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Actualités - Analyse

Le différend Murr-Corm persiste Le Cabinet s'affaiblit de l'intérieur

La Chambre a certes voté le budget de l’année en cours. Mais à une majorité si étriquée, avec tant d’absences ou d’abstentions, que le Cabinet en sort avec une image de perdant. Il a subi pendant le débat des attaques virulentes, menées notamment par le bloc Joumblatt dont l’un des membres les plus éminents, M. Marwan Hamadé, s’est particulièrement distingué à cette occasion par son mordant. Le ministre des Finances s’est cependant défendu pied à pied. Il a mis l’accent sur les chiffres et sur la transparence, affirmant que le train était de nouveau sur rails, bien qu’il faille du temps pour le redressement. Cependant, ce ministre, M. Georges Corm, se trouve être la cible de critiques émanant aussi bien de certains de ses collègues au sein du gouvernement que des opposants. Il fait ainsi l’objet d’une singulière sollicitude de la part de son influent collègue de l’Intérieur, M. Michel Murr. Ce dernier l’accuse de bloquer les fonds revenant aux municipalités. Et il lui a adressé une note lui demandant de déposer immédiatement ces fonds auprès de la Banque centrale, d’y ouvrir un compte pour la Caisse autonome des municipalités auprès du service de la comptabilité des caisses étatiques. Le ministre de l’Intérieur, qui est également en charge du portefeuille des municipalités, veut également que l’on confie à la Banque centrale, pour le compte des municipalités, la part qui revient à celles-ci dans les taxes et impôts perçus par le Trésor. La note se conclut sur un véritable ultimatum : si, dans un délai de dix jours, les finances ne se sont pas exécutées «nous nous verrions contraints d’en référer aux organismes étatiques spécialisés, Cour des comptes, inspection financière et autres parquets financiers». Cela fait en réalité deux bonnes semaines que dans ses assises privées, M. Murr s’en prend à M. Corm à cause du blocage de ces fonds municipaux, dont les agglomérations ont besoin pour réaliser les projets qui leur tiennent à cœur. Le ministre de l’Intérieur fait également valoir que la disponibilité de ces crédits permettrait de créer des emplois et d’activer un peu la roue économique actuellement immobile. M. Murr ajoute dans le même sens que les fonds seraient de la sorte injectés dans un marché inerte pour le ranimer. Aux députés qu’il rencontre régulièrement le mardi et qui le relancent sans cesse en faveur des municipalités de leurs districts respectifs, M. Murr a donc promis de faire de son mieux pour débloquer ces fonds, retenus selon lui par le ministère des Finances. Il laisse entendre que le titulaire de ce portefeuille-clé ne suit pas la bonne stratégie. Abondant dans ce sens, nombre de députés pensent qu’au lieu de chercher à réduire à tout prix la dette publique et le déficit budgétaire, le pouvoir devrait se préoccuper avant tout de relancer la croissance, ce qui implique un surcroît de dépenses de la part du service public. De leur côté, d’autres ministres se plaignent que les Finances entravent les formalités de leurs départements à caractère financier, sous prétexte de contrôle pointu. Ils font notamment allusion aux fonds destinés à payer des entrepreneurs ou des hôpitaux conventionnés. Ces ministres affirment à leur tour que le paiement de ces dettes activerait un peu la machine économique actuellement grippée. Comme on voit, la bonne entente règne au sein du Cabinet. Qui est en train de vivre, en fait, une fin de règne, du moment qu’il devra rendre son tablier à l’issue des prochaines législatives. On ne pourra cependant pas dire que l’équipe se sera distinguée par l’élégance de son départ ni qu’elle aura su, jusqu’à la fin, laver son linge sale en famille sans que nul au dehors ne le sache. Il reste que, selon des loyalistes, le président Sélim Hoss va maintenant s’employer à rabibocher MM. Murr et Corm. Il a de bonnes chances de réussir en principe car le différend entre les deux hommes n’a rien de personnel.
La Chambre a certes voté le budget de l’année en cours. Mais à une majorité si étriquée, avec tant d’absences ou d’abstentions, que le Cabinet en sort avec une image de perdant. Il a subi pendant le débat des attaques virulentes, menées notamment par le bloc Joumblatt dont l’un des membres les plus éminents, M. Marwan Hamadé, s’est particulièrement distingué à cette occasion par son mordant. Le ministre des Finances s’est cependant défendu pied à pied. Il a mis l’accent sur les chiffres et sur la transparence, affirmant que le train était de nouveau sur rails, bien qu’il faille du temps pour le redressement. Cependant, ce ministre, M. Georges Corm, se trouve être la cible de critiques émanant aussi bien de certains de ses collègues au sein du gouvernement que des opposants. Il fait ainsi l’objet...