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Actualités - Chronologie

Passée la victoire, la population attend des actes

Les Iraniens, notamment ceux qui ont voté en faveur des réformateurs pour offrir au président Mohammad Khatami une majorité tant espérée au Parlement, ne comptent pas laisser les députés s’endormir sur leurs lauriers. Au lendemain des résultats du premier tour du scrutin législatif marqué par un véritable raz-de-marée des réformateurs, les électeurs doutent déjà des moyens de relever une économie faible. «L’inflation n’a cessé d’augmenter depuis l’élection de Khatami (en mai 1997)», explique un étudiant de 25 ans devant un supermarché de Téhéran. «L’économie est toujours terrible, je ne pense pas que quelque chose pourra la changer», ajoute-t-il. «Ma fille est malade et je n’ai même pas les moyens d’acheter un poulet pour préparer une soupe», explique une vieille femme montrant tristement dans un sac en plastique les morceaux de poulet les moins chers qu’elle a pu obtenir pour préparer son dîner. «Comment voulez-vous vivre de cette façon ?», interroge-t-elle. Avec la chute du rial iranien, la majorité des Iraniens ne peut s’offrir les produits de première nécessité malgré les aides de l’État. Alors que, dans le milieu des années 80, le billet vert s’échangeait à 500 rials, a la fin de la guerre avec l’Irak (1980-88), il valait 1 400 rials et aujourd’hui, 8 400 au marché noir. Le problème s’est aggravé avec l’augmentation du chômage, notamment parmi les jeunes – qui composent la moitié de la population – officiellement de 10 à 15 % mais probablement deux fois plus important. Même les jeunes diplômés sortis des universités ont du mal à trouver un premier emploi et toute l’économie demeure contrôlée par l’État. «C’est une catastrophe», estime un musicien de 27 ans, «l’inflation est un meurtre mais toute la faute revient aux États-Unis», ajoute-t-il. Beaucoup d’Iraniens en effet tiennent l’embargo américain, imposé à leur pays, pour responsable de tous leurs maux, estimant que la politique de Washington est en train d’étrangler la nation iranienne. L’autre problème majeur est la dépendance de l’évolution du marché pétrolier alors que l’Iran, deuxième producteur de l’OPEP, tire 85 % de ses recettes en devises de l’exportation du pétrole qui compose 50 % du budget de l’État. Téhéran avait sévèrement subi la baisse des cours en 1998 qui avaient représenté un manque à gagner annuel d’au moins 5 mds USD par rapport aux prévisions budgétaires. Les grandes lignes du projet des réformateurs prévoient justement que le pétrole ne soit plus l’unique source de l’économie iranienne tandis que le plan quinquennal proposé par le président Khatami prévoit notamment la privatisation d’industries. Mais «les réformes de Khatami ne sont pas aussi importantes pour l’économie», explique un analyste politique Khosro Abedi. «Le nouvel ordre mondial est clair: tu survis ou tu tombes !», résume-t-il. Et beaucoup d’Iraniens ne cessent de tomber. «Je donnerais n’importe quoi pour quitter le pays», soupire un homme de 29 ans dont l’affaire d’import-export est sur le point de faire faillite.
Les Iraniens, notamment ceux qui ont voté en faveur des réformateurs pour offrir au président Mohammad Khatami une majorité tant espérée au Parlement, ne comptent pas laisser les députés s’endormir sur leurs lauriers. Au lendemain des résultats du premier tour du scrutin législatif marqué par un véritable raz-de-marée des réformateurs, les électeurs doutent déjà des moyens de relever une économie faible. «L’inflation n’a cessé d’augmenter depuis l’élection de Khatami (en mai 1997)», explique un étudiant de 25 ans devant un supermarché de Téhéran. «L’économie est toujours terrible, je ne pense pas que quelque chose pourra la changer», ajoute-t-il. «Ma fille est malade et je n’ai même pas les moyens d’acheter un poulet pour préparer une soupe», explique une vieille femme montrant tristement...