John McEnroe avait réalisé le plus compliqué, réunir sous la même bannière les deux meilleurs joueurs du monde, Andre Agassi et Pete Sampras, pour une reconquête américaine attendue de la Coupe Davis, qui échappe aux États-Unis depuis maintenant cinq ans. Les aléas du sport en ont décidé autrement et en fait de «dream team», McEnroe, pour ses débuts de capitaine à Harare contre le Zimbabwe des frères Black, devra faire sans Sampras et sans Todd Martin. Des débuts difficiles donc pour l’ancien enfant terrible du tennis mondial qui a dû bricoler une équipe à la hâte en appelant au dernier moment Chris Woodruff, sur la lancée de son bon open d’Australie, et Rick Leach, pour épauler Alex O’Brien en double. McEnroe pourra toujours compter sur Agassi, qui n’a jamais été aussi bon qu’en ce début d’année, et qui a ajouté, dimanche, un second Open d’Australie à un tableau de chasse fort maintenant de six titres du Grand Chelem. Mais son équipe ne ressemble que de fort loin à celle dont il rêvait, lorsqu’il avait succédé à Tom Gullikson pendant Flushing Meadows, en septembre dernier. Le nouveau capitaine américain craignait bien un peu le déplacement d’Harare, le premier en Afrique d’une équipe américaine, mais avec ses deux stars et un double Martin-O’Brien faisant plus que tenir la route, il n’avait en fait pas beaucoup de soucis à se faire. Lui-même se plaisait à envisager ses débuts comme une aimable partie de campagne. «Je vais pouvoir m’enfoncer dans mon siège et apprécier», s’était-il complu à dire en annonçant la composition première de son équipe en décembre dernier. «Avec Pete (Sampras) et Andre (Agassi) jouant bien, je peux très bien me contenter de les regarder jouer et gagner la Coupe Davis. Nous avons là deux des plus grands joueurs qu’ait connu le tennis». Coup dur Passé à 41 ans de l’autre côté de la barrière, McEnroe vient de se rendre compte que les choses ne seraient pas aussi simples. «Tout capitaine a un plan de rechange, a-t-il souligné. Mais c’est un coup très dur pour nous». Martin a avancé un virus tenace pour expliquer son forfait. Sampras a lui invoqué sa blessure à la hanche lors de la demi-finale perdue contre Agassi à Melbourne pour expliquer sa décision de ne pas participer au rendez-vous d’Harare. Une décision dont McEnroe a commencé par critiquer le bien-fondé avant de s’en prendre au calendrier international. «C’est désespérant et dur à avaler, mais pas totalement inattendu», avait souligné McEnroe dans un article publié par des journaux américains le jour de la finale de Melbourne. «Pour vous dire la vérité, je ne crois pas que Pete avait envie de faire le déplacement. Aurait-il été avec l’équipe s’il avait gagné le jeu décisif du quatrième set contre Agassi? Perdre Todd (Martin) était une complication. Perdre Pete me met au milieu d’une crise». L’ancien rival du Suédois Bjorn Borg a toutefois arrêté là ses critiques contre celui qui avait été son partenaire de double lors de sa dernière apparition en Coupe Davis, lors de la finale de 1992 gagnée contre la Suisse, pour s’en prendre aux autorités du tennis et leur calendrier démentiel. «Le calendrier de la Coupe Davis doit être changé», a-t-il dit dans une interview publiée par la presse américaine. «Il n’y a aucun doute et le plus tôt sera le mieux. Comment peut-on avoir quelque chose que moi je considère aussi important qu’un Grand Chelem, la semaine suivant un tournoi du Grand Chelem. Cela n’a pas de sens». Du neuf dans le règlement La Coupe Davis innove en 2000. Le capitaine de chaque équipe aura désormais la possibilité de changer un ou deux joueurs de simple le dimanche, sans avoir à produire un certificat médical, comme c’était le cas jusqu’à présent, même si souvent celui-ci n’était pas justifié. Mais s’il décide de procéder à une telle modification, pour une raison tactique ou à cause de la méforme d’un joueur, le capitaine devra obligatoirement choisir son ou ses remplaçants parmi les deux autres joueurs de sa sélection, un joueur ne pouvant pas, bien évidemment, affronter le même adversaire deux fois de suite. Brésil - France : Kuerten et ses camarades s’entraînent dur L’équipe du Brésil de Coupe Davis, son leader Gustavo Kuerten en tête, s’est durement entraînée à Rio de Janeiro avant d’affronter la France au premier tour du groupe mondial, de vendredi à dimanche. Kuerten, Fernando Meligeni, Jaime Oncins, Francisco Costa et Alexandre Simone sont rassemblés depuis plus d’une semaine à Florianopolis, où ils alternent pendant deux heures séances d’entraînements poussés avec des exercices de relaxation en piscine et des bains de boue. En soirée, nouvelle séance de travail. Kuerten, éliminé au premier tour des Internationaux d’Australie, a assuré que l’équipe brésilienne s’était bien adaptée à la chaleur des derniers jours. Pour le numéro un brésilien, il n’y a pas «de revanche» face à la France, qui avait éliminé le Brésil l’an passé en quarts de finale. «De l’équipe qui nous avait éliminés, il ne reste plus que Pioline, les autres sont de nouveaux venus, a-t-il déclaré. Notre objectif est de bien jouer et représenter notre pays avec dignité afin de gagner et rester dans le groupe mondial». De son côté, l’équipe de France du capitaine Guy Forget a préféré s’entraîner loin du regard de la presse, dans un autre complexe sportif, afin de ne pas dévoiler ses atouts.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats John McEnroe avait réalisé le plus compliqué, réunir sous la même bannière les deux meilleurs joueurs du monde, Andre Agassi et Pete Sampras, pour une reconquête américaine attendue de la Coupe Davis, qui échappe aux États-Unis depuis maintenant cinq ans. Les aléas du sport en ont décidé autrement et en fait de «dream team», McEnroe, pour ses débuts de capitaine à Harare contre le Zimbabwe des frères Black, devra faire sans Sampras et sans Todd Martin. Des débuts difficiles donc pour l’ancien enfant terrible du tennis mondial qui a dû bricoler une équipe à la hâte en appelant au dernier moment Chris Woodruff, sur la lancée de son bon open d’Australie, et Rick Leach, pour épauler Alex O’Brien en double. McEnroe pourra toujours compter sur Agassi, qui n’a jamais été aussi bon qu’en ce début d’année,...