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Actualités - Chronologie

L'Europe menacée de paralysie progressive

L’Europe risque de fonctionner au ralenti avec une Autriche mise en quarantaine par ses quatorze partenaires, notamment sur les deux grands dossiers de la réforme des institutions européennes et de l’élargissement de l’Union, estiment les milieux européens. Sur le plan formel, un nouveau gouvernement autrichien, formé des conservateurs de l’OeVP et de l’extrême droite FPOe de Joerg Haider participera normalement aux Conseils des ministres européens et aux sommets. Les représentants autrichiens auront le droit de parole et d’initiative comme les quatorze autres pays de l’Union. De son côté, la Commission européenne a fait savoir qu’elle aurait des «relations de travail normales» avec les nouvelles autorités autrichiennes, mais que les activités du nouveau gouvernement seraient placées sous «haute surveillance». Les officiels autrichiens seront donc accueillis normalement à Bruxelles pour des visites de travail aux institutions européennes. Les décisions des 14 autres pays de l’UE de geler tous les contacts officiels en cas de participation au pouvoir de l’extrême droite autrichienne ne s’appliquent en effet qu’aux relations bilatérales et non au fonctionnement des institutions de l’UE. Plusieurs pays européens, notamment la France et la Belgique, ont clairement dit qu’il ne peut y avoir de «relations de confiance» avec un gouvernement comprenant le FPOe. Le risque de blocage est évident sur les deux grands dossiers politiques européens de l’heure : la réforme des institutions européennes, qui doit être décidée d’ici la fin 2000 par une Conférence intergouvernementale (CIG) dont les travaux débuteront le 14 février à Bruxelles, et les négociations sur l’élargissement menées de concert avec dix pays d’Europe de l’Est, Chypre et Malte. Pour ces dossiers, l’unanimité est requise et l’Autriche, même isolée, reste maîtresse du jeu, si le nouveau gouvernement de Vienne le désire. «On peut se demander dans ces conditions comment on pourra conclure avant la fin de cette année, puis faire ratifier le traité visant à réformer les institutions européennes avant l’élargissement», s’interroge le député européen français (UDF) Jean-Louis Bourlanges. «Il n’y a aucun moyen juridique d’empêcher le FPOe de Joerg Haider de bloquer tout nouveau progrès de l’intégration européenne, notamment en matière d’immigration», a-t-il ajouté. Officiellement, le probable nouveau chancelier autrichien Wolfgang Schuessel a assuré qu’il ne ferait pas d’obstruction, mais les positions autrichiennes très restrictives sur l’élargissement, l’immigration et le droit d’asile laissent peu de chances à des projets ambitieux dans les prochains mois, soulignent les experts. Dans un premier temps, les ministres autrichiens en «liberté surveillée» adopteront probablement un profil bas lors des réunions européennes normales pour convaincre leurs partenaires de lever progressivement l’ostracisme à leur égard. Ils éviteront soigneusement des «atteintes graves et durables aux droits de l’homme» qui permettraient à leurs partenaires de proposer leur mise en congé, en s’appuyant sur l’article 6 du Traité d’Amsterdam. Deux hypothèses sont alors possibles : soit le front uni des Quatorze commence lentement à s’effriter et le chancelier autrichien Wolfgang Schuessel réussit à convaincre ses partenaires qu’il dirige la manœuvre, soit le blocage entre Vienne et les Quatorze s’accentue, ce qui risque d’amener une paralysie progressive de l’Europe.
L’Europe risque de fonctionner au ralenti avec une Autriche mise en quarantaine par ses quatorze partenaires, notamment sur les deux grands dossiers de la réforme des institutions européennes et de l’élargissement de l’Union, estiment les milieux européens. Sur le plan formel, un nouveau gouvernement autrichien, formé des conservateurs de l’OeVP et de l’extrême droite FPOe de Joerg Haider participera normalement aux Conseils des ministres européens et aux sommets. Les représentants autrichiens auront le droit de parole et d’initiative comme les quatorze autres pays de l’Union. De son côté, la Commission européenne a fait savoir qu’elle aurait des «relations de travail normales» avec les nouvelles autorités autrichiennes, mais que les activités du nouveau gouvernement seraient placées sous «haute...