Le dollar est resté offert hier, à Beyrouth, dans un marché dépourvu d’intérêts à la demande, lui permettant de frôler le bas de la fourchette d’intervention de la Banque du Liban (BDL) maintenu en l’état à 1 501,00 LL, comme le haut de cette fourchette à 1 514,00 LL. En effet, le billet vert a dû clôturer la journée au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier, pendant que les établissements de crédit le négociaient pratiquement entre 1 501,50 et 1 502,50 LL, après un départ entre 1 502,00 et 1 504,00 LL. Pourtant le marché ne devait pas prendre beaucoup de dimensions avec un volume d’affaires ne dépassant pas quelque dix millions de dollars, entièrement échangés à l’achat et à la vente par les banques de la place, ont indiqué les cambistes. Remontée en flèche de l’euro À l’étranger, la monnaie unique européenne a continué de monter contre le dollar sur les marchés des changes internationaux, hier, après la décision inattendue de la Banque centrale européenne (BCE) de relever son taux directeur d’un quart de point en pourcentage à 3,25 % et de lui apporter clairement son soutien en exprimant son inquiétude que la poursuite de sa dépréciation finisse par attiser les pressions inflationnistes dans la zone euro. C’est ainsi qu’après un fléchissement à l’annonce de la nouvelle, la monnaie européenne s’est redressée. En insistant sur le lien entre la dépréciation de l’euro et la montée des pressions inflationnistes, la BCE a manifesté une politique plus volontariste envers la devise européenne. Alors que jusqu’à maintenant la politique des changes de la BCE semblait désinvolte, le fait de décider de relever ses taux maintenant manifeste une attitude plus active face au repli de sa devise, fait-t-on remarquer dans les milieux cambistes. La monnaie unique a aussi profité de l’annonce par la Commission européenne que son indice mesurant la confiance économique aurait grimpé le mois dernier à un niveau historique à 105,70 points dans la zone euro contre 105,30 points en décembre 1999. Cela d’autant que le président de la BCE, Wim Duisenberg, laissait entendre hier lors de sa conférence de presse qu’une économie forte devrait s’accompagner d’une monnaie forte, soulignant également la forte expansion du Produit intérieur brut (PIB) de la zone euro au quatrième trimestre 1999 par rapport au troisième trimestre. Enfin, la devise européenne a été aussi soutenue. selon certains analystes, par des rumeurs d’accord entre Vodafone et Mannesmann qui permettrait un afflux de cash dans la zone euro. Cela étant, le dollar ne tardait pas à céder du terrain face aux autres grandes monnaies, à l’exception du sterling qui a dû, lui aussi, souffrir de la vigueur de l’euro. À cet égard, la décision de la Banque nationale suisse de relever l’objectif de sa fourchette de fluctuation de son taux d’intérêt directeur (le LIBOR) à trois mois d’un demi-point en pourcentage, est venue soutenir non seulement le franc suisse, mais aussi l’euro face à un dollar devenu de plus en plus vulnérable après l’accès de faiblesse de Wall Street. Eu égard à toutes ces considérations, l’annonce hier par le département américain du Commerce que les commandes à l’industrie auraient augmenté de 3,3 % en décembre, soit son plus haut niveau jamais atteint depuis décembre 1992, contre 1,4 % en novembre, est passée comme inaperçue. Le dollar a donc continué de glisser, se négociant à New York, comme suit : – 0,9901 pour un euro contre 0,9765, la veille – 1,5955 pour un sterling contre 1,6085 – 1,9755 DM contre 2,0030 – 6,6250 FF contre 6,7180 – 1,6250 FS contre 1,6505 – 1 955,65 lires contre 1 983,10 – 107,75 yens contre 108,15. Bourse de Beyrouth : statu quo prolongé La Bourse de Beyrouth a observé encore hier un statu quo avec le maintien en l’état de toutes les actions de sociétés ayant fait l’objet d’échanges, notamment celles de Solidere des deux catégories et des banques. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a reproduit son niveau de la veille à 77,45 points ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires à 176,80 points. Ce mouvement s’est produit hier dans un marché plus nourri que la veille avec 119 505 actions négociées d’une valeur globale de 316 800 dollars. Wall Street : tendance contrastée Sur les places boursières internationales, la tendance a été partagée à Wall Street au lendemain du resserrement monétaire décidé la veille par la Réserve fédérale américaine (Fed). D’un côté, la Bourse électronique Nasdaq a continué sur sa lancée, les valeurs de la haute technologie et de l’Internet ne semblant pas être effrayées par la mention par le Comité monétaire de la Fed des risques d’inflation pesant sur l’économie américaine. Alors que, d’un autre côté, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles (DJIA), après un démarrage musclé, a fait preuve de plus de prudence dans l’attente des chiffres de l’emploi aux États-Unis en janvier devant paraître aujourd’hui pour se faire une idée plus claire sur les risques inflationnistes tant redoutés par la Fed. Toutefois, quelques résultats de sociétés, dont Colgate-Palmolive, et l’annonce de fusions entre autres sociétés, dont Warner-Lambert et Pfizer, ainsi que la création de sociétés communes entre Eastman Kodak et Hewlett-Packard, ont redonné plus d’actualité aux placements dans les grandes valeurs traditionnelles. En effet, le DJIA a dû fluctuer entre un plus bas à 10 842,26 points et un plus haut à 11 079,52 points, avant d’afficher en préclôture 11 030,82 points, en légère hausse de 27,62 points sur la veille. Forte hausse des Bourses européennes Les Bourses européennes ont affiché pour la plupart des hausses sensibles hier en clôture, et certaines mêmes de nouveaux records, en dépit du relèvement relativement inattendu des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE). Les marchés semblent avoir particulièrement apprécié le fait que Vodafone AirTouch paraisse sur le point d’emporter Mannesmann dans le cadre de la plus grande fusion d’entreprises jamais opérée en Europe. La BCE a relevé d’un quart de point ses trois taux directeurs, à 3,25 % pour le taux d’intervention, à 2,25 % pour le taux des dépôts et à 4,25 % pour le taux des prêts. La décision de la BCE fait suite à celle prise la veille par la Fed américaine, qui a, elle aussi, relevé ses taux directeurs de 0,25 point. Plus généralement, cette hausse des taux européens dissipe certaines craintes à propos de l’orientation de la politique monétaire. Toujours est-il que Paris, Francfort et Milan, ainsi que l’indice Euro STOXX 50 ont inscrit de nouveaux records. Paris a progressé de 3,41 %, Francfort de 2,54 % et Milan de 2,22 %. Le STOXX 50 après 67,41 points à 4 762,85. Les indices sectoriels des télécoms, des médias et des high-techs du STOXX ont tous aussi atteint de nouveaux sommets. «La hausse de 25 points de base de la BCE n’est pas une surprise et cela soulage quelque peu la tension en ce qu’une hausse des taux d’intérêt ne portera pas préjudice à la croissance européenne», a commenté Thierry Rojat (Lombard Odier). Les marchés boursiers ont surtout apprécié que des deux côtés de l’Atlantique le resserrement monétaire se soit limité à un quart de point. Les marchés obligataires ont, eux aussi, salué la chose par une forte baisse des rendements. Baisse des rendements obligataires, solides résultats de sociétés et fusions ont en définitive permis aux valeurs de pointe de reprendre l’ascendant et de tirer l’ensemble de la cote. À Francfort, les investisseurs recomposent leurs portefeuilles en faveur de Deutsche Telekom, car ils supposent que Mannesmann va finalement fusionner avec Vodafone et sera retiré de l’indice DAX. Mannesmann a enregistré une progression de 130 % depuis le 22 octobre, en raison notamment de la bataille qui a fait rage trois mois durant entre l’assiégé allemand et l’attaquant anglo-américain. Or il semble qu’aujourd’hui, le conseil de surveillance de Mannesmann doive donner son aval à un rapprochement amical avec Vodafone. Mannesmann a perdu plus de 7,0 % en cours de séance, mais a refait tout le terrain perdu et termine finalement en hausse de 0,15 % à 325,50 euros. Deutsche Telekom gagne 12,65 % à 83,70 euros. À Londres, Vodafone cède 3,75 % mais, en revanche, les autres valeurs des télécoms que sont Colt Telecom, Energis et Telewest Communications ont atteint des hausses respectives de 15,3 %, 13,8 % et 15,8 %, faisant progresser l’indice FTSE de 28 points. Vodafone au contraire en a retranché 22. Rien que sur Vodafone, près d’un milliard de titres ont changé de mains, alors que le volume total de Londres a été de 2,5 milliards de pièces. Autre grand perdant de la journée à Londres, BP Amoco qui a reculé de 3,7 % en réaction à une décision de la justice américaine hostile à son projet de racheter Atlantic Richfield. BP Amoco a retranché 19 points au FTSE. Reuters, qui a annoncé un accord avec Equant pour un réseau IP (Internet Protocol) destiné aux sociétés financières, a progressé de 12,32 %. Tokyo : au plus haut depuis août 1997 La Bourse de Tokyo a clôturé jeudi à un plus haut depuis deux ans et demi, grâce à la baisse du yen, qui soutient les valeurs exportatrices, au bond du titre Sony et aux espoirs suscités par les nouveaux fonds d’investissement. Le Nikkei a gagné 207,51 points (+1,1 %), à 19 786,42, soit son niveau le plus haut depuis le 1er août 1997, qui avait enregistré une clôture à 19 804,38. L’indice élargi Topix a progressé de 17,62 points à 1 729,48. Le volume des échanges était estimé à 625 millions d’actions contre 648,4 millions mercredi. Les courtiers estiment que l’indice Nikkei pourrait bientôt atteindre les 20 000 points, marquant ainsi un véritable tournant pour la Bourse japonaise, mais ils soulignent qu’il faut encore des signes clairs de reprise économique dans le pays. «Les investisseurs sont encouragés par la récente faiblesse du yen face au dollar, qui a rassuré les producteurs», a déclaré Toshiaki Yui, courtier chez Nomura Securities, rappelant que la force du yen entamait les bénéfices des sociétés exportatrices. Selon Masatoshi Sato, opérateur à la Kankaku Securities, «avec l’amélioration de l’opinion des investisseurs, il est vraisemblable que le Nikkei atteigne le seuil psychologique des 20 000 points tôt ou tard». «Mais si la reprise japonaise ne se confirme pas, le Nikkei pourrait facilement subir de forts mouvements de vente», a-t-il ajouté. Le ministre des Finances Kiichi Miyazawa a prévu jeudi qu’une reprise durable au Japon, menée par la demande des ménages, était juste une question de mois, et qu’elle prendrait la relève de la croissance alimentée par de fortes dépenses publiques.
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