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Actualités - Chronologie

Jack Straw ou comment se sortir du guêpier(photo)

Le ministre britannique de l’Intérieur Jack Straw a dû affronter les critiques de tous bords tout au long de sa gestion d’un dossier politiquement explosif. Au fil des seize mois de procédure judiciaire, il a tenté de parer les reproches de partialité en affichant la plus grande rigueur juridique. Les partisans d’Augusto Pinochet ont d’abord accusé pendant des mois ce ministre au passé gauchiste d’avoir cédé à ses vieilles lunes en laissant la procédure d’extradition de l’ancien dictateur chilien vers l’Espagne suivre son cours. Les conservateurs britanniques, emmenés par Margaret Thatcher, estiment que Jack Straw aurait dû renvoyer immédiatement Augusto Pinochet dans son pays, ne serait-ce qu’en raison du soutien manifesté par l’ancien homme fort chilien envers Londres pendant la guerre des Malouines contre l’Argentine, en 1982. Les critiques du ministre de l’Intérieur avaient alors eu beau jeu de mettre en doute son impartialité, en invoquant son passé de leader étudiant très marqué à gauche et une visite faite au Chili durant la présidence de Salvador Allende, qu’Augusto Pinochet devait renverser lors du putsch de 1973. Mais le procès fait à M. Straw s’est inversé le 11 janvier, date à laquelle le ministre aux fines lunettes cerclées de métal a annoncé son intention de libérer le sénateur chilien de 84 ans pour raisons de santé. Ce sont alors les organisations de défense des droits de l’homme et de familles des disparus au Chili qui ont tonné contre un ministre accusé de chercher une échappatoire médicale pour boucler un dossier se transformant de plus en plus en guêpier diplomatique. Jack Straw a pourtant tenté de parer ces critiques en revendiquant, tout au long de la procédure, la plus grande rigueur juridique. Cet avocat de 53 ans a veillé à toujours laisser à chaque partie la latitude et le temps d’activer les possibilités de recours, d’apparence infinies, offertes par la procédure judiciaire britannique. Mercredi encore, Jack Straw a pris le soin de prévenir les parties intéressées de l’annonce imminente de sa décision finale. Méticuleux, M. Straw a accumulé les dossiers très délicats ces derniers mois. Outre l’affaire Pinochet, il a mécontenté les organisations féministes en laissant entrer en Grande-Bretagne le boxeur américain Michael Tyson en dépit d’une condamnation pour viol. Il a ensuite provoqué le mois dernier l’indignation des défenseurs du droit d’asile en clamant son intention de renvoyer sans ménagement en Afghanistan les passagers d’un avion de ligne intérieure afghane détourné à Londres. Même s’il a finalement accordé le droit d’asile à un couple et ses cinq enfants. Autant d’épreuves qui n’ont pas entamé, au moins en apparence, le flegme de Jack Straw. Sa gestion plutôt adroite des dossiers délicats depuis son arrivée au ministère de l’Intérieur en mai 1997, dans la foulée des élections, a été jusque-là régulièrement saluée. «Dur avec le crime, dur avec les causes du crime» est son refrain préféré, qui vise à labourer les traditionnelles terres conservatrices au risque d’être régulièrement décrié par l’aile gauche de son parti travailliste, qu’il a rejoint à l’âge de 15 ans. Auto-investi d’une mission de «père la rigueur», M. Straw n’avait pas hésité à emmener lui-même au commissariat son fils de 17 ans, piégé par une journaliste de la presse à scandales dans une affaire de vente d’une infime quantité de cannabis. «Quand un enfant sort du droit chemin, je crois qu’il est du devoir des parents d’agir promptement», avait-il expliqué, s’attirant immédiatement un indice record de satisfaction dans les sondages.
Le ministre britannique de l’Intérieur Jack Straw a dû affronter les critiques de tous bords tout au long de sa gestion d’un dossier politiquement explosif. Au fil des seize mois de procédure judiciaire, il a tenté de parer les reproches de partialité en affichant la plus grande rigueur juridique. Les partisans d’Augusto Pinochet ont d’abord accusé pendant des mois ce ministre au passé gauchiste d’avoir cédé à ses vieilles lunes en laissant la procédure d’extradition de l’ancien dictateur chilien vers l’Espagne suivre son cours. Les conservateurs britanniques, emmenés par Margaret Thatcher, estiment que Jack Straw aurait dû renvoyer immédiatement Augusto Pinochet dans son pays, ne serait-ce qu’en raison du soutien manifesté par l’ancien homme fort chilien envers Londres pendant la guerre des Malouines...