Les primaires du New Hampshire, les premières organisées dans le cadre de la campagne électorale américaine, sont aussi celles qui peuvent sceller le sort des candidats à la présidence des États-Unis. La réputation de «faiseur de rois» de ce petit État du nord-est s’est bâtie au fil des ans sur l’activisme politique débordant de ses citoyens, que les mauvais esprits attribuent à la monotonie de leur vie quotidienne. Surnommées à leurs débuts, dans les années 50, «le concours de beauté présidentiel», les primaires du New Hampshire ne se sont trompées que très rarement. Seul Bill Clinton l’avait perdue, en 1992, parmi les candidats élus ensuite à la Maison-Blanche. Ce scrutin test – réédité ensuite à travers la plupart des États – permet d’élire les délégués de l’État qui siègeront aux conventions nationales des deux grandes formations en lice, le parti républicain et le parti démocrate. La distribution équilibrée des forces politiques dans cet État – 38 % républicains, 32 % démocrates – permet une projection de l’issue de ces primaires au niveau national. La forte proportion d’indépendants (30 %) leur confère aussi un caractère imprévisible. Dans le passé, les espoirs de candidats populaires au niveau national comme l’astronaute John Glenn ont volé en éclats dans le New Hampshire, de même que les velléités de réélection de présidents en exercice comme Lyndon Johnson, Jimmy Carter ou George Bush. Avec son 1,1 million d’habitants, cet État couché au pied du Vermont, avec une porte sur l’Atlantique, vit en permanence au rythme d’une multitude de petits scrutins, tant au niveau municipal que régional. Il élit son gouverneur tous les deux ans. Ses habitants, qui vivent sous la devise «vivre libre ou mourir», désignent aussi tous les deux ans leur assemblée législative, la plus importante des 50 États avec ses 400 sièges. Maires, conseillers municipaux, secrétaires de mairie sont élus chaque année, ainsi qu’une myriade de petits responsables locaux. Les candidats, unanimes à reconnaître cet activisme politique, sillonnent l’État pendant des mois, serrent des mains sans relâche et en inondent les moindres recoins de tracts.
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