Les 25es Césars ont consacré Tonie Marshall, réalisatrice venue de l’univers du cinéma art et essai, symbolisant la victoire d’un «petit» David du 7e art sur le «géant» Goliath incarné par la Jeanne d’Arc de Luc Besson. Un triomphe d’autant plus savoureux pour cette cinéaste de 42 ans que son film Vénus Beauté (Institut) s’était vu refuser dans un premier temps l’avance sur recettes et qu’il n’a finalement vu le jour que grâce à la ténacité d’un producteur indépendant. Parti dans la course aux Césars avec sept nominations, juste derrière La fille sur le pont de Patrice Leconte et Jeanne d’Arc (huit citations ex aequo), le film de la fille de Micheline Presle a au final largement devancé ses deux rivaux. Patrice Leconte, l’artisan de la fronde anticritique qui a agité cet automne le petit monde du cinéma français, a dû apprécier avec une certaine ironie le plébiscite accordé à Tonie Marshall. Car, à travers elle, c’est en effet une forme de cinéma plus exigeante, fréquemment qualifiée par ses détracteurs d’«intellectuelle», de cinéma, qui a été récompensée. C’est aussi le genre de cinéma que défendent d’ordinaire les critiques, par opposition aux «grosses machines» soutenues par les «professionnels de la profession». Hommage au cinéma féminin Or, ce sont ces mêmes professionnels (2 000 membres de l’Académie des Césars), qui ont choisi cette année un film un peu à l’écart des critères qu’ils défendent habituellement. Ce film qui ne cache rien des babillages de «bonnes femmes» des trois employées d’un délicieux institut de beauté (Audrey Tautou, l’heureuse lauréate du César de l’espoir féminin, Mathilde Seigner et Nathalie Baye) et de leur épatante patronne (Bulle Ogier) a réalisé contre toute attente plus d’un million d’entrées en France. Un joli score auquel n’avait pas été habituée jusqu’alors une réalisatrice résignée aux box-offices plus modestes, avec Pentimento (1990), son entrée en matière, puis Pas très catholique (1994) et Enfants de salaud (1995), œuvres saluées par la critique mais boudées en salles. Toutefois, son million d’entrées répertorié à ce jour est encore loin des performances de Astérix et Obélix contre César de Claude Berri, qui a attiré 9 millions de Gaulois ou bien des aventures de l’enfant de Domrémy revues par Besson qui ont suscité la passion de 3 millions de fidèles. «Personne ne pouvait imaginer que le film irait jusque-là», a déclaré Tonie Marshall en voyant aussi dans son film «un» hommage au cinéma féminin. La comédienne passée derrière la caméra est en effet seulement la deuxième réalisatrice à décrocher le César du «meilleur film», quatorze ans après Coline Serreau et Trois hommes et un couffin.
Les 25es Césars ont consacré Tonie Marshall, réalisatrice venue de l’univers du cinéma art et essai, symbolisant la victoire d’un «petit» David du 7e art sur le «géant» Goliath incarné par la Jeanne d’Arc de Luc Besson. Un triomphe d’autant plus savoureux pour cette cinéaste de 42 ans que son film Vénus Beauté (Institut) s’était vu refuser dans un premier temps l’avance sur recettes et qu’il n’a finalement vu le jour que grâce à la ténacité d’un producteur indépendant. Parti dans la course aux Césars avec sept nominations, juste derrière La fille sur le pont de Patrice Leconte et Jeanne d’Arc (huit citations ex aequo), le film de la fille de Micheline Presle a au final largement devancé ses deux rivaux. Patrice Leconte, l’artisan de la fronde anticritique qui a agité cet automne le petit monde...
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