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Actualités - Chronologie

Découverte Les atours de Lucie

On a tort de croire que la femme de la Préhistoire était enveloppée dans des pelages mal tannés. Cette conception de l’Ève primitive est erronée. Les nouvelles notions archéologiques nous informent que Lucie, notre aïeule, avait droit à une garde-robe qui n’a rien à envier à celle des élégantes dames d’aujourd’hui... L’anthropologue Olga Soffer et ses collègues James Adovasio et David Hyland, de l’Université de l’Illinois, dans un article publié dans le très sérieux mensuel Current Anthropology, informent que l’ère glaciaire était, d’après des découvertes récentes, celle d’un très grand raffinement. Cette affirmation est basée sur leurs découvertes durant des fouilles entreprises en République tchèque. Des fragments d’argile du paléolithique supérieur (datés d’environ 25000 ans) portent les empreintes de 80 motifs de textiles différents. Ils constituent les preuves les plus anciennes d’une production de textile et de cordage existant dans le monde jusqu’à présent. D’après Olga Soffer, ils reflètent une maîtrise de technologie associée jusqu’à présent à des périodes sensiblement plus récentes. Dans la garde-robe des élégantes de l’ère glaciaire, on dénombre des ceintures, des jupes, des bandeaux enroulés autour des seins. En guise de parures: des bracelets et des colliers, mais aussi des résilles pour les cheveux et des coiffes réalisées à partir de fibres végétales entrelacées ou tissées très délicatement. L’archéologue américaine a rapproché ces fragments d’argile aux statuettes appelées «Vénus gravettiennes», découvertes en Dordogne mais présentes également en Moldavie, remontant à l’ère paléolithique. Ces Vénus préhistoriques représentent des femmes aux formes alourdies, portant des coiffes, drapées dans de délicats pagnes tissés. Selon un éminent paléonthologue, Denis Vialon, spécialiste dans l’étude de ses Vénus, le vêtement sous la forme que nous connaissons existe depuis au moins 40000 ans. Mais les représentations humaines parvenues jusqu’à nous sont nues. Olga Soffer, en rapprochant ses fragments d’argile aux figurines gravettiennes, explore un domaine quasi vierge qui permettra assurément de très intéressantes découvertes. Selon elle, les femmes de cette époque se paraient de bijoux et s’habillaient avec recherche, du moins durant les mois chauds. Elles devaient, par ailleurs, jouir d’un statut important dans le groupe. «Nous avons encore une vision très réduite de la vie préhistorique» commente-t-elle. «Où étaient les femmes, les enfants, les personnes âgées pendant que les hommes chassaient les mammouths? Que faisaient-ils? Comment vivaient-ils?». L’anthropologue américaine ouvre ainsi un chapitre neuf dans l’histoire du vêtement. Espérons toutefois que sa découverte ne donne pas des idées aux stylistes. Une vogue «ère glaciaire» pourrait si vite arriver...
On a tort de croire que la femme de la Préhistoire était enveloppée dans des pelages mal tannés. Cette conception de l’Ève primitive est erronée. Les nouvelles notions archéologiques nous informent que Lucie, notre aïeule, avait droit à une garde-robe qui n’a rien à envier à celle des élégantes dames d’aujourd’hui... L’anthropologue Olga Soffer et ses collègues James Adovasio et David Hyland, de l’Université de l’Illinois, dans un article publié dans le très sérieux mensuel Current Anthropology, informent que l’ère glaciaire était, d’après des découvertes récentes, celle d’un très grand raffinement. Cette affirmation est basée sur leurs découvertes durant des fouilles entreprises en République tchèque. Des fragments d’argile du paléolithique supérieur (datés d’environ 25000 ans)...