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Actualités - Chronologie

Le conflit menace de s'installer dans la durée

Le conflit ouvert entre le général Wiranto et le président indonésien Abdurrahman Wahid, qui nourrit les rumeurs de coup d’État militaire et compromet la fragile stabilité politique et les espoirs de reprise économique du pays, s’installe dans la durée. Une brève déclaration du ministre de la Défense a, en effet, écarté toute issue rapide à une crise dont l’enjeu est l’autorité du président Wahid, le premier chef d’État indonésien démocratiquement élu, sur son cabinet et sur les forces armées. M. Yuwono Sudarsono a ainsi confirmé avoir bien transmis au général Wiranto la demande de démission de son poste de ministre de la Sécurité et des Affaires politiques faite la première fois lundi dernier depuis la Suisse par le président Wahid. M. Sudarsono, jusqu’à ces dernières 48 heures officiellement «malade», n’a pas précisé qui, derrière ce «nous», étaient les personnes qui avaient accepté que le général Wiranto, un général ambitieux qui doit toute sa carrière à l’ex-président Suharto, reste à son poste malgré l’ordre formel du président. Le président Wahid a demandé la démission du général Wiranto du gouvernement à la suite d’un rapport mettant en cause sa responsabilité dans les atrocités commises au Timor-Oriental. Les analystes, tant indonésiens qu’occidentaux, avaient déjà relevé que le général avait assisté à un Conseil des ministres sans que ses collègues ou la vice-présidente, Mme Megawati Soekarnoputri, qui le présidait, y trouvent à redire. Le «refus d’obéissance» est cependant flagrant, constitutionnellement en effet le président nomme et renvoie les ministres à sa guise et il est le «chef suprême» des forces armées. «L’autorité du président est ainsi doublement bafouée par le général Wiranto», commentait ainsi vendredi un diplomate, ajoutant «d’une certaine manière et techniquement parlant, c’est déjà un coup d’État». Les rumeurs de coup de force sont quotidiennement démenties et écartées, tant par les responsables de l’armée indonésienne que par les personnalités politiques. Mais elles sont, en revanche, nourries par le président Wahid lui-même qui a fait ainsi état, à La Haye, de réunions suspectes de généraux et de «mains sales» derrière des préparatifs d’organisation de manifestations de militants islamiques. Dans son bras de fer avec le général Wiranto, le président Wahid a reçu un soutien appuyé des capitales occidentales, et en premier lieu de Washington. Il apparaît en revanche beaucoup plus seul sur la scène politique indonésienne alors que l’ancien commandant en chef des forces armées commence, lui, à recevoir l’appui des milieux islamiques fondamentalistes. Le petit Parti de la communauté islamique, membre d’une coalition qui avait pourtant voté pour M. Wahid lors de l’élection présidentielle d’octobre dernier, a demandé qu’il démissionne «en raison de son état de santé». Les personnalités politiques indonésiennes qui se sont prononcées publiquement, comme Amien Raïs, le président de l’Assemblée consultative du peuple, ou Akbar Tanjung, le président du Golkar, ont en effet appelé le président à ne pas se presser et à «dialoguer» avec le général Wiranto. Une majorité d’éditorialistes et commentateurs indonésiens ont également souligné, pour le regretter, le manque de forme dans la manière dont la démission de M. Wiranto a été demandée ou le fait que, tant que le général n’avait pas été condamné, rien ne s’opposait à ce qu’il reste à son poste. D’autres font remarquer qu’il est injuste qu’il soit le seul à être sanctionné alors que le rapport de la commission d’enquête indonésienne sur les atrocités au Timor-Oriental cite une trentaine de noms, dont ceux de 5 autres généraux.
Le conflit ouvert entre le général Wiranto et le président indonésien Abdurrahman Wahid, qui nourrit les rumeurs de coup d’État militaire et compromet la fragile stabilité politique et les espoirs de reprise économique du pays, s’installe dans la durée. Une brève déclaration du ministre de la Défense a, en effet, écarté toute issue rapide à une crise dont l’enjeu est l’autorité du président Wahid, le premier chef d’État indonésien démocratiquement élu, sur son cabinet et sur les forces armées. M. Yuwono Sudarsono a ainsi confirmé avoir bien transmis au général Wiranto la demande de démission de son poste de ministre de la Sécurité et des Affaires politiques faite la première fois lundi dernier depuis la Suisse par le président Wahid. M. Sudarsono, jusqu’à ces dernières 48 heures officiellement...