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Actualités - Chronologie

L'avenir incertain du général Pinochet dans son pays natal

À son retour au Chili, le général Augusto Pinochet va se trouver confronté à deux éventualités inimaginables avant son arrestation à Londres : son procès devant les tribunaux et son retrait de la vie politique d’un pays qu’il a gouverné d’une main de fer pendant 17 ans. Libéré jeudi par les autorités britanniques, Augusto Pinochet devra comparaître à Santiago devant le juge Juan Guzman Tapia, chargé d’instruire les 58 plaintes déposées au Chili contre l’ancien dictateur. Ces plaintes, accumulées depuis janvier 1998, ont été regroupées en un seul dossier par le juge Guzman Tapia qui veut interroger le général Pinochet, accusé par les plaignants d’être le principal responsable de l’exécution sommaire, l’assassinat, la torture et la disparition de 1 198 opposants à son régime (1973-1990). Dans le cadre de cette affaire, le magistrat de Santiago a ordonné en juin dernier l’arrestation du général en retraite Sergio Arellano et d’autres anciens cadres de l’armée à la tête de la «Caravane de la mort», qui a sillonné le Chili et ordonné l’exécution de dizaines de prisonniers politiques en octobre 1973, à la suite du coup d’État du 11 septembre. Quand le juge espagnol Baltasar Garzon a demandé l’extradition de Pinochet et obtenu son arrestation le 16 octobre 1998 à Londres, le président Eduardo Frei avait rejeté toute «extraterritorialité» de la justice et invoqué la souveraineté du Chili afin que l’ancien dictateur soit jugé dans son pays. Il s’était fait du même coup l’écho de la hiérarchie militaire et de la droite qui réclamaient le retour du général. Le leader socialiste Ricardo Lagos, qui succèdera à M. Frei le 11 mars, s’est également déclaré en faveur de la libération de Pinochet par Londres, bien que lui-même ait été emprisonné pendant trois semaines en septembre 1987. MM. Frei comme Lagos ont estimé que les tribunaux chiliens étaient aptes à juger Pinochet, alors que cela n’avait jamais été mentionné de façon si claire avant son arrestation. Après sa libération jeudi, les proches des prisonniers disparus pendant la dictature et le Parti communiste ont rappelé cet engagement du gouvernement, exigeant que le procès ait effectivement lieu. «Je demande aux gouvernements européens, envers lesquels le gouvernement chilien s’est engagé à ce que vérité et justice soient faites, d’exiger que ce gouvernement respecte ce qu’il a promis», a déclaré la secrétaire générale du Parti communiste chilien, Gladys Marin. Le juge Guzman Tapia reprendra lundi l’examen des plaintes et d’une requête des proches de disparus pour la levée de l’immunité parlementaire dont bénéficie Augusto Pinochet, devenu sénateur à vie en mars 1998. «Il peut être déchu de son immunité et jugé comme n’importe quel Chilien», a estimé le président du Sénat, Andres Zaldivar, leader des démocrates chrétiens exilé en Espagne pendant la dictature. Si la Cour d’appel et la Cour suprême ratifient la levée de l’immunité parlementaire de Pinochet, le juge Guzman Tapia pourra ordonner son arrestation ou au contraire le laisser libre si de nouveaux examens médicaux démontrent que le général, âgé de 84 ans, souffre de «démence sénile» comme l’ont dit les médecins britanniques. Son seul état de mauvaise santé physique ne peut en effet lui éviter un procès au Chili. L’ancien dictateur «devra faire face aux dispositions prévues par la loi chilienne», a précisé le sénateur et ancien ministre des Affaires étrangères, Gabriel Valdes. En marge de l’aspect judiciaire, M. Valdes a estimé que Pinochet «devait se cloîtrer chez lui» et ne plus siéger au Parlement, devant lequel Ricardo Lagos doit prêter serment la semaine prochaine. La plus jeune fille de l’ancien dictateur, Jacqueline Pinochet, a estimé que son père pourrait accepter de se retirer. «J’ai l’impression qu’il ne veut pas continuer» dans la voie politique, a-t-elle ajouté. Cette impression est partagée par la députée d’opposition Maria Angelica Cristi, du Parti de rénovation nationale (droite) qui soutient Pinochet. «Je crois qu’à ce moment de la vie, il doit vouloir tranquillité, paix et affection», a-t-elle déclaré.
À son retour au Chili, le général Augusto Pinochet va se trouver confronté à deux éventualités inimaginables avant son arrestation à Londres : son procès devant les tribunaux et son retrait de la vie politique d’un pays qu’il a gouverné d’une main de fer pendant 17 ans. Libéré jeudi par les autorités britanniques, Augusto Pinochet devra comparaître à Santiago devant le juge Juan Guzman Tapia, chargé d’instruire les 58 plaintes déposées au Chili contre l’ancien dictateur. Ces plaintes, accumulées depuis janvier 1998, ont été regroupées en un seul dossier par le juge Guzman Tapia qui veut interroger le général Pinochet, accusé par les plaignants d’être le principal responsable de l’exécution sommaire, l’assassinat, la torture et la disparition de 1 198 opposants à son régime (1973-1990). Dans le...