L’importance de ce régulateur physiologique que représente l’horloge interne est connue de tous. Admirable ordinateur tapi dans l’ombre, elle régule de multiples fonctions qui permettent à la machine organique de fonctionner comme prévu par la nature. Hautement sophistiqué, très complexe, le fonctionnement de cette horloge invisible n’a pas livré tous ses secrets. Récemment, des travaux de recherche réalisés par deux chercheurs (Bruno Sicard de l’Institut de recherche pour le développement, de Bamaco (Mali) et Howard Cooper de l’Inserm de Lyon) ont permis de nouvelles notions sur l’influence de la lumière, naturelle ou artificielle, sur l’horloge interne. Première constatation de l’étude effectuée sur une espèce de rongeurs de l’Afrique (gerbilles), la lumière naturelle a une influence plus efficace que la lumière artificielle sur le contrôle de l’horloge interne. Elle permet une meilleure synchronisation des rythmes biologiques calés sur les 24 heures de la journée et liés à l’alternance jour-nuit chez les mammifères. Les chercheurs ont divisé les gerbilles en trois groupes. Les expériences ont ainsi eu lieu en obscurité totale, en lumière artificielle et en lumière naturelle, afin d’étudier les réactions organiques face à ces trois conditions d’éclairage (expression de la protéine C-Fos dans certains neurones du cerveau, localisés dans la zone abritant l’horloge interne). On est arrivé ainsi à savoir que l’intensité, la qualité et les effets des lumières artificielle et naturelle sont très différents. Ceci entraîne des variations permettant de s’adapter à des changements relatifs à la vie quotidienne. Les effets sur l’homme L’étude de l’impact de la lumière sur les rongeurs ouvre de vastes horizons à la recherche animale, certains pays africains, tel le Mali, souffrent de la pullulation de ces animaux, particulièrement néfaste à l’économie rurale. Chez l’homme, elle trouve son application en psychiatrie dans certains cas de dépression saisonnière, des troubles de sommeil, de l’appétit (boulimie) et autres. Sur le plan des applications thérapeutiques, deux tendances s’opposent. La première expose les malades à de fortes intensités lumineuses pendant une à deux heures. La seconde école impose une lumière sensiblement plus faible, variant lentement et graduellement durant une heure et demie. Les deux écoles s’opposent tout en reconnaissant l’efficacité de l’intervention lumineuse. Bien avant les résultats de l’expérience des deux chercheurs, en Afrique, les médecins reconnaissaient l’effet thérapeutique de la lumière sur la dépression sans réussir à se mettre d’accord sur la méthode des soins. Grâce aux récents travaux entrepris par les deux équipes, celle du Mali et celle de l’Inserm de Lyon qui, d’ailleurs, se poursuivent activement, on pourra mieux maîtriser la connaissance de tous les mécanismes de l’intervention lumineuse sur l’horloge interne, et particulièrement sur le psychisme.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’importance de ce régulateur physiologique que représente l’horloge interne est connue de tous. Admirable ordinateur tapi dans l’ombre, elle régule de multiples fonctions qui permettent à la machine organique de fonctionner comme prévu par la nature. Hautement sophistiqué, très complexe, le fonctionnement de cette horloge invisible n’a pas livré tous ses secrets. Récemment, des travaux de recherche réalisés par deux chercheurs (Bruno Sicard de l’Institut de recherche pour le développement, de Bamaco (Mali) et Howard Cooper de l’Inserm de Lyon) ont permis de nouvelles notions sur l’influence de la lumière, naturelle ou artificielle, sur l’horloge interne. Première constatation de l’étude effectuée sur une espèce de rongeurs de l’Afrique (gerbilles), la lumière naturelle a une influence plus efficace...