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Actualités - Chronologie

Formule 1 - Prost-Peugeot Tâche difficile mais pas impossible

Alain Prost n’a plus le droit à l’échec. Après deux années chaotiques, l’écurie française Prost-Peugeot se doit d’obtenir enfin des résultats, se hisser à un rang plus en rapport avec les moyens mis en œuvre. Une tâche difficile mais pas impossible. Au lendemain d’une présentation de l’AP03 chargée de promesses, une douche froide s’est abattue sur Prost et son équipe. De multiples problèmes se sont en effet succédé, compromettant sérieusement la saison des «bleus». À tel point que le quadruple champion du monde s’était un moment laissé aller au découragement, déclarant à Barcelone lors d’essais privés que ce retard ne serait pas rattrapable. «Je pense qu’il est rattrapable», rectifie Prost. «À condition que la fiabilité soit rapidement là, auquel cas nous pourrons travailler sur le développement du châssis, et Peugeot, sur celui du moteur, ajoute-t-il. D’ores et déjà nous avons planifié deux jours d’essais à Silverstone entre l’Australie et le Brésil. Malgré le manque de kilomètres, nous sommes convaincus que la voiture est bien née. Sur quatre circuits différents, nous avons au moins pu constater qu’elle réagit très bien aux modifications de réglages». Objectifs retardés Hier ambitieux, Alain Prost ne veut pas revenir en arrière. Même si l’avenir se présente un peu moins bien que prévu. «Nos objectifs, qui sont proportionnels à nos moyens, sont un peu retardés, dit l’ancien champion. Mais avec beaucoup de travail, nous devrions y arriver. Ce sera difficile mais pas impossible». Depuis le lancement de l’AP03 en effet, les coups durs se sont succédé. «Des défauts de jeunesse courants sur une monoplace fondamentalement nouvelle, note Prost. Ce qui est regrettable, c’est que nous avons en plus payé au prix fort le retard pris pendant l’hiver, principalement sur le moteur. Nous avons été d’autant plus pénalisés que c’est l’électronique qui a été essentiellement affectée». Ainsi l’équipe a tout de suite perçu qu’il y avait un problème au niveau du train arrière. «Faute de relevés télémétriques, nous avons perdu du temps avant de le cerner, explique Alain Prost. Ensuite l’équipe a réagi avec une remarquable rapidité pour modifier les pièces concernées à partir de mesures effectuées au banc. Dès mardi à Silverstone, Nick Heidfeld s’est retrouvé au volant d’une voiture transfigurée». Inquiet Nouveautés mécaniques et aérodynamiques encore jamais testées pour Melbourne, le premier rendez-vous dimanche prochain en Australie, Alain Prost veut néanmoins croire à une bonne surprise. «À défaut de performance pure, si la fiabilité est au rendez-vous, ce serait déjà très bien. D’autant que je ne serai pas étonné que bon nombre d’autres équipes connaissent des difficultés dans ce domaine», dit-il. Alain Prost peut aussi s’appuyer sur une équipe de pilotes complémentaires avec Jean Alesi et son expérience, Nick Heidfeld sa clairvoyance et sa jeunesse. «Ils savent que la course automobile comporte son lot d’aléas imprévisibles. Surtout quand on pose une nouvelle voiture sur la piste, déclare le patron. Par exemple, ils ont joué sans la moindre tricherie le jeu que nous leur avons demandé, celui de la fiabilité, alignant les tours plutôt que de rechercher la performance». Le quadruple champion sait cependant que les premières courses de la saison seront d’une importance capitale. Notamment dans l’optique du partenariat avec Peugeot dont la décision de poursuivre ou non l’aventure en F1 doit intervenir dans les mois à venir, le contrat qui lie le motoriste à Prost se terminant à la fin de la saison. À l’aube de Melbourne, le quadruple champion du monde doit donc faire face à un avenir incertain. S’il ne veut pas céder au pessimisme, Prost n’en est pas moins inquiet... Jean-Pierre Boudy (Prost-Peugeot) : « Objectif fiabilité » Jean-Pierre Boudy, ingénieur en chef moteur de Peugeot F1, estime que l’objectif sera la fiabilité au Grand Prix d’Australie, première épreuve du championnat du monde de Formule 1, le 12 mars à Melbourne. Après les problèmes rencontrés par l’équipe Prost-Peugeot lors des essais privés ces dernières semaines, et avant l’ouverture de la saison, le technicien de Peugeot fait le point : Q : Vous annoncez votre moteur à 109 kg et une puissance de 780 chevaux. D’autres motoristes parlent de poids inférieurs à 100 kg et d’une puissance supérieure à 800 CV. Les mesures sont-elles effectuées par tous de la même manière ? R : «J’en doute parfois. Notre moteur n’est certainement pas le meilleur car Ferrari et Mercedes doivent être devant en puissance pure. Mais nous allons nous battre pour les rejoindre. En ce qui nous concerne, nous pesons nos moteurs en état de livraison, sans eau, sans huile, sans échappements mais avec les faisceaux. Pour ce qui est de la puissance, nous la mesurons toujours brute dans des conditions atmosphériques données, si bien qu’il nous faut la corriger. Température, pression et hygrométrie de l’air ont en effet une influence importante sur la puissance d’un moteur. Si nous mesurions la puissance du Peugeot A20 à O et 780 mm de mercure, il développerait ainsi 40 chevaux de plus !» Q : Vous déplorez un certain retard en termes de développement et de fiabilité. Quelles en sont les raisons ? R : «Nous avons été confrontés à deux problèmes majeurs. Des soucis de – blow by – tout d’abord, à savoir un problème d’étanchéité provoquant une fuite de gaz entre la chambre de combustion et le carter inférieur. Nous avons dû modifier la fonderie du bloc. Puis nous avons eu des problèmes liés à la qualité de fabrication du bloc en question, dont la fragilité nous a retardés en termes de mise au point et de fiabilisation. Ce problème de qualité de carter-cylindres est résolu depuis une vingtaine de jours puisque nous disposons désormais de blocs irréprochables. D’autres problèmes ont également perturbé la préparation de Prost-Peugeot, suspensions, coque, boîte de vitesses, hydraulique et électronique. Jean Alesi et Nick Heidfeld ont enfin pu aligner des km lors des deux dernières séances d’essais privés. Je suis plutôt confiant au niveau fiabilité de notre moteur, mais pas autant que si nous avions pu aligner 5 000 km sur la piste». Q : Qu’attendez-vous du premier Grand Prix en Australie et quelles sont les évolutions à venir sur le Peugeot A20 ? R : «Du fait du retard pris par notre programme, le A20 dont notre voiture, l’AP03, disposera à Melbourne ne sera pas conforme à nos prévisions. Il ne recevra donc pas les trompettes variables qui permettent d’élargir sa plage d’utilisation à haut régime. C’est toutefois prévu pour Imola (9 avril). Pour la mi-saison, nous mettrons en service en qualification puis en course une Évolution 4 basée sur la recherche de puissance, aux alentours de 800 chevaux. Nous commençons à peine le travail de développement de ce A20, et il y a d’ailleurs quelques axes de recherche dont je préfère ne pas parler pour le moment. Quant à ce début de saison, nous visons avant tout la fiabilité, un objectif partagé par Prost Grand Prix côté châssis».
Alain Prost n’a plus le droit à l’échec. Après deux années chaotiques, l’écurie française Prost-Peugeot se doit d’obtenir enfin des résultats, se hisser à un rang plus en rapport avec les moyens mis en œuvre. Une tâche difficile mais pas impossible. Au lendemain d’une présentation de l’AP03 chargée de promesses, une douche froide s’est abattue sur Prost et son équipe. De multiples problèmes se sont en effet succédé, compromettant sérieusement la saison des «bleus». À tel point que le quadruple champion du monde s’était un moment laissé aller au découragement, déclarant à Barcelone lors d’essais privés que ce retard ne serait pas rattrapable. «Je pense qu’il est rattrapable», rectifie Prost. «À condition que la fiabilité soit rapidement là, auquel cas nous pourrons travailler sur le...