Les États-Unis se sont félicités de la percée des réformateurs en Iran mais se demandaient si les dirigeants auront l’audace d’ouvrir leur pays vers l’Occident et adopter une politique «éclairée». Les dirigeants américains, qui célébraient lundi le Présidents’ Day, ne se sont cependant pas bousculés pour commenter le résultat du scrutin iranien, pourtant dans la continuitée du mouvement contre la répression religieuse entamée en 1997 avec l’élection de Mohammad Khatami. «C’est un évènement aux dimensions historiques», a jugé dimanche soir le porte-parole du département d’État James Rubin, estimant que les Iraniens ont voté pour un rapprochement avec le «reste du monde» et «des libertés accrues». «Nous espérons bien sûr que les résultats de ces élections se traduiront par une approche différente à l’égard du monde extérieur», a-t-il dit au New York Times. Dans un éditorial consacré à «la vague de la réforme en Iran», le quotidien estime que Téhéran «doit avoir la sagesse de reconnaître que le peuple iranien attend d’être gouverné d’une manière plus éclairée». Il s’agit, écrit le journal, de «respecter les libertés personnelles et civiles, promouvoir la croissance économique et modérer l’hostilité à l’encontre de l’Occident». Le Washington Post ignore pour sa part «si le système politique iranien va s’effondrer» à la suite de ce scrutin mais critique par avance «la ruée des hommes d’affaires européens, attirés par des signes d’ouverture iranienne». Les États-Unis attendent d’autant plus de constater une évolution en Iran que les deux pays ont timidement engagé une approche prudente tant dans le domaine politique que sur les terrains de football. Mais aucun dialogue direct n’a à ce stade été enclenché, les Américains recherchant toujours un vrai geste politique des dirigeants iraniens, notamment qu’ils prennent leurs distances avec le terrorisme. Le président Bill Clinton a affirmé la semaine dernière qu’un «partenariat constructif avec l’Iran» constituerait «l’une des meilleures choses que nous puissions faire pour la paix à long terme au Proche-Orient et dans le reste du monde». Les deux pays ont rompu leurs relations en 1980 à la suite de la prise en otage du personnel de l’ambassade américaine de Téhéran pendant la révolution islamique. L’été dernier, M. Clinton avait pour la première fois adressé une lettre au président Khatami l’assurant qu’une coopération de l’Iran dans l’enquête sur l’attentat de Dhahran en juin 1996 (19 tués parmi des militaires américains) contribuerait au réexamen des relations. Cet appel du pied avait été rejeté par les dirigeants de Téhéran, qui estiment que Washington doit prouver sa volonté de rapprochement en cessant son ostracisme à l’égard de leur pays. L’attitude à l’égard de Washington reste un sujet de divergence majeure entre les réformateurs, enclins à encourager «les relations de peuple à peuple» à défaut d’une normalisation, et les conservateurs dont l’antiaméricanisme reste toujours virulent.
Les États-Unis se sont félicités de la percée des réformateurs en Iran mais se demandaient si les dirigeants auront l’audace d’ouvrir leur pays vers l’Occident et adopter une politique «éclairée». Les dirigeants américains, qui célébraient lundi le Présidents’ Day, ne se sont cependant pas bousculés pour commenter le résultat du scrutin iranien, pourtant dans la continuitée du mouvement contre la répression religieuse entamée en 1997 avec l’élection de Mohammad Khatami. «C’est un évènement aux dimensions historiques», a jugé dimanche soir le porte-parole du département d’État James Rubin, estimant que les Iraniens ont voté pour un rapprochement avec le «reste du monde» et «des libertés accrues». «Nous espérons bien sûr que les résultats de ces élections se traduiront par une approche...
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