Le dollar n’a presque pas bougé encore hier, à Beyrouth, dans un marché toujours très calme sur lequel les offres l’ont emporté sur la demande. Mais après que la Banque du Liban (BDL) se fut déclarée prête à l’acheter à 1 501,00 LL et à le vendre à 1 514,00 LL simultanément, le billet vert a dû en effet clôturer la journée au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Pourtant, les établissements de crédit ont continué de le négocier pratiquement au bas de cette fourchette tantôt entre 1 501,50 et 1 502,00 LL et tantôt entre 1 501,00 et 1 502,00 LL, dans des transactions peu étoffées ne dépassant pas au total quelque six millions de dollars entièrement échangés à l’achat et à la vente par les banques de la place. Accès de faiblesse de l’euro à l’étranger À l’étranger, l’euro est repassé nettement sous le seuil de 0,97 dollar hier sur les marchés des changes internationaux, déçus par les commentaires du président de la Banque centrale européenne (BCE), Wim Duisenberg, après le maintien du taux d’intérêt principal de celle-ci à 3,25 %. Il a pâti également de la fermeté du dollar qui a profité des performances des marchés boursiers américains malgré le retournement de leur tendance en fin de journée. Selon les cambistes, les propos de Wim Duisenberg ont été décevants et n’ont rien apporté de nouveau pour expliquer le sentiment négatif des marchés envers la monnaie unique européenne. «Les fluctuations du taux de change de la monnaie unique, qui ne reflètent pas la force sous-jacente de l’économie de la zone euro, restent une cause de préoccupation», a déclaré M. Duisenberg à l’issue de la réunion du conseil des gouverneurs de la BCE, qui a décidé le statu quo monétaire dans cette zone. «Leur impact à la hausse sur les prix à l’importation a un effet négatif sur l’environnement des prix et augmente ainsi les risques pour la stabilité des prix à moyen terme», a-t-il ajouté. M. Duisenberg a répété qu’il avait la conviction que l’euro a «le potentiel pour se renforcer à l’avenir». S’adressant aux journalistes qui lui posaient des questions, il a toutefois ajouté : «Ne me demandez pas quand». Bien que la plupart des analystes ne cessent de s’attendre à ce que la BCE relève ses taux en mars d’au moins un quart de point en pourcentage à 3,50 %, le marché de l’euro devait souffrir des déclarations du ministre français de l’Économie et des Finances, Christian Sautter. Celui-ci a fait savoir hier qu’il préférait que l’euro trouve sa véritable valeur qu’une hausse des taux d’intérêt par la BCE. «Il est de loin préférable que l’euro trouve une valeur conforme à ses fondamentaux, c’est-à-dire au fait que l’euro doit être la monnaie forte d’une économie forte, que de passer par le biais de taux d’intérêt», a dit M. Sautter. Pour ce qui est des autres monnaies, le yen a éprouvé le besoin de souffler un peu après sa récente hausse entraînée la veille par des mouvements de rapatriements d’avoirs japonais de l’étranger avant la fin de l’année fiscale au Japon, le 31 mars. Quant à la livre sterling, elle a repris un coup de froid aussi face aux demandes en dollar contre euro après l’ouverture des marchés américains. Eu égard donc à toutes ces considérations, le dollar s’est généralement mieux tenu hier, se négociant à New York, comme suit : – 0,9655 pour un euro contre 0,9730, la veille – 1,5775 pour un sterling contre 1,5865 – 2,0260 DM contre 2,0105 – 6,7940 FF contre 6,7430 – 1,6650 FS contre 1,6525 – 2 005,45 lires contre 1 990,45 – 107,85 yens contre 107,20. Bourse de Beyrouth : calme et stabilité À la Bourse de Beyrouth, la tendance était à la stabilité, hier, après plusieurs séances de baisse continue. Toutes les valeurs, qui ont fait l’objet de transactions, ont donc reproduit leurs cours de la veille, de sorte que l’indice général LISPI s’est maintenu à 71,54 points et l’indice partiel LIBX des bancaires à 166,05 points. Ce mouvement s’est produit encore une fois dans un marché morne avec seulement 24 229 actions négociées d’une valeur globale de 148 183 dollars. Volatilité de Wall Street Sur les places boursières internationales, Wall Street a fait montre de volatilité hier, à la veille de la publication des chiffres de l’emploi aux États-Unis en février, oscillant tantôt à la hausse et tantôt à la baisse. Ce mouvement a été alimenté par des conjonctures faisant état que plusieurs secteurs de l’économie américaine manquent de main-d’œuvre et que les licenciements se ralentissent à un point que le taux de chômage devrait tomber sous les 4 % de la population active, soit à 3,9 %, un niveau jamais observé depuis janvier 1970. Mais, la publication hier d’autres statistiques témoignant de l’absence de surchauffe économique est venue rassurer la communauté financière. À cet égard, les opérateurs ont été sensibilisés par la diminution de 4,2 % des ventes de logements neufs aux États-Unis en janvier contre une augmentation de 4,5 % en décembre et le maintien de la hausse de l’indice composite des principaux indicateurs de l’économie américaine à 0,3 % en janvier comme en décembre ainsi que l’augmentation du nombre des demandeurs d’allocations chômage de 6 000 personnes la semaine dernière. Cela étant, les principaux indices de Wall Street ont très irrégulièrement oscillé dans les deux sens sous le poids de ventes bénéficiaires suivies de rachats de découverts. Ainsi, pendant que le Nasdaq perdait du terrain hier après un bon départ, le Dow Jones des 30 vedettes industrielles est remonté d’un plus bas à 10 103,49 points à un plus haut à 10 207,27 points, avant d’afficher en préclôture 10 156,54 points, en hausse de 18,61 points sur la veille. Vive hausse des Bourses européennes Les Bourses européennes ont terminé en vive hausse jeudi, encouragées par la fermeté de Wall Street en matinée, certaines places affichant même de nouveaux records historiques, comme Paris, Francfort, Helsinki ou Milan. À Paris, l’indice CAC 40 a terminé sur un gain de 3,54 %, tandis qu’à Londres, le FTSE 100 s’adjugeait 1,06 % et qu’à Francfort, le Dax (GDAX) bondissait de 2,82 %. Madrid a gagné 1,36 %, Milan 1,60 %, Amsterdam 0,6 %, Zurich 1,34 %, Bruxelles 0,77 % et Helsinki 3,43 %. Les indices multipays reflétaient la tendance générale. L’indice Eurotop 300, paneuropéen, s’est apprécié de 1,59 %, tandis que l’Eurostoxx 50, centré sur la zone euro, gagnait 3,27 %, grâce à la flambée de France Télécom. France Télécom a gagné 11 %, après la publication, mercredi, des résultats de 1999 très satisfaisants et la présentation d’un plan d’introduction en Bourse de son activité Internet. Deutsche Telekom a progressé de 3,90 % après une information selon laquelle le principal actionnaire de Qwest Communications International pourrait accepter une éventuelle fusion avec la société allemande. Marks and Spencer Plc a perdu 6,90 % après une hausse de 16 % mercredi consécutive à des rumeurs d’offre d’achat. Carrefour a démenti ces rumeurs qui lui prêtent de lancer une offre sur la société britannique. Parmi les valeurs de la technologie, le fabricant d’ordinateurs portables Psion a abandonné 4,30 %, après l’annonce d’une diminution de son bénéfice net annuel à 4,55 millions de livres sterling, contre 23,3 millions. La société craint en outre que son programme d’investissement ne continue à affecter les résultats. UBS AG, la plus grande banque suisse, s’est repliée à l’annonce de la restructuration de sa filiale de gestion des actifs, par regroupement de la société britannique Phillips & Drew et de l’américaine Brinson Partners. Tokyo : clôture en baisse La Bourse de Tokyo a clôturé jeudi en baisse de 0,1 %, à la suite d’une vague de prises de bénéfice de dernière minute, mais a réussi à se maintenir au-dessus du seuil crucial des 20 000 points. L’indice de référence Nikkei-225 a cédé 16,56 points pour terminer à 20 065,11, après avoir atteint mercredi son plus haut niveau en 31 mois. L’indice élargi Topix a perdu 6,76 points à 1 718,48, avec 788 millions d’actions changeant de mains contre 837,3 millions la veille. «Des prises de bénéfices pourraient continuer à affecter les valeurs les plus fortes au cours des prochains jours», a estimé Tetsuya Ishijima, analyste chez Okasan Securities. Parmi les valeurs très prisées récemment, Sony Corp a perdu 300 yen (-0,9 %) à 323 000 yens. Le titre avait été échangé à un prix plus élevé en début de séance, dans l’excitation du lancement de la nouvelle console de jeux PlayStation2, samedi prochain. Softbank Corp, investisseur dans l’Internet, a reculé de 7 000 yens (-4,5 %) à 149 000 yens. Avant le repli enregistré en fin de séance, la Bourse avait monté après l’annonce, par les fabricants de puces électroniques, d’une hausse de leur production liée à une reprise de la demande. Mitsubishi Electric Corp a doublé sa production de puces mémoire flash tandis que Toshiba Corp et NEC Corp. ont en projet d’accroître leur production via des fabricants à Taïwan. Toshiba a progressé de 12 yens (+1,3 %) à 949 et NEC a gagné 100 yens (+3,9 %) à 2 665. Mitsubishi Electric a en revanche perdu 29 yens (-2,9 %) à 960. Les échanges ont ralenti en fin d’après-midi alors que les investisseurs, alarmés par la force du yen, vendaient les valeurs exportatrices, selon les courtiers. Le yen, qui s’était maintenu à 109,11-13 yens pour un dollar à Tokyo mercredi soir, était monté jusqu’à 106,55 yens pour un dollar à New York, dans le sillage de la hausse mercredi de l’indice Nikkei qui a clôturé sur sa plus forte progression depuis juillet 1997. Outre les prises de bénéfices, «Les investisseurs étaient également préoccupés par la rapide progression du yen sur les marchés étrangers», a noté Kazue Mayuzumi, courtier chez Nikko Securities. Le fabricant de pneus Bridgestone Corp. a perdu 120 yens (-5,1 %) à 2 255 yens, Canon Inc, 120 yens (-2,7 %) à 1 131 et Mitsubishi Heavy Industries Ltd. a chuté de 17 yens (-5,9 %) à 271.
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