de groupes qui luttent férocement contre toute tentative de changer ce statu quo», a-t-elle ajouté. Pour Me Khodr et beaucoup d’autres femmes en Jordanie, cette situation va à l’encontre de la vague de modernisme qui souffle sur la Jordanie depuis dix ans, et qui a permis aux femmes de jouir de certains acquis. Les Jordaniennes ont ainsi exercé leur droit de vote pour la première fois en 1989 lors des premières élections générales en 22 ans sous le règne du défunt roi Hussein. Depuis, des femmes sont devenues ministres ou directrices de départements publics et le pays a connu sa première femme députée qui a siégé au Parlement de 1993 à 1997. Aujourd’hui, trois Jordaniennes siègent au Sénat (40 membres), sept sont juges sur les 400 que compte le pays et huit ont été élues en 1999 dans les conseils municipaux qui comptent 2 226 sièges. Un bon nombre d’entre elles occupent en outre d’importants postes dans différents ministères, sont chefs d’entreprise, sans compter les femmes médecins, avocats ou ingénieurs. Jusqu’en février, une femme, Rima Khalaf, était vice-Premier ministre, pour la première fois en Jordanie et dans le monde arabe. Elle dirigeait également le ministère du Plan. Bien qu’elle ait démissionné du gouvernement, Mme Khalaf, ainsi qu’une femme banquier, sont parmi les 20 membres d’un conseil consultatif désigné par le roi Abdallah II pour se pencher sur les réformes économiques et sociales. En février, des femmes policières sont apparues pour la première fois dans les rues, organisant la circulation dans une des artères les plus congestionnées de la capitale. «Ce n’est pas assez», estime Rana Husseini, une journaliste qui participe activement à la campagne contre un article du code pénal qui permet aux auteurs de «crimes d’honneur» de s’en sortir avec des peines légères. «Nous sommes mal payées et nous souffrons d’une discrimination dans le travail», a-t-elle ajouté.
Des Jordaniennes dirigent la radio d’État, la chaîne satellitaire, siègent dans des conseils municipaux, conseillent le roi pour des questions économiques et organisent la circulation dans les rues, mais leurs droits restent bafoués. Pour marquer la journée internationale de la femme, des Jordaniennes ont symboliquement tenu pour un jour les commandes de l’agence officielle Petra, de la télévision d’État, ou rédactrices en chef de journaux, selon ces médias. Mais malgré ces signes encourageants, des Jordaniennes se plaignent que leur société, traditionnellement conservatrice et dominée par les hommes, leur dénie les droits les plus élémentaires. Selon la loi, les Jordaniennes ont besoin de l’accord de leur mari, ou de leur père, pour obtenir un passeport et ne peuvent donner leur nationalité à leurs enfants...