Le Mocharekat (Front de la participation, FP), qui a obtenu une large majorité des sièges au Parlement iranien, s’est imposé comme le parti dominant, structuré et puissant où coexistent laïcs et religieux. Jusqu’au début de la campagne, le Mocharekat, dirigé par Mohammad-Reza Khatami, frère du président Mohammad Khatami et triomphateur à Téhéran, n’était qu’une des 23 composantes du «2 khordad» – 23 mai dans le calendrier iranien, par référence à la victoire de Mohammad Khatami en 1997 –, qui regroupe tous les réformateurs. Le Mocharekat a installé ses quartiers généraux dans un grand immeuble du centre-ville. Ses dirigeants, majoritairement laïcs et tirés à quatre épingles, tiennent réunion sur réunion. À l’instar des partis occidentaux, il se réunit en «comité central», en «comité exécutif», en «bureau politique», et possède une «section-jeunes», où Zahra Echraghi, petite-fille de l’imam Khomeyni et épouse de Mohammad-Reza Khatami, exerce une forte influence. Il dispose d’un quotidien, appelé tout simplement Mocharekat, qui fixe chaque jour la ligne politique du parti. En province, il dispose d’antennes organisées avec un réseau de mobilisation nationale que n’ont pas ses concurrents. Dans ses documents, le FP a banni tout culte de la personnalité. Il n’y a jamais de photos des dirigeants. «Le Mocharekat a éclipsé les autres partis. Il a su parler d’abord aux classes moyennes puis à tous les autres. Il a inspiré confiance. Mais saura-t-il fédérer toute la gauche? C’est la grande inconnue», explique l’analyste Khosro Abedi. À la veille des élections, le Mocharekat a exprimé dans un manifeste sa volonté de voir le prochain Majlis «résoudre enfin les réels problèmes du pays». Le document, de 20 pages déplore les «lacunes flagrantes du pouvoir judiciaire et exécutif en Iran». «Les dirigeants doivent maintenant être responsables devant le peuple», dit ce texte collectif. Le Parlement doit «s’appuyer sur les partis politiques», il faut «un régime qui s’appuie sur des partis politiques indépendants, professionnels et parfaitement identifiés et identifiables». «L’économie iranienne est malade et a besoin d’être soignée. Les racines de cette maladie sont multiples : l’instabilité politique, le manque de sécurité économique, la justice, une économie trop dépendante du pétrole et des ressources minières», la «fuite des capitaux» et «la multiplication des centres de décision». Dans la mouvance réformatrice, le FP n’est pas le seul nouveau parti. D’autres ont récemment été créés, tel le Parti de la solidarité islamique, ou le Parti islamique du travail (gauche socialisante), auxquels se sont ralliés d’anciens radicaux. Mais tous sont totalement, jusqu’à présent, dans l’orbite du Mocharekat.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Mocharekat (Front de la participation, FP), qui a obtenu une large majorité des sièges au Parlement iranien, s’est imposé comme le parti dominant, structuré et puissant où coexistent laïcs et religieux. Jusqu’au début de la campagne, le Mocharekat, dirigé par Mohammad-Reza Khatami, frère du président Mohammad Khatami et triomphateur à Téhéran, n’était qu’une des 23 composantes du «2 khordad» – 23 mai dans le calendrier iranien, par référence à la victoire de Mohammad Khatami en 1997 –, qui regroupe tous les réformateurs. Le Mocharekat a installé ses quartiers généraux dans un grand immeuble du centre-ville. Ses dirigeants, majoritairement laïcs et tirés à quatre épingles, tiennent réunion sur réunion. À l’instar des partis occidentaux, il se réunit en «comité central», en «comité...