La demande du dollar, qui tendait à se développer depuis le début de la semaine, s’est relâchée hier, cédant la place à un certain surcroît de l’offre par moments, le faisant négocier, contrairement aux jours précédents, tout près du bas de la fourchette d’intervention de la Banque du Liban (BDL). Celle-ci, en maintenant ses deux taux d’intervention en l’état entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, est parvenue donc à le faire clôturer en moyenne à 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Mais, après que l’offre l’eut emporté sur la demande, les établissements de crédit ont été amenés à le négocier toute la journée entre 1 502,50 et 1 503,50 LL contre 1 503,50 et 1 504,50 LL la veille. Toutefois, ce mouvement ne s’est guère accompagné d’activité avec au total un volume d’affaires ne dépassant pas quelque sept millions de dollars, entièrement échangés à l’achat et à la vente par les banques de la place, dans un marché équilibré de lui-même sans aucune intervention de la BDL. L’euro toujours boudé par les marchés À l’étranger, la monnaie unique européenne était encore une fois boudée hier par les investisseurs sur les marchés des changes internationaux, alors que les opérateurs ne prenaient guère au sérieux l’intervention de la Banque du Japon dans la matinée à Tokyo, censée calmée les ardeurs du yen. Selon les analystes, l’intervention de la Banque du Japon n’a pas été très importante pour convaincre le marché, ce qui a laissé penser qu’il s’agissait d’une action temporaire pour calmer la volatilité de la devise nippone plutôt que d’une réelle volonté d’affaiblir le yen à long terme. «Il s’agissait seulement d’une action pour stopper la volatilité des prix», indique-t-on dans ces mêmes milieux en ajoutant que «si elle avait voulu un yen plus faible, elle serait intervenue lorsque le dollar était à la hausse face au yen et non lorsqu’il était à la baisse». De l’avis unanime des cambistes, la volatilité actuelle du yen s’explique en partie par des fluctuations techniques dues aux rapatriements des avoirs japonais avant la fin de l’année fiscale qui ont lieu chaque année à la même époque, estimant que le marché ne devrait y voir plus clair qu’après le 31 mars. Du coup, il était difficile pour l’euro de conserver son avantage sur le yen gagné un peu plus tôt dans la journée. La monnaie unique devait donc repartir à la baisse proche du seuil des 102 yens brisé la veille pour la première fois depuis son lancement en janvier 1999. Face au billet vert, l’euro restait pratiquement faible proche du seuil psychologique de 0,96 dollar. «Le marché est toujours baissier sur l’euro», ont noté les cambistes, soulignant que l’euro n’avait même pas réussi la veille à tirer parti de la baisse du dollar après le coup de froid du Dow Jones aux États-Unis. La monnaie européenne n’a même pas profité de la baisse du chômage en Allemagne à 10,90 % le mois dernier contre 11,00 % en janvier, elle a au contraire continué de réagir négativement aux chiffres sur la production manufacturière en Allemagne, publiés la veille, beaucoup plus faibles que prévus. Quant à la livre sterling elle s’est montrée légèrement mieux après avoir souffert dans la matinée de la baisse de la production industrielle britannique en janvier à la veille de la réunion aujourd’hui du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre qui doit décider de l’orientation des taux d’intérêt au Royaume-Uni. C’est dans ce contexte empreint de contrastes et d’attentisme que le dollar s’est négocié sur un ton mitigé, à New York, comme suit : – 0,9615 pour un euro contre 0,9583, la veille – 1,5810 pour un sterling contre 1,5800 – 2,0345 DM contre 2,0410 – 6,8225 FF contre 6,8450 – 1,6710 FS contre 1,6765 – 2 013,80 lires contre 2 020,55 – 107,05 yens contre 106,25. Bourse de Beyrouth : sous le signe de Solidere À la Bourse de Beyrouth, la tendance est restée partagée hier avec d’un côté la baisse des actions A de Solidere de 7 3/8 à 7 1/8 dollars et de l’autre la hausse des actions B de la même société de 7 3/8 à 7 5/8 dollars, dans un marché autrement stationnaire sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a diminué de 0,31 % à 71,00 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu à 161,59 points. Ce mouvement s’est produit comme à l’accoutumée dans des volumes très faibles, ne dépassant pas au total 17 155 actions d’une valeur globale de 123 313 dollars. Wall Street : marché toujours volatil Sur les places boursières internationales, des contrastes ont marqué hier l’évolution de Wall Street au lendemain de sa brusque et sévère chute de la veille. Ainsi, au lieu que les brusques baisses soient suivies le lendemain d’une récupération à la hausse comme à l’accoutumée, l’indice composite de la Bourse électronique Nasdaq est reparti à la baisse après un bon départ hier, contrairement au Dow Jones des vedettes industrielles (DJIA) qui s’est installé dans le vert après des fluctuations dans les deux sens. À cela auraient contribué d’un côté les mises en garde lancées hier par le président de la Réserve fédérale (Fed), Alan Greenspan, contre un excès d’optimisme suscité par la forte expansion de la «nouvelle économie», faisant remarquer que «des institutions bancaires accordent des crédits sans vraiment penser comment leurs emprunteurs pourraient faire face aux remboursements si les conditions économiques étaient moins favorables». Et d’ajouter que «les banquiers savent bien d’expérience que les prêts les plus risqués sont accordés quand l’économie va bien». Mais d’un autre côté, le livre beige de la Fed publié hier est venu plutôt rassurer les opérateurs sur les valeurs de la veille économie illustrées par le Dow Jones en faisant état que l’économie américaine a connu une expansion appréciable fin janvier/début février et que la hausse des prix a été limitée malgré la hausse des salaires, excluant par cela un nouveau resserrement monétaire lors de la réunion du comité de l’open market de la Fed le 21 mars. Cela étant, le DJIA est parvenu à recouvrer une bonne partie du terrain qu’il avait perdu la veille, contrairement au Nasdaq qui est resté dans le rouge. Il a ainsi progressé d’un plus bas à 9 731,81 points à un plus haut à 9 918,74 points avant d’afficher en préclôture 9 867,25 points, en hausse de 71,22 points sur la veille. Poursuite de la baisse des Bourses européennes Les Bourses européennes ont sensiblement régressé mercredi, tirées à la baisse par les technologiques, les médias et les valeurs des télécommunications malgré une reprise des pétrolières. La tendance a été accentuée par la volatilité de Wall Street, où le climat restait incertain à l’heure de clôture en Europe après le lourd recul subi mardi. L’indice Eurotop 300 perdait 0,88 % et l’Euro Stoxx 50 des valeurs vedettes de la zone euro, 1,14 %. La Bourse de Paris cédait 1,5 %, celles de Londres 0,86 %, de Francfort 0,97 %, d’Amsterdam 0,36 %, de Zurich 1,6 %, de Bruxelles 0,32 % et de Milan 0,16 %. Seule Madrid restait pratiquement inchangée avec un gain de 0,01 %. Étant donné les niveaux de valorisation atteints dans les technologiques et les télécommunications, une correction dans ce domaine ne serait pas étonnante, estimait Dirk Ley (West LB Panmure, Düsseldorf). «Il y a un énorme afflux d’argent et l’Europe reste en vogue. Nous pouvons toujours surperformer les États-Unis actuellement car nous avons des restructurations et des consolidations», ajoutait-il toutefois. Les compartiments des technologiques, des médias et des télécommunications ont tiré jusqu’à lundi les Bourses européennes à des niveaux records, alors que pratiquement tous les autres secteurs sont en baisse depuis le début de l’année. Les replis ont toutefois été atténués par la reprise des pétrolières, le cours du brut demeurant proche de ses plus hauts en neuf ans. Mais les analystes voyaient aussi d’autres raisons à leurs gains. «À mon avis, le secteur est maintenant surtout recherché pour ses qualités défensives», estimait James Cartwright, analyste des compagnies pétrolières européennes chez Merril Lynch. «Nous avons assisté récemment à de solides bénéfices et aussi à une vigoureuse tendance haussière dans les perspectives de bénéfices». Tokyo : prises de bénéfices La Bourse de Tokyo a terminé en baisse de 0,9 % mercredi, à la suite de prises de bénéfices surtout parmi les valeurs technologiques et les titres vedettes, dans le sillage du recul de Wall Street la veille. L’indice Nikkei a chuté de 177,44 points à 19 766,80. L’indice élargi Topix a cédé 4,39 points, à 1 661,14. Le volume des échanges s’est élevé à quelque 632 millions d’actions, contre 697 millions la veille. 827 titres étaient en baisse, 431 en hausse et 135 échangés. «Les leaders du marché ont pesé lourd, en l’absence d’orientation du marché, et ils ont été assujettis à des prises de bénéfices dans la perspective de la fin de l’année comptable, le 31 mars prochain», a commenté Yukio Takahashi, de chez Wako Securities. «Les appréhensions concernant la Bourse de New York demeurent dans l’esprit des investisseurs», a ajouté Muneyuki Ichihara, de chez Nomura Securities. Toutefois, selon les courtiers, la baisse de la Bourse a été enrayée par une chasse aux bonnes affaires visant les valeurs basses et moyennes. L’intervention des autorités monétaires japonaises, qui ont vendu du yen, a aussi contribué à doper le marché, en particulier les titres automobiles liés à l’exportation et certains titres du secteur électronique, qui ont tout à gagner d’un yen plus faible. Sony a perdu 180 yens (-0,6 %), à 28 860 yens. Parmi les valeurs de haute technologie, Nikon a perdu 170 yens (-4,2 %), à 3 930 yens. Kyocera a gagné 120 yens (+0,7 %), à 18 300 yens. Softbank a perdu 5 000 yens (-3,7 %), à 130 000 yens, après que Goldman Sachs eut revu à la baisse, à 185 000 yens au lieu de 240 000 yens, son prix d’achat de l’action Softbank. Toyota Motor a gagné 30 yens (+3,7 %), à 4 550 yens. Victor Co. of Japan (JVC) a gagné 68 yens (+10,4 %°, à 725 yens. La chaîne de supermarchés Ito-Yokado a attiré les investisseurs en raison d’une information selon laquelle les autorités financières approuveront sa décision de se lancer dans le secteur bancaire, selon les courtiers. Le titre a gagné 180 yens (+2,6 %), à 7 020 yens.
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