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Actualités - Chronologie

Wall Street, ou la nouvelle ruée vers l'or

Wall Street, la Bourse américaine, a été le véritable moteur de la plus longue période de croissance de l’histoire des États-Unis offrant aux épargnants des retours sur investissement positifs depuis 1991 et aux entreprises de nouvelles sources de financement par l’actionnariat. Le principal indice de la Bourse américaine, le Dow Jones Industrial Average, a plus que quadruplé depuis 1990, sa dernière année de baisse. La progression météorique des valeurs de l’informatique et de l’Internet fait des dirigeants de ces sociétés et de leurs actionnaires les égaux des Rockfeller, Morgan et Carnegie du début du siècle. Bill Gates, le fondateur du fabricant de logiciels informatiques Microsoft, est le symbole de cette nouvelle génération avec une fortune évaluée à plus de cent milliards de dollars. Il est aujourd’hui, à 44 ans, l’homme le plus riche du monde. À l’heure de l’économie de l’Internet, les fabricants d’ordinateurs et d’équipements électroniques, les concepteurs de logiciels et de sites Web font fortune. «On peut comparer cela avec la ruée vers l’or. Les mineurs n’ont pas fait fortune mais les vendeurs de pioches si», souligne John Lipsky, chef économiste à la Chase Manhattan Bank. Pour la première fois en 50 ans, la valeur des avoirs en actions des ménages américains a dépassé en 1997 celle de leurs actifs immobiliers. Près de la moitié des 100 millions de ménages américains détiennent maintenant des actions et le nombre de comptes d’investissement boursier en ligne approche les dix millions pour moins de 4 millions en 1997 et 1,5 million en 1996. Plutôt que de garder sagement leur argent en bons du Trésor ou sur des comptes d’épargne bancaire faiblement rémunérés, les Américains placent leur argent en Bourse et regardent grimper les actions de leur «401-K» (retraite payée par l’employeur) et de leur «Individual Retirement Account» (plan individuel d’épargne retraite). La croissance économique permet aussi à l’État d’engranger davantage de recettes fiscales, de dégager des surplus budgétaires, de réduire la dette nationale et de baisser l’impôt sur le revenu. Les règles de prudence des générations précédentes sont souvent oubliées. Les témoins directs de la crise de 1929 et de son cortège de ruine et de chômage sont aujourd’hui rares et ceux qui mettent en garde contre les risques d’un nouveau krach boursier sont écoutés avec un ennui poli. Le taux d’épargne des ménages, qui ne tient pas compte des plus-values boursières, est au plus bas. Plutôt que d’investir sur le long terme, les investisseurs font tourner leur portefeuille à la recherche des meilleurs placements. D’encore deux ans au début 1990, la durée moyenne de détention d’un titre est tombée maintenant à huit mois. Les prêts hypothécaires sont souvent gagés sur la valeur des portefeuilles boursiers et certains spéculateurs n’hésitent pas à acheter des actions sur leur carte de crédit, certains que la progression des Bourses leur permettra de remBourser leur dette tout en empochant un confortable bénéfice. «L’effet richesse» induit par la valorisation des portefeuilles boursiers pousse les ménages à consommer sans cesse davantage, au risque de créer un déséquilibre entre l’offre et la demande. «C’est ce déséquilibre entre la progression de l’offre et celle de la demande qui porte les germes d’une hausse de l’inflation et de pressions financières qui pourraient saper l’actuelle période de croissance», a toutefois prévenu récemment Alan Greenspan, le président de la Banque fédérale de réserve américaine.
Wall Street, la Bourse américaine, a été le véritable moteur de la plus longue période de croissance de l’histoire des États-Unis offrant aux épargnants des retours sur investissement positifs depuis 1991 et aux entreprises de nouvelles sources de financement par l’actionnariat. Le principal indice de la Bourse américaine, le Dow Jones Industrial Average, a plus que quadruplé depuis 1990, sa dernière année de baisse. La progression météorique des valeurs de l’informatique et de l’Internet fait des dirigeants de ces sociétés et de leurs actionnaires les égaux des Rockfeller, Morgan et Carnegie du début du siècle. Bill Gates, le fondateur du fabricant de logiciels informatiques Microsoft, est le symbole de cette nouvelle génération avec une fortune évaluée à plus de cent milliards de dollars. Il est...