La popularité record de Vladimir Poutine, bâtie sur sa position de faucon dans le conflit tchétchène, a pâti des difficultés des forces russes à Grozny, mais les analystes estiment que seul un revers majeur pourrait la remettre en cause à la veille de l’élection présidentielle. Alors que les médias faisaient état des difficultés rencontrées par les forces fédérales à Grozny, et de pertes importantes parmi les soldats russes, l’institut de sondage VTSIOM annonçait jeudi que les intentions de vote pour M. Poutine avaient baissé pour la première fois fin janvier. Elles sont passées en une semaine de 55 % à 49 %, après une croissance qui paraissait irréversible ces derniers mois. Certains commentateurs ont aussitôt prédit une chute rapide de la popularité de M. Poutine, à deux mois de la présidentielle prévue le 26 mars, qui lui était jusqu’à présent considérée comme acquise. «L’avenir politique de Vladimir Poutine est en danger, et le pouvoir essaie de sauver la mise en brandissant la menace terroriste», estime le politologue Andreï Piontkovski, du Centre d’études stratégiques. Le président par intérim avait prévenu le 21 janvier d’un risque accru d’attentats en Russie, avant de placer les services de sécurité en état d’alerte dans tout le pays. Une annonce, corroborée par des menaces proférées par Chamil Bassaïev, qui renvoyait les Russes à la psychose suscitée par les explosions qui ont fait 293 morts en Russie en août et septembre derniers. Les autorités avaient attribué ces attentats aux «terroristes tchétchènes», sans en apporter la preuve. L’agitation de la menace terroriste sert de toute évidence le Kremlin, en entretenant la justification initiale de l’intervention russe en Tchétchénie, ont estimé les analystes. Une logique préventive, alors que malgré le ton de plus en plus critique des médias et les protestations des organisations de défense des droits de l’homme, une majorité de Russes reste favorable à une solution de force en Tchétchénie, selon VTSIOM. «La question de l’élimination des “terroristes tchétchènes” est sans appel dans l’opinion publique russe, et ne risque pas de remettre en cause l’avenir politique de Poutine», selon Boris Doubine, un analyste de l’institut de sondage. «Les difficultés des forces fédérales en Tchétchénie et le sentiment d’isolement international face aux critiques de plus en plus vives des Occidentaux, dans le contexte de crise économique et sociale en Russie, créent même un accès de nervosité, de véhémence dans la société», ajoute le sociologue. La guerre en Tchétchénie est devenue «un enjeu symbolique, sur lequel se reportent le mécontentement et la frustration de la population», ajoute-t-il. Dans ce contexte, l’image de faucon de Vladimir Poutine, sa fermeté affichée vis-à-vis des Tchétchènes comme des Occidentaux, continue de correspondre aux attentes de la majorité de la population russe. De fait, le politologue Andreï Riabov, de l’antenne moscovite du centre Carnegie, n’envisage que deux hypothèses susceptibles de mettre en danger l’avenir politique de M. Poutine : un revers majeur pour les forces fédérales, très improbable malgré l’acharnement des Tchétchènes, et des négociations avec le président tchétchène Aslan Maskhadov, maintes fois dénoncé comme «illégitime» par Moscou.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La popularité record de Vladimir Poutine, bâtie sur sa position de faucon dans le conflit tchétchène, a pâti des difficultés des forces russes à Grozny, mais les analystes estiment que seul un revers majeur pourrait la remettre en cause à la veille de l’élection présidentielle. Alors que les médias faisaient état des difficultés rencontrées par les forces fédérales à Grozny, et de pertes importantes parmi les soldats russes, l’institut de sondage VTSIOM annonçait jeudi que les intentions de vote pour M. Poutine avaient baissé pour la première fois fin janvier. Elles sont passées en une semaine de 55 % à 49 %, après une croissance qui paraissait irréversible ces derniers mois. Certains commentateurs ont aussitôt prédit une chute rapide de la popularité de M. Poutine, à deux mois de la présidentielle...