Des sources bien informées notent un changement remarquable de la diplomatie libanaise qui ne se contente plus désormais de subir l’événement, mais s’active au contraire, suivant un plan bien déterminé, pour faire face aux menaces et aux agressions israéliennes. Il n’y a qu’à voir les résultats de la campagne menée par les autorités depuis le 8 février : en effet, les États-Unis ont assoupli leur position initiale et cherchent à réunir à nouveau le comité de surveillance. Une autre preuve du succès de la diplomatie libanaise : l’initiation du président Hosni Moubarak. La visite-éclair du chef de l’État égyptien au Liban était avant tout un message adressé au Premier ministre israélien Ehud Barak. Certes il a dénoncé les frappes contre des objectifs civils au Liban et manifesté sa solidarité avec le peuple libanais. Mais il a aussi proclamé son appui à la résistance contre Israël, tout en accusant celui-ci d’avoir violé les arrangements d’avril. Par ailleurs, en venant à Beyrouth, M. Moubarak a également adressé un message aux États arabes, les appelant à soutenir le Liban face à l’agression israélienne. Ces mêmes sources se disent satisfaites de l’impact des reproches adressés par le président égyptien à l’État hébreu. En effet, soulignent-elles, le ministre israélien des Affaires étrangères, David Lévy, a immédiatement réagi à la visite de M. Moubarak en affirmant qu’elle constituait un appui tacite au Hezbollah et donc un comportement «irresponsable» de la part d’un chef d’État. Tel-Aviv a même été jusqu’à dépêcher une délégation au Caire pour exprimer sa réprobation… La raison de la visite Les sources diplomatiques se sont interrogées sur le moment choisi et sur le sens de la visite du président Moubarak. Pourquoi cette hâte à se rendre à Beyrouth ? Si le but était de dénoncer les frappes israéliennes contre l’infrastructure libanaise, pourquoi n’est-il pas venu au Liban l’an dernier après les raids de juin contre ces mêmes objectifs ? Selon ces sources, il n’y pas encore de réponses claires à ces questions et on ignore toujours quelles ont été les motivations de M. Moubarak. De fait, on affirme que celui-ci n’a proposé ni la tenue d’un sommet arabe, ni même une réunion au niveau des ministres des Affaires étrangères. En revanche, un membre de la délégation égyptienne a indiqué que le véritable objectif de la visite était de dissiper tout malentendu concernant la position du Caire par rapport aux menaces que le Premier ministre Ehud Barak avait proférées à l’égard du Liban lors de sa dernière visite en Égypte. Certains journaux libanais avaient reproché à M. Moubarak de n’avoir pas réagi aux propos de M. Barak alors que celui-ci les avait formulés à l’occasion de la conférence de presse au dernier jour de sa visite au Caire, en compagnie du président égyptien. L’ambassadeur d’Égypte à Beyrouth avait précisé à l’époque que M. Barak s’était exprimé en hébreu et que M. Moubarak n’avait pas saisi le sens des menaces proférées par le Premier ministre israélien. Le membre de la délégation égyptienne a conclu en affirmant que le président Moubarak appuyait la position libanaise sans pour autant aller jusqu’à menacer l’État hébreu d’une suspension ou d’une rupture des relations diplomatiques entre les deux pays. Et pour cause : M. Moubarak estime qu’il faut garder la porte ouverte au dialogue direct avec Israël de manière à lui signaler les fautes dangereuses qu’il est susceptible de commettre.
Des sources bien informées notent un changement remarquable de la diplomatie libanaise qui ne se contente plus désormais de subir l’événement, mais s’active au contraire, suivant un plan bien déterminé, pour faire face aux menaces et aux agressions israéliennes. Il n’y a qu’à voir les résultats de la campagne menée par les autorités depuis le 8 février : en effet, les États-Unis ont assoupli leur position initiale et cherchent à réunir à nouveau le comité de surveillance. Une autre preuve du succès de la diplomatie libanaise : l’initiation du président Hosni Moubarak. La visite-éclair du chef de l’État égyptien au Liban était avant tout un message adressé au Premier ministre israélien Ehud Barak. Certes il a dénoncé les frappes contre des objectifs civils au Liban et manifesté sa solidarité avec...
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