Les industriels sont les premiers à avoir rouvert la porte de l’Irak en 1996. Celle-ci était close depuis plusieurs années pour des raisons tant économiques que politiques. L’embargo des Nations unies en 1990 avait d’une part provoqué la rupture des échanges commerciaux tandis que l’assassinat en 1994 à Beyrouth d’un opposant irakien avait conduit le Liban à cesser toute relation diplomatique avec Bagdad. La participation d’une délégation irakienne à un salon agroalimentaire à Beyrouth, en 1996, a posé les premiers jalons d’un lent processus de rapprochement qui n’est pas encore achevé. «Nous avons évoqué la possibilité d’organiser une foire libanaise à Bagdad et la proposition a été acceptée tout de suite», se souvient Farès Saad, l’organisateur du salon. En 1997, une première délégation d’une dizaine d’hommes d’affaires libanais s’est donc rendue dans la capitale irakienne et la première foire a été organisée en octobre 1997. Les autorités libanaises ont mis du temps à suivre le mouvement, et c’est seulement fin 1998 que les deux pays ont ouvert des bureaux d’affaires consulaires. Celui de Beyrouth est dirigé par l’Irakien Nabil Janabi et celui de Bagdad par le Libanais Élias Nemnom. Le mandat initial de M. Nemnom devait durer trois mois, le temps de rétablir des relations diplomatiques au niveau d’une ambassade. Deux ans plus tard, la situation entre les deux pays est toujours identique, au grand dam de l’Irak qui a fait clairement savoir aux autorités libanaises sa volonté de normaliser les relations. «Les relations entre le Liban et l’Irak reposent sur la fraternité et la compréhension. Nous avons commencé à entreprendre les premières étapes de la normalisation diplomatique, j’espère que ça ira plus loin», a notamment déclaré le ministre irakien des Finances, Hikmat el-Azzaoui, lors de la visite la semaine dernière à Bagdad du ministre libanais Nasser Saïdi. «Nous vous assurons de notre volonté de renforcer les relations entre nos deux pays, et sommes très heureux à cet égard que vous soyez venu une seconde fois à Bagdad, un mois et vingt jours après votre première visite», lui a dit de son côté le ministre irakien du Commerce, Mohammad Mahdi Saleh. En décembre dernier, M. Saïdi et Négib Mikati, ministre des Transports, s’étaient rendus à Bagdad pour signer un protocole portant sur le renforcement des relations économiques entre les deux pays. La décision irakienne de choisir Tripoli et Beyrouth comme ports de transit pour les marchandises destinées à Bagdad a été avalisée à cette occasion. Aucun document n’a été signé cette fois, si ce n’est un accord de coopération entre l’Union des chambres de commerce et d’industrie libanaise et celle d’Irak.
Les industriels sont les premiers à avoir rouvert la porte de l’Irak en 1996. Celle-ci était close depuis plusieurs années pour des raisons tant économiques que politiques. L’embargo des Nations unies en 1990 avait d’une part provoqué la rupture des échanges commerciaux tandis que l’assassinat en 1994 à Beyrouth d’un opposant irakien avait conduit le Liban à cesser toute relation diplomatique avec Bagdad. La participation d’une délégation irakienne à un salon agroalimentaire à Beyrouth, en 1996, a posé les premiers jalons d’un lent processus de rapprochement qui n’est pas encore achevé. «Nous avons évoqué la possibilité d’organiser une foire libanaise à Bagdad et la proposition a été acceptée tout de suite», se souvient Farès Saad, l’organisateur du salon. En 1997, une première délégation...
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