Le président Abdelaziz Bouteflika a annoncé une série de changements au sein de la hiérarchie de l’armée appelée désormais à mener une lutte «impitoyable» aux islamistes armés irréductibles qui ont refusé de déposer les armes dans le cadre de la loi sur la concorde civile. Ces changements, annoncés, n’ont cependant pas touché les membres les plus importants de cette hiérarchie. En effet, le chef d’état-major, le général de corps d’armée Mohamed Lamari, le chef des services secrets, le général-major Mohamed Médiene dit Tewfik, et le chef du contre-espionnage, le général-major Smaïl Lamari, sont maintenus à leur poste. Les départs les plus notables sont ceux du commandant de la gendarmerie nationale, le général-major Tayeb Derradji, proche de l’ex-président Liamine Zéroual, remplacé par un officier du même corps, le général Ahmed Boustila, ainsi que le commandant de la première région militaire (Blida, 50 km au sud d’Alger), le général-major Rabah Boughaba. À ce dernier succède le général-major Chérif Fodhil, un homme de terrain chargé de la lutte antiterroriste et un des rares officiers supérieurs de l’Armée nationale populaire (ANP) connu de la presse. En septembre 1998, il avait tenu de nombreux briefings lorsque l’armée avait donné l’assaut à un camp retranché du Groupe islamique armé (GIA) à Ouled Allel, près d’Alger. Le général-major Said Bey, qui avait quitté le commandement de la première région militaire à l’automne 1997 pour être nommé attaché militaire à Bruxelles, revient à la cinquième région militaire (Constantine, est). À la première région militaire, le général Chérif Fodhil aura la tâche d’éradiquer le GIA d’Antar Zouabri, encore actif dans les monts de Blida (50 km au sud d’Alger) et le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) d’Hassan Hattab qui poursuit ses attentats dans la région montagneuse de Kabylie, à l’est d’Alger. Il y a une quinzaine de jours, le 15 février dernier, le chef d’état-major a qualifié ces deux organisations d’ultras de «bandits», affirmant que «tant qu’il restera des terroristes en armes qui défient la République, nous serons tous mobilisés, tous vigilants pour les neutraliser». Les nouveaux «promus» sont tous des hommes de terrain formés dans les écoles algériennes et non plus des vétérans de la guerre d’indépendance qui avaient fourbi leurs armes au sein de l’Armée de libération nationale (ALN). Ces changements attendus depuis des mois surviennent alors que l’armée algérienne songe à sa professionalisation. Évoquant récemment la question du service national qui touche de très larges franges de la jeunesse algérienne, le chef d’état-major a expliqué que «le problème se pose pour nous, non pas en terme de durée du service national, mais de professionnalisation de l’armée». En novembre dernier, à Monaco, le président Bouteflika, qui est en même temps le ministre de la Défense nationale, a indiqué que «l’ANP a déjà commencé son processus de transformation en armée de métier».
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