Du double arbitrage, testé lors des rencontres de Coupe d’Italie, en passant par la vidéo, l’innovation est loin de faire recette chez les meilleurs sifflets européens, en stage sur l’île de Malte jusqu’à mercredi. Les Italiens Pierluigi Collina ou Stephano Brasci, deux des meilleurs directeurs de jeu du monde, sont d’accord pour affirmer que l’arbitrage à deux, qu’ils ont testé, «ne représente pas la panacée». Ils reconnaissent néanmoins, l’un comme l’autre, que l’essai est encore «trop récent pour donner un avis définitif». Les deux hommes avouent que ce système présente à leurs yeux bien des défauts. Le premier d’entre eux s’avère être le manque de formation pour cette forme de direction de jeu. «C’est une question de position sur le terrain et de perception du jeu», explique M. Brasci. D’autres arbitres, sans avoir essayé, ne cachent pas leurs réserves. Ils mettent en exergue différents problèmes : personnalité de la doublette, manque de concentration de l’arbitre car le jeu n’est pas dans son secteur... «Avec le double arbitrage, l’homme en noir n’a pas une vision globale mais une vision séquentielle de la rencontre», analyse Claude Colombo. «Nous avons vu des séquences où aucun des deux arbitres, même bien placés, ne prend la bonne décision», constatent plusieurs hommes en noir. Perfection La vidéo ne fait pas plus l’unanimité. «Un match doit être arbitré par des hommes, pas par des machines», assure M. Collina. «Malgré une multitude de caméras, la bonne décision est parfois impossible à prendre», renchérit M. Colombo. En revanche, l’ensemble du corps arbitral voit d’un bon œil l’augmentation des prérogatives des arbitres-assistants et la proposition étudiée par l’International Board, instance chargée des lois du jeu, de favoriser le respect de la distance réglementaire lors des coups francs. Outre l’avertissement au joueur récalcitrant, il s’agit, en cas de non-respect, de faire avancer le coup franc de 9,15 m jusqu’à la surface de réparation. «Plus le coup franc se rapproche des buts, plus il est dangereux», remarque avec justesse le Belge Michel Piraux. La direction de l’arbitrage européen se trouve sur la même ligne. Tant pour la loi sur le coup franc que pour le double arbitrage ou la vidéo sur laquelle le débat a été relancé après l’erreur du directeur de jeu en finale de la Coupe d’Afrique des nations. Il a refusé un tir au but valable à Victor Ikpeba. Bien que l’image télé témoigne, cette fois, de son utilité, le président de la Commission européenne de l’arbitrage Joseph Mifsud se dit opposé à l’utilisation de la vidéo. «L’image ne peut pas tout montrer», dit-il avec force. Conscient que l’arbitrage ne sera jamais parfait, M. Mifsud réclame d’ailleurs le droit à l’erreur. «L’erreur d’arbitrage fait partie du jeu. Quand le football sera parfait, il sera mort. Quand le football sera un jeu informatique, il n’existera plus», conclut-il.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Du double arbitrage, testé lors des rencontres de Coupe d’Italie, en passant par la vidéo, l’innovation est loin de faire recette chez les meilleurs sifflets européens, en stage sur l’île de Malte jusqu’à mercredi. Les Italiens Pierluigi Collina ou Stephano Brasci, deux des meilleurs directeurs de jeu du monde, sont d’accord pour affirmer que l’arbitrage à deux, qu’ils ont testé, «ne représente pas la panacée». Ils reconnaissent néanmoins, l’un comme l’autre, que l’essai est encore «trop récent pour donner un avis définitif». Les deux hommes avouent que ce système présente à leurs yeux bien des défauts. Le premier d’entre eux s’avère être le manque de formation pour cette forme de direction de jeu. «C’est une question de position sur le terrain et de perception du jeu», explique M....