Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Côte d'Ivoire La junte sollicitée pour régler tous les différends

Différend syndical, querelles de voisinage ou de couples, les militaires au pouvoir depuis le 24 décembre 1999 sont sollicités par les Ivoiriens pour régler les problèmes les plus hétéroclites. Pour répondre aux nombreuses sollicitations, la junte a mis en place après le coup d’État un numéro de téléphone d’urgence. Installé au départ pour permettre aux Abidjanais de trouver une réponse aux problèmes d’insécurité, cette ligne, qui aboutit au camp militaire d’Akouédo, le plus grand de la ville, est sans cesse occupée, tout comme les couloirs de ce PC de crise. Toute la journée, les militaires répondent à des requêtes, parfois assez farfelues comme celle de Sita, une jeune mère venue se plaindre parce que son «ami l’a abandonnée avec un enfant sur les bras». «Nous recevons un peu de tout. Des riches, des pauvres, les gens viennent ici pour tout et pour n’importe quoi», affirme un caporal qui a requis l’anonymat : «On nous prend pour Dieu le Père». Ainsi, Pascal, cuisinier d’un ressortissant européen, est venu se plaindre auprès du PC de crise de son patron : «Il refuse de me remettre mon salaire du mois. J’espère qu’il changera sa manière de voir les choses quand les militaires l’auront convoqué». Pascal s’est adressé au camp d’Akouédo sur les conseils d’un ami, agent de sécurité dans une société privée et qui a obtenu gain de cause après l’intervention des militaires. «On est obligé de s’en remettre aux militaires. Moi, je suis là parce que je fais partie d’un groupe de personnes que nos patrons veulent chasser. J’espère qu’ils vont se raviser», explique Albert Kouassi, lui aussi agent de sécurité. «Certains croient vraiment que les militaires peuvent tout faire», explique un militaire. Après leur débâcle lors de la Coupe d’Afrique des nations (CAN-2000), les footballeurs ivoiriens avaient été punis dans un centre militaire. «Consignés» deux jours et demi dans un camp du centre du pays, les «éléphants» avaient appris à marcher au pas et reçu des cours «d’éducation civique pour leur apprendre la discipline et le patriotisme».
Différend syndical, querelles de voisinage ou de couples, les militaires au pouvoir depuis le 24 décembre 1999 sont sollicités par les Ivoiriens pour régler les problèmes les plus hétéroclites. Pour répondre aux nombreuses sollicitations, la junte a mis en place après le coup d’État un numéro de téléphone d’urgence. Installé au départ pour permettre aux Abidjanais de trouver une réponse aux problèmes d’insécurité, cette ligne, qui aboutit au camp militaire d’Akouédo, le plus grand de la ville, est sans cesse occupée, tout comme les couloirs de ce PC de crise. Toute la journée, les militaires répondent à des requêtes, parfois assez farfelues comme celle de Sita, une jeune mère venue se plaindre parce que son «ami l’a abandonnée avec un enfant sur les bras». «Nous recevons un peu de tout. Des...