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Actualités - Chronologie

Après la détresse, le pragmatisme des pêcheurs

Gabor Csoma, un pêcheur de 42 ans qui vit de la rivière Tisza, sait qu’il faudra longtemps pour que la vie redevienne normale mais il a appris à être pragmatique, trois semaines après la pollution au cyanure. «Nous avons attrapé un poisson vivant depuis que le cyanure a quitté le pays. Il était plutôt malade, mais vivant. Et nous avons aussi trouvé des crabes et des bigorneaux», se réjouit-il à Szolnok, une petite ville à deux heures de voiture de Budapest. C’est dans cette ville que la commissaire européenne à l’Environnement, Margot Wallstroem, est venue évaluer sur le terrain les ravages causés par la pollution. La rivière Tisza, le premier affluent du Danube, fut l’une des premières victimes du cyanure, et comme tous les pêcheurs de la région, Gabor Csoma a craint pour son travail. Comme les 160 000 habitants de Szolnok, il a aussi scruté la rivière tous les jours depuis début février, à la recherche de nouveaux signes de vie. Mais maintenant, «notre travail n’est pas d’enterrer la Tisza, mais de la faire revivre. La volonté y est», assure-t-il. La Hongrie assure que la pollution au cyanure de la Tisza le 31 janvier en provenance de la mine d’or de Aurul (Roumanie) a tué toute vie, et notamment plus de cent tonnes de poissons. Le cyanure s’est ensuite déversé dans le Danube et des poissons morts ont été remarqués en Serbie puis en Bulgarie, avant que les niveaux de cyanure détectés lors des contrôles du Danube se révèlent inférieurs aux normes autorisées. À Szolnok, si beaucoup d’habitants sont encore sous le choc, «la période de panique est révolue et l’heure est maintenant au calme et à l’entraide», souligne Edit Szanto, 47 ans, qui tient le petit Hotel Touring, sur les rives de la Tisza. «Nous avons déjà des pertes directes car beaucoup de gens ont annulé leurs réservations (pour l’été) en disant qu’ils ne veulent pas se baigner dans une eau au cyanure. S’ils ont le choix, ils iront ailleurs», selon elle. M. Csoma rappelle comment les 33 pêcheurs de son entreprise Halasz Ldt. (Halasz en hongrois signifie pêcheurs) «pleuraient littéralement sur les tonnes de poissons morts. Il n’y a pas de mots pour décrire cela. La rivière c’est notre vie». «Les pêcheurs sont des gens durs, ils passent leur vie sur l’eau, mais chacun de nous, jeunes et vieux, était choqué par ce que l’homme peut faire à la nature», ajoute-t-il. Halasz Ltd. gère la pêche sur une section de 136 kilomètres le long de la Tisza, qui s’étend en Hongrie sur 581 kilomètres. «Nous avons récupéré 11 tonnes de poissons morts, les pêcheurs en aval en ont ramassé 70 tonnes, et d’autres plus au sud 15 tonnes environ», calcule-t-il. Selon lui, la chaîne alimentaire dans la rivière pourrait être rétablie «en deux ou trois ans». «Nos pertes sont énormes mais nous ne pouvons pas dire que toute espèce vivante est exterminée», ajoute-t-il. Si beaucoup à Szolnok reconnaissent que les autorités sanitaires ont agi avec prudence en analysant les niveaux de cyanure toutes les deux heures et en versant des produits pour diluer le poison, ils critiquent aussi le gouvernement hongrois qu’ils accusent d’avoir agi trop tard. «La Hongrie aurait dû hurler dès que la Roumanie a admis que du cyanure s’était déversé dans la Somes», un affluent de la Tisza, juge Mme Szanto.
Gabor Csoma, un pêcheur de 42 ans qui vit de la rivière Tisza, sait qu’il faudra longtemps pour que la vie redevienne normale mais il a appris à être pragmatique, trois semaines après la pollution au cyanure. «Nous avons attrapé un poisson vivant depuis que le cyanure a quitté le pays. Il était plutôt malade, mais vivant. Et nous avons aussi trouvé des crabes et des bigorneaux», se réjouit-il à Szolnok, une petite ville à deux heures de voiture de Budapest. C’est dans cette ville que la commissaire européenne à l’Environnement, Margot Wallstroem, est venue évaluer sur le terrain les ravages causés par la pollution. La rivière Tisza, le premier affluent du Danube, fut l’une des premières victimes du cyanure, et comme tous les pêcheurs de la région, Gabor Csoma a craint pour son travail. Comme les 160 000...