M. Antoine Wakim, PDG de la Sna et représentant du patronat au conseil d’administration de la CNSS, s’impatiente. Sept mois après la désignation du nouveau conseil d’administration de la Caisse, rien n’a encore été fait. «On est toujours à la case départ concernant les réformes financières et administratives. Aucun progrès dans ce sens n’a été enregistré en dépit de réunions de travail hebdomadaires», dit-il. M. Wakim est persuadé qu’une réforme de la politique sociale sera vaine si son application devait être confiée à la CNSS dans son état actuel. «La Caisse n’est pas crédible», dit-il. Et pour cause. Depuis 1992, il n’y a pas eu de clôture de comptes. Et aujourd’hui encore, les responsables continuent de tergiverser dans le but de retarder toute opération d’audit des comptes. Sur recommandation du chef du gouvernement Sélim Hoss, cette opération aurait dû être confiée à six sociétés internationales spécialisées. Gestion caduque, administration désuète et dépassée. Telle est la situation à la CNSS «où l’on continue de donner des chiffres écrits à la main». Elle emploie quelque 1400 salariés, dont 30 % sont improductifs. Non seulement l’employé coûte en moyenne 40 000 dollars par an (indemnités de fin de service comprises), soit le double de ce que coûte un employé de banque pour une productivité nettement inférieure, mais de plus il bénéficie d’un traitement privilégié comparé à celui s’appliquant aux autres fonctionnaires. À titre d’exemple, il profite de l’assurance-maladie même après avoir pris sa retraite. Le coût de l’employé de la Sécurité sociale est le plus élevé parmi les pays du bassin méditerranéen, y compris la France. Le représentant du patronat préconise «une sortie dans la dignité des employés improductifs», dans les meilleurs délais, et le recrutement de jeunes cadres qualifiés pour prendre en main la modernisation de l’administration de la Caisse. «En l’absence d’une crédibilité financière, la Caisse nationale de Sécurité sociale ne peut jouer son rôle de banque sociale du pays», fait-il valoir. «Une réforme de la politique sociale échouera en l’absence d’une réforme administrative de la Caisse», souligne pour sa part Roger Melki, économiste consultant. La réforme administrative doit se faire à court et moyen termes. Il s’agit par ailleurs de procéder à une réforme au niveau de la gestion des fonds. À cela vient s’ajouter un grave problème, celui du niveau relativement élevé des frais de gestion en pourcentage des prestations. «Ces frais sont passés de 25 à 15 % mais il reste beaucoup à faire», dit-il. L’application du système de capitalisation ne serait-il pas à la base du dysfonctionnement de la branche des indemnités de fin de service ? «Le système de capitalisation est le système le plus rationnel au niveau de la gestion des fonds. Mais le blocage de l’administration de la Caisse et l’inflation ont fait que les fonds disponibles pour les indemnités ont perdu presque les deux tiers de leur valeur», souligne-t-il. M. Melki se prononce par ailleurs pour une extension non seulement des services fournis par la Caisse mais aussi de la population couverte. «À condition que cette extension soit liée à des cotisations», fait-il remarquer.
M. Antoine Wakim, PDG de la Sna et représentant du patronat au conseil d’administration de la CNSS, s’impatiente. Sept mois après la désignation du nouveau conseil d’administration de la Caisse, rien n’a encore été fait. «On est toujours à la case départ concernant les réformes financières et administratives. Aucun progrès dans ce sens n’a été enregistré en dépit de réunions de travail hebdomadaires», dit-il. M. Wakim est persuadé qu’une réforme de la politique sociale sera vaine si son application devait être confiée à la CNSS dans son état actuel. «La Caisse n’est pas crédible», dit-il. Et pour cause. Depuis 1992, il n’y a pas eu de clôture de comptes. Et aujourd’hui encore, les responsables continuent de tergiverser dans le but de retarder toute opération d’audit des comptes. Sur...
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