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Actualités - Reportages

C'est jeune ... Carole Samaha : l'étoffe d'une grande (photo)

Carole Samaha a une présence, cette graine de star «100 % véritable» qui ne pousse que sur des terrains fertiles. Elle a beau vouloir brouiller les pistes, danseuse, actrice, chanteuse, rousse bouclée version 1999 ou brune diaphane d’un autre siècle, elle est vite trahie par une attitude, une personnalité. «Inta Min ?», qui es-tu, serait-on tenté de lui demander ? Elle, qui ne cesse de poser cette même question dans son nouveau clip «Bisabah al-Alf al-Talet», mélodie et succès de Mansour et Oussama Rahbani diffusée sur la LBC depuis un mois. Vêtue d’une robe rouge, elle se dresse comme un point d’interrogation au milieu de cette multitude de musiciens tout de noir vêtus, points de suspension venus déverser leurs mélodies sur un très beau texte, sur une très belle voix, chaude, puissante, remuante. Carole est une artiste complète et accomplie qui éclaire de sa présence restée très simple les lieux où elle se trouve. Son sourire est vrai, tout comme son regard, éclatant. Son discours est cohérent. Carole Samaha a de la classe, et sa – belle – tête sur des épaules solides. «Inta min?», la question est enfin posée. Il y a d’abord la chanteuse, nourrie de musique et d’art, auprès d’un père, Antoine Samaha, chanteur et professeur de lettres, qui berce son enfance avec des airs de Tchaïkovski, Beethoven ou encore Abdel Wahab. L’enfant retient, la musique devient une nécessité, un langage. Ses premiers mots seront sans doute chantés, ses premiers pas dansés. Personne ne s’en étonnera. Quelques années plus tard, la jeune Carole – qui se fait remarquer par sa belle voix – imite la grande Feyrouz devant le miroir de sa chambre d’adolescente, cigale heureuse dans un théâtre imaginaire. Ses talents de chanteuse – et d’actrice – se laissent deviner. La cantatrice en herbe connaît déjà du bout du cœur ses choix, ses préférences, l’itinéraire à suivre et qu’elle va suivre. Elle fera du théâtre, elle en est sûre; elle sait qu’elle possède déjà la matière, acquise dans une maison où l’on parlait, respirait, critiquait constamment l’univers des planches. Et personne ne s’en étonnera. Bien au contraire, ses parents l’encouragent à épanouir ses talents, savourer cette passion collective, aller au bout du rêve. Un véritable caméléon Elle y pénètre par la porte d’entrée, passage obligé pour la vraie professionnelle qu’elle est, en entreprenant des études scéniques à l’Iesav. Quatre belles années où elle apprend la mise en scène et l’interprétation, où elle affine ses talents, absorbant avec appétit et plaisir toutes les ficelles d’un art qu’elle chérit et respecte. Sur le terrain, beau terrain de la scène, elle apparaît une première fois en public en 1994, dans «La maison de Bernarda Alba» de Garcia Lorca, mis en scène par Michel Jabre. Du théâtre à la danse, il suffisait d’un pas – de danse bien sûr… Grand saut gracieux mais pas périlleux qu’elle accomplit en solo ou en groupe. Elle s’amuse, jeune femme des temps modernes, sur des airs de Oussama Rahbani, chantant et dansant son envie de changer l’ordre des choses, avec «Hayda Lebnan» et «Lazem ghaier al-nizam». Carole a plus d’une facette à dévoiler. Elle se cherche en même temps que nous la cherchons et se trouve dans des rôles différents. Femme multiple avec, toujours, cette grâce pudique et mystérieuse. Elle vit tellement son rôle que le spectateur y croit et se demande encore une fois qui est Carole Samaha ? Serait-elle la vieille Bernarda, vieille jusque dans son attitude, sa voix, son âme, qu’il devient presque impossible de deviner sa jeunesse derrière le masque de l’interprétation ; serait-elle l’adoratrice de Dieu, «Achikatou Allah», monodrame où elle partage la scène avec Nidaa’ Abou Mrad, ou encore Warda dans «Toukous Alicharat wal tahawoulat», orchestrée par Nidal el-Achkar ou enfin «Théodora» qui vécut les «derniers jours de Socrate» au Casino du Liban sous la baguette magique de Mansour Rahbani ? Carole demeure cette femme qui chante de tout son corps, danse de toute sa voix, de toute son âme. Elle se donne entièrement et choisit ses rôles avec la patience d’une fourmi qui ne veut pas faire de mauvais choix, ne quittant son habit de scène qu’après y avoir déposé l’empreinte de son talent. Cet été, elle a participé au Festival de Baalbeck en s’envolant sur une chorégraphie de Caracalla; elle vient de terminer le tournage de deux feuilletons télévisés, le premier libanais, intitulé «Noura», et le second, pur produit jordanien, «Gardenia». Elle prépare pour avril une nouvelle pièce avec ses complices les Rahbani sur Jésus-Christ, où elle interprète le rôle de… Marie-Madeleine. «Je suis un être de contradictions, de variations… répondra enfin Carole. Je suis un caméléon», qui a su prendre les couleurs de la réussite, sans en rougir. Personne ne s’en est étonné.
Carole Samaha a une présence, cette graine de star «100 % véritable» qui ne pousse que sur des terrains fertiles. Elle a beau vouloir brouiller les pistes, danseuse, actrice, chanteuse, rousse bouclée version 1999 ou brune diaphane d’un autre siècle, elle est vite trahie par une attitude, une personnalité. «Inta Min ?», qui es-tu, serait-on tenté de lui demander ? Elle, qui ne cesse de poser cette même question dans son nouveau clip «Bisabah al-Alf al-Talet», mélodie et succès de Mansour et Oussama Rahbani diffusée sur la LBC depuis un mois. Vêtue d’une robe rouge, elle se dresse comme un point d’interrogation au milieu de cette multitude de musiciens tout de noir vêtus, points de suspension venus déverser leurs mélodies sur un très beau texte, sur une très belle voix, chaude, puissante, remuante. Carole est...