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Actualités - Chronologie

Rugby - Tournoi des six nations La France entre sublime et médiocre

Depuis leur entrée dans le Tournoi, l’irrégularité de la France, qui navigue entre matches d’anthologie et productions médiocres, contraste avec la régularité des Britanniques. Invités à partir de 1910, puis exclus quatre ans plus tard, réintégrés puis à nouveau écartés en 1931, les Français ont attendu 1954 pour remporter le Tournoi pour la première fois. Quatorze ans plus tard, ils décrochaient leur premier grand chelem, en 1968. Au total, la France a décroché le titre à douze reprises, réussissant six fois à remporter tous ses matches. Le XV de France a notamment décroché deux grands chelems consécutifs, en 1997 et 1998 pour la première fois de son histoire. Un an plus tard, les Français ont sombré, concédant deux défaites à domicile, face au pays de Galles et à l’Écosse, pour la première fois depuis... 1957. Emportés à la fin de l’hiver dernier, proches de la rupture lors de la première partie de la Coupe du monde, les Français ont tutoyé le sublime face aux All Blacks, balayés (43-31) en demi-finale du Mondial, le 31 octobre. Une interrogation sous-tend donc l’édition 2000 du Tournoi, élargi à six nations : dans quel état sera l’équipe de France ? Avec l’arrivée d’un nouvel entraîneur, Bernard Laporte, successeur du duo Skrela – Villepreux et admirateur déclaré du rugby et de la rigueur de l’hémisphère sud, la France compte afficher une certaine régularité dans ses performances. Oublier le médiocre, et approcher le sublime le plus souvent possible. L’Angleterre veut oublier L’Angleterre devra effacer deux traumatismes dans ce premier Tournoi des six nations : son élimination en quart de finale de la Coupe du monde, à l’automne à Paris, face à l’Afrique du Sud, et sa défaite dans le dernier match du Tournoi des cinq nations, au printemps à Wembley. Ce jour-là, un douzième grand chelem tendait les bras aux joueurs anglais, jusqu’à ce que Scott Gibbs marque, dans les arrêts de jeu, l’essai d’une victoire galloise synonyme de coup de massue pour le XV à la Rose (32-31), et de victoire finale, dans le Tournoi, pour l’Écosse. Quelques mois plus tard, les hommes de Clive Woodward chutaient lourdement (44-21) à Paris face aux Springboks, alors qu’ils figuraient parmi les favoris de cette Coupe du monde. Une nouvelle désillusion, cruelle, pour des Anglais préparés comme jamais ils ne l’avaient été auparavant. Du haut de leurs 33 victoires dans le Tournoi, la dernière en 1996, dont 11 avec un grand chelem à la clé, les Anglais dominent encore de la tête et des épaules le palmarès de l’épreuve, comme leur pack de fer, longtemps réputé indestructible, a souvent dominé celui des équipes adverses. En revanche, pour ce qui est de l’actualité immédiate, le XV à la Rose n’est pas au mieux : Woodward est toujours contesté et il s’attend à un dernier Tournoi délicat, avant de devenir éventuellement, la saison prochaine, une sorte de manager général des sélections anglaises. Woodward a aussi dû faire face à une cascade de blessures et de méformes, attribuées pour la plupart à un calendrier trop chargé. Privé jusqu’à nouvel ordre du capitaine Martin Johnson, de l’ailier Dan Luger, meilleur marqueur anglais de la Coupe du monde, et de l’ouvreur Paul Grayson, il avait sûrement rêvé d’une meilleure préparation. L’Écosse a renouvelé ses cadres Victorieuse de l’ultime Tournoi des cinq nations, puis quart de finaliste de la Coupe du monde, battue seulement par les All Blacks (30-18), l’Écosse a dû renouveler ses cadres cet hiver, son coach ayant pris du recul, et plusieurs joueurs-clés ayant annoncé leur retraite. À la tête du XV au Chardon, Ian McGeechan, très respecté pour ses résultats aux commandes des Lions britanniques, a remplacé Jim Telfer, reconverti en directeur du rugby écossais. Sur le terrain, le demi de mêlée et capitaine Gary Armstrong a jugé qu’il était temps de tirer sa révérence internationale, tout comme le centre Alan Tait et le pilier Paul Burnell, et ils ont été logiquement remerciés pour leurs bons et loyaux services. Comme souvent dans l’histoire du rugby écossais, une nouvelle génération va devoir prendre le relais, emmenée par les Français d’adoption, l’ouvreur Gregor Townsend (Brive), ses compatriotes James McLaren (Bourgoin), Bryan Redpath et Stuart Reid (Narbonne), et encadrée par les «Kiwis» d’origine, l’arrière Glenn Metcalfe et le centre John Leslie, promu capitaine. McGeechan pourra construire sur l’histoire récente, et sur les événements mémorables du printemps dernier, quand l’Écosse est allée gagner à Paris (36-22), grâce à un jeu d’attaque flamboyant, et a conclu le Tournoi en ayant marqué la bagatelle de 16 essais et 120 points en quatre matches. Le nouveau coach pourra aussi bâtir sur l’histoire plus ancienne, soit 17 victoires écossaises dans le Tournoi, dont 3 grands chelems, les deux derniers en 1984 et 1990. Et quoi qu’il arrive, l’Écosse écrira de toute façon une nouvelle page de l’histoire du rugby en faisant jouer à l’Italie son premier match dans le Tournoi, samedi à Rome.
Depuis leur entrée dans le Tournoi, l’irrégularité de la France, qui navigue entre matches d’anthologie et productions médiocres, contraste avec la régularité des Britanniques. Invités à partir de 1910, puis exclus quatre ans plus tard, réintégrés puis à nouveau écartés en 1931, les Français ont attendu 1954 pour remporter le Tournoi pour la première fois. Quatorze ans plus tard, ils décrochaient leur premier grand chelem, en 1968. Au total, la France a décroché le titre à douze reprises, réussissant six fois à remporter tous ses matches. Le XV de France a notamment décroché deux grands chelems consécutifs, en 1997 et 1998 pour la première fois de son histoire. Un an plus tard, les Français ont sombré, concédant deux défaites à domicile, face au pays de Galles et à l’Écosse, pour la première fois...