«East is East» vient d’être voté «meilleure comédie» au National Film Awards de Londres. Cette comédie, produite pour la télévision anglaise, a fait des ravages au Royaume-Uni mais ne risque pas d’en sortir. La saison cinématographique bat son plein à Londres. Raya Abi-Rached commente quelques films vus dans la capitale britannique. l The Ratcatcher: premier film de Lynne Ramsay, présenté cette année dans une sélection parallèle à Cannes. Basé en Écosse, le film retrace les aventures d’un jeune garçon durant une grève des éboueurs dans les années 80. Le film est habilement mené, avec un style qui s’apparente un peu aux caractéristiques du Dogma de Lars von Trier, sans tout à fait y adhérer. Une manière de découvrir un cinéma véritablement différent, un peu sombre, mais riche en sensibilité. l East is East: beaucoup de bruit pour pas grand-chose! Cette comédie, qui met en scène les difficultés des immigrés pakistanais en Grande-Bretagne, aurait constitué un très bon téléfilm, mais ne convient pas au grand écran, d’autant que le dosage entre drame et comédie est quelque peu maladroit. l Sleepy Hollow: on attendait depuis longtemps le dernier film de Tim Burton (depuis Mars Attack, en fait). Les fans de cet excentrique réalisateur ne seront pas déçus! L’atmosphère gothique et mystérieuse de Sleepy Hollow est fort agréable; s’ajoutent à cela un scénario bien dosé en humour et une interprétation loufoque de Johnny Depp qui plaira beaucoup à ses admirateurs. l The End of the Affair: le dernier film de Neil Jordan est absolument superbe! Adapté du roman de Graham Greene, il réunit à l’écran Ralph Fiennes et Julianne Moore (qui a démontré que les rôles de femme anglaise lui collent parfaitement à la peau!) tous les deux ayant très bien su rendre l’atmosphère du livre. Neil Jordan a, lui, avec sa réalisation, su «recréer» le livre sans rien entamer de son charme. End of the Affair sortira bientôt au Liban. Il est à ne pas rater! l Man on the Moon: après avoir transposé à l’écran la vie de Larry Flynt, Milos Forman explore celle de Andy Kaufman, un des humoristes légendaires des États-Unis. Jim Carrey est époustouflant dans ce rôle qui lui a valu son deuxième Golden Globe de suite (il recevra peut-être un Oscar également). Cependant, malgré des moments forts, le film prend trop l’allure d’une biographie, tellement qu’on finit par se lasser de la vie de Kaufman. l Fantasia 2000: il aura valu la peine d’attendre! 50 ans après le Fantasia initial, les studios Disney reprennent leur projet expérimental et le résultat est à couper le souffle. Projeté sur écran tri-dimentionnel, on y écoute de très beaux morceaux de musique, illustrés des plus belles images d’animation. Un petit chef-d’œuvre – pas si petit, en fait. l Toy Story 2: il est rare qu’une suite de film soit meilleure que l’original. Le pari est gagné pour Toy Story: Toy Story2 est original, amusant, inventif et techniquement excellent! Un plaisir pour jeunes et moins jeunes! l American Beauty: lauréat aux Golden Globes, le premier film de Sam Mendes n’arrête pas d’étonner. Depuis sa sortie sur les écrans britanniques, l’accueil critique et du public est enthousiaste. C’est normal: American Beauty réunit tous les ingrédients d’un bon film: scénario original, excellentes interprétations, réalisation intelligente! l Wonderland: il s’agit peut-être du film le plus personnel que Michael Winterbotom ait jamais réalisé. Le personnage principal de Wonderland est la ville de Londres, peinte avec sensibilité par Winterbotom. Il y a aussi ses habitants, personnages ordinaires à la recherche de situations qui sortent du commun. Un film riche en émotions et en belles images. Wonderland devrait sortir (un jour!) à Beyrouth. Du moins on l’espère.
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