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Actualités - Chronologie

Cuba De la CIA au tourisme virtuel

Philip Agee, ancien renégat de la CIA et auteur à succès d’ouvrages livrant les secrets de l’espionnage américain, fait un nouveau pied de nez à Washington en entamant une carrière d’agent de voyage virtuel consacrée à la promotion du tourisme à Cuba. La société montée par Philip Agee a inauguré cette semaine son nouveau site interactif spécialisé dans le voyage à Cuba, «Cubalinda.com Inter-Active Travel» (www.cubalinda.com) qui se présente aussi comme la première entreprise indépendante de propriété américaine depuis l’instauration de l’embargo économique dans l’île il y a près de 40 ans. «C’est un catalogue global de tout ce qu’un voyageur peut faire à Cuba», explique Philip Agee dans une interview depuis son bureau de La Havane, un espace clair et moderne, bourré d’ordinateurs. L’ancien agent secret courtisé par la gauche dans les années 70 et qui ne paraît pas ses 65 ans espère ainsi «ouvrir une petite brèche dans le mur qu’ont construit les États-Unis autour de Cuba pour l’isoler» et représenter «un exemple moral» pour «inciter les Américains à venir investir à Cuba avec ou sans l’embargo». Sa compagnie, qui travaille en partenariat avec Cubatur, l’organe officiel du tourisme cubain, propose aux quelque 130 millions d’internautes toutes sortes d’activités à la carte, allant de la voile, à la plongée, au golf, à la pêche ou l’observation d’oiseaux rares. Pour la clientèle américaine, qui est celle qu’il vise en priorité, Philip Agee propose également des informations sur les moyens de venir à Cuba – île en principe interdite aux touristes des États-Unis – en toute légalité. Philip Agee affirme avoir été inspiré par l’exhortation du pape Jean-Paul II, lors de sa visite historique à Cuba en 1998, demandant au monde de s’ouvrir à Cuba et à Cuba de s’ouvrir au monde. «Quelle meilleure manière de faire cela qu’à travers la technologie de l’Internet», s’exclame-t-il. L’auteur du best-seller datant de 1975 et traduit en 30 langues Inside the Company : A CIA Diary s’insurge contre le mot «embargo» qu’il trouve «trop faible» et préfère parler du «blocus imbécile, vindicatif, qui affecte les femmes, les enfants, les personnes âgées» de Cuba. Philip Agee reconnaît «avoir fait beaucoup de mal à Cuba» lorsqu’il travaillait pour la CIA, qu’il a quittée en 1968. Agee, dont le passeport américain a été révoqué, partage son temps entre Hambourg et La Havane et voyage avec un document de voyage allemand, après avoir utilisé par le passé des passeports de la Grenade ou du Nicaragua. «J’ai maintenant plus de 25 ans d’expérience dans mon soutien à la Révolution cubaine», indique-t-il par ailleurs, précisant que des rumeurs le liant aux services secrets cubains «sont le fruit d’une imagination fertile». Il précise que Cuba a été en 1957 sa première destination à l’étranger lorsqu’il était étudiant. «J’ai fêté mon 22 anniversaire au bar du “Sloppy Joe” à La Havane», se souvient-il.
Philip Agee, ancien renégat de la CIA et auteur à succès d’ouvrages livrant les secrets de l’espionnage américain, fait un nouveau pied de nez à Washington en entamant une carrière d’agent de voyage virtuel consacrée à la promotion du tourisme à Cuba. La société montée par Philip Agee a inauguré cette semaine son nouveau site interactif spécialisé dans le voyage à Cuba, «Cubalinda.com Inter-Active Travel» (www.cubalinda.com) qui se présente aussi comme la première entreprise indépendante de propriété américaine depuis l’instauration de l’embargo économique dans l’île il y a près de 40 ans. «C’est un catalogue global de tout ce qu’un voyageur peut faire à Cuba», explique Philip Agee dans une interview depuis son bureau de La Havane, un espace clair et moderne, bourré d’ordinateurs....