La Chine et l’Iran, traditionnellement très proches, ont décidé de renforcer davantage leur coopération politique et économique et de refuser ensemble le «monde unipolaire» qu’ils accusent Washington de vouloir imposer. Hier, à l’issue de la visite de deux jours à Téhéran du chef de la diplomatie chinoise, Tang Jiaxuan, la présidence de la République a confirmé que le président Mohammad Khatami se rendrait prochainement à Pékin, à l’invitation du président Jiang. Il a accepté l’invitation du président Jiang Zemin «avec plaisir». Cette visite aura lieu «dans le courant de l’année», selon la même source. Ce serait la première du président Khatami depuis son élection en mai 1997 et la deuxième d’un président iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, aujourd’hui Guide de la République islamique, s’étant rendu à Pékin en 1989 en tant que président de la République. «Pékin et Téhéran ont décidé de renforcer leur coopération politique et économique dans tous les domaines, et de développer leurs échanges commerciaux, qui se sont montés à 1,2 md USD en 1998», a indiqué le ministre iranien des Affaires étrangères Kamal Kharazi. Mais l’Iran souhaite augmenter la part des exportations non pétrolières vers la Chine. La coopération militaire a été évoquée, mais non la coopération dans le domaine nucléaire, qui avait été décidée en 1993 et autorisée par le Parlement iranien, mais qui a cessé en décembre 1999, selon les médias officiels iraniens. Lundi dernier, M. Tang et le président Mohammad Khatami ont inauguré ensemble le métro de Téhéran, construit avec la coopération de la Chine. Lors d’une conférence de presse, le chef de la diplomatie chinoise a reconnu à l’Iran «un rôle de premier plan dans le maintien de la paix, la stabilité et le développement dans la région». Il a critiqué «la volonté d’une grande puissance d’imposer au XXIe siècle un monde unipolaire», en allusion aux États-Unis qu’il n’a pas cités nommément. «Cela ne se fera certainement pas, c’est impossible», a estimé M. Tang. La Chine a sur ce sujet «une vision identique à celle de l’Iran, c’est une préoccupation commune», a indiqué un responsable de la délégation chinoise. Les questions régionales, notamment le conflit israélo-arabe, sur lequel les deux pays ont «des positions proches» et «demandent le retrait israélien de tous les territoires occupés, tant palestiniens, que libanais et syriens», selon une source de la délégation chinoise. En outre, a déclaré lundi soir M. Kharazi, tant Téhéran que Pékin récusent «l’ingérence» des pays occidentaux sur la question des «droits de l’homme» dans leurs pays respectifs. «Ils commettent ainsi une ingérence ; ces sujets ne devant pas être utilisés comme un outil politique pour exercer des pressions sur un pays», avait déclaré M. Kharazi, jugeant cette attitude «inacceptable».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Chine et l’Iran, traditionnellement très proches, ont décidé de renforcer davantage leur coopération politique et économique et de refuser ensemble le «monde unipolaire» qu’ils accusent Washington de vouloir imposer. Hier, à l’issue de la visite de deux jours à Téhéran du chef de la diplomatie chinoise, Tang Jiaxuan, la présidence de la République a confirmé que le président Mohammad Khatami se rendrait prochainement à Pékin, à l’invitation du président Jiang. Il a accepté l’invitation du président Jiang Zemin «avec plaisir». Cette visite aura lieu «dans le courant de l’année», selon la même source. Ce serait la première du président Khatami depuis son élection en mai 1997 et la deuxième d’un président iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, aujourd’hui Guide de la République islamique,...