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Actualités - Chronologie

Cyclisme - Début de saison Tous contre Armstrong

L’Américain Lance Armstrong se prépare à relever un défi fascinant en cette saison 2000, celui de démontrer qu’il est le champion d’exception aperçu lors du Tour de France 1999. Le Texan, trois ans après avoir vaincu la maladie (un cancer des testicules qui s’était étendu aux poumons et au cerveau), s’est imposé comme un coureur complet, grimpeur et grand spécialiste des épreuves contre-la-montre. Son sacre sur les Champs-Élysées est celui dont les organisateurs du Tour avaient besoin pour redorer le blason d’une compétition largement discréditée par les affaires Festina et TVM. D’une certaine manière Armstrong était le vainqueur idéal, le champion le plus politiquement correct en ces temps troublés. «Croyez-vous qu’après ce que j’ai vécu je prendrais le risque de mettre à nouveau ma santé en danger avec des produits prohibés ?» L’argument était imparable et il convenait bien à un peloton qui acceptait dans sa majorité de combattre le fléau du dopage après des années de silence. Mais la démonstration de force de l’Américain, si évidente à Metz et à Sestrières lors de la dernière Grande boucle, peut-elle valoir encore en présence de Jan Ullrich et de Marco Pantani, tous deux absents pour des raisons différentes ? Rien n’est moins sûr bien que l’Américain, au sourire affable et aux réparties cinglantes, reste l’homme à battre en ce début de saison. Il l’est d’autant plus que beaucoup dans le peloton ont à se faire pardonner après une année encore perturbée par les affaires de dopage. Et Virenque ? La grande interrogation concerne l’Italien Pantani, exclu du Tour d’Italie avec le maillot rose sur les épaules. À deux jours de l’arrivée à Milan, son taux d’hématocrite atteignait des sommets vertigineux. Le coureur de Cesenatico, sacré dans le Tour 98, se voyait dans l’obligation de renoncer à se présenter au départ et pour la première fois depuis un demi-siècle la Grande boucle s’élançait sans ancien vainqueur. L’Allemand Jan Ullrich, lauréat en 1997, avait déclaré forfait pour une blessure persistante. Après neuf mois d’isolement, Pantani doit faire sa rentrée fin février au Tour de Valence et sa saison s’articule autour d’un seul objectif, le doublé Giro-Tour. Ullrich, qui a sauvé sa saison au Tour d’Espagne et dans le contre-la-montre des championnats du monde, sait qu’une préparation sérieuse est indispensable pour rééditer son exploit d’il y a trois ans. En attendant l’audiencement du procès Festina, Richard Virenque se voit offrir une nouvelle chance de devenir le successeur de Bernard Hinault, dernier Français à avoir remporté le Tour. En 1998, le Varois avait été exclu à mi-parcours, en 1999 il avait failli ne pas prendre le départ, les organisateurs de la course jugeant que son image ne correspondait pas à celle que voulait se donner la course désormais. Quelles sont ses réelles chances sur un tracé qui n’est pas taillé pour les spécialistes de la montagne ? Dans une mesure tout aussi grande, le Belge Frank Vandenbroucke devra lui aussi prouver qu’il est le champion qu’il affirme être. Après avoir décrété la paix avec son équipe Cofidis, VDB veut se préparer à gagner un Tour de France dont il avait été privé l’an passé pour cause d’affaire Sainz, du nom du faux médecin qui le fournissait en «produits» de remise en forme. Mais avant que les épreuves à étapes viennent faire le tri dans les ambitions de chacun, les classiques de printemps donneront l’occasion à Michele Bartoli de rappeler qu’il est le meilleur coureur des courses d’un jour. L’Italien, victime d’une fracture de la rotule et d’une rupture du tendon rotulien lors du Tour d’Allemagne en mai, partira à la conquête d’une nouvelle Coupe du monde. Mais dans cet exercice, il risque de trouver sur sa route Armstrong, ancien champion du monde et qui reste un redoutable opportuniste. Dopage : l’année de l’équité ? La France a montré la voie l’an dernier avec son suivi médical longitudinal et l’Union cycliste internationale (UCI) a décidé de lui emboîter le pas avant que ne débute la saison. Il est donc tentant d’affirmer que l’équité sera davantage respectée ces prochaines semaines dans le cyclisme mondial, sans pour autant être certain que la lutte antidopage a fait un grand pas en avant. Il ne fait pas de doute que la protection de la santé du coureur est devenue le souci majeur des dirigeants. Mais le scepticisme côtoie toujours un relatif optimisme. «La lutte antidopage n’a pas progressé d’un centimètre depuis juillet 1998 et le choc de l’affaire Festina, assure Roger Legeay, le manager de la formation Crédit Agricole. Nous ne savons toujours pas détecter les produits lourds que sont l’Epo, le PFC ou d’autres encore. Il n’y a donc pas de sanction possible. En revanche, le suivi médical est un discours adéquat face au dopage. Il permet une vraie prévention et cela facilite l’évolution des mentalités». En France, cette évolution est palpable. Pour n’avoir eu d’autre choix que de pratiquer la préparation biologique afin de rester compétitifs, les coureurs français ont semblé faire la preuve, depuis le 1er janvier 1999, d’un assainissement de leurs méthodes. Par une meilleure nutrition, un meilleur entraînement, une meilleure récupération, ils tentent de compenser le rejet de substances dangereuses et espèrent ou affirment avoir trouvé l’alternative au dopage. Évolution lente Sans, les résultats dans les rendez-vous majeurs l’attestent, avoir pu concurrencer d’autres nations moins pressées de se retrouver sur la voie de la sagesse. «Il est évident, poursuit Roger Legeay, que le suivi ne permet aucune sanction. Il n’y a pas le côté répressif, dissuasif pour le coureur». «Le grand avantage de la précédente année, intervient Gérard Nicolet, l’un des médecins de la Fédération française de cyclisme, est que chacun a dorénavant conscience qu’il ne sera pas facile de résoudre le problème qui n’est pas seulement d’ordre biologique. Cela a également eu pour effet de stopper la course à l’armement», dit-il. «L’Epo existe toujours mais le PFC et l’hémoglobine réticulée font peur. Toutefois, la lutte contre le dopage reste un sujet délicat pour le scientifique. Quand un médecin veut savoir la maladie de son patient, il n’a pas de certitude mais une série de signes convergents l’aident à formuler une conclusion fiable. En dopage, c’est la même chose puisqu’on ne sait pas déterminer directement la prise des produits lourds, mais en plus cela peut avoir des conséquences judiciaires. Pour le scientifique, pas pour le coureur». Pour 2000, l’UCI a fait une avancée très nette en assimilant son suivi médical à celui de la France, aux différences fondamentales près qu’elle laisse aux médecins d’équipes tout le loisir de prendre des mesures contre leurs coureurs et que seul le taux d’hématocrite, parmi d’autres anomalies, est susceptible d’entraîner un arrêt de travail. Il est des voix, en Italie et notamment celle de la formation Mapei, a s’élever contre l’inertie des dirigeants. C’est un signe que les mentalités continuent d’évoluer, mais à leur rythme. L’affaire Festina l’avait démontré : seule la peur du gendarme est réellement efficace. Les principaux transferts Les grands leaders du cyclisme (L. Jalabert, Ullrich, Armstrong, Pantani, Zuelle) sont restés fidèles à leurs couleurs à l’intersaison 1999-2000. Les principaux mouvements sont dus à la création de deux nouvelles équipes en France et au retour de Giancarlo Ferretti (manager de Fassa Bortolo) dans le peloton italien. Le Kazakh Alexandre Vinokourov, l’un des coureurs les plus convoités sur le marché des transferts, a rejoint Jan Ullrich et le groupe allemand Telekom alors que le champion du monde, l’Espagnol Oscar Freire, a intégré la formation italienne Mapei. Les principaux transferts pays par pays : Allemagne : Telekom : Alexandre Vinokourov (Kzk, Casino), Gianmatteo Fagnini (Ita, Saeco). Danemark : Memorycard : Bo Hamburger (Dan, Cantina Tollo) Espagne : ONCE : Nicolas Jalabert (Fra, Cofidis), Miguel Angel Pena (Esp, Banesto) États-Unis : US Postal : Viatcheslav Ekimov (Rus, Amica Chips), Cédric Vasseur (Fra, Crédit Agricole) France : Bonjour : Jean-Cyril Robin (Fra, Française des Jeux), François Simon (Fra, Crédit Agricole), Didier Rous (Fra, Festina) Crédit Agricole : Bobby Julich (USA, Cofidis), Jonathan Vaughters (USA, US Postal) Cofidis : Jo Planckaert (Bel, Lotto), Juris Silovs (Let, Jack and Jones) Festina : Angel Casero (Esp, Vitalicio), Giuseppe Di Grande (Ita, Mapei), Joseba Beloki (Esp, Eustatel), Pascal Lino (Fra, BigMat) Française des Jeux : Fabrizio Guidi (Ita, Polti), Grzegorz Gwiazdowski (Pol, Cofidis), Sven Montgomery (Sui, Post Swiss), Frank Hoj (Dan, US Postal) Jean Delatour : Laurent Brochard (Fra, Festina), Christophe Bassons (Fra, Française des Jeux), Francisque Teyssier (Fra, Festina) Italie : Alexia Alluminio : Nicola Minali (Ita, Cantina Tollo) Fassa Bortolo : Dimitri Konyshev (Rus, Mercatone Uno), Wladimir Belli (Ita, Festina), Fabio Baldato (Ita, Ballan), Andrea Ferrigato (Ita, Ballan), Andrea Peron (Ita, ONCE) Mapei : Oscar Freire (Esp, Vitalicio), Manuel Beltran (Esp, Banesto) Lampre : Sergio Barbero (Ita, Mercatone Uno) Liquigas : Serguei Honchar (Ukr, Vini Caldirola), Davide Rebellin (Ita, Polti), Stefano Cattai (Ita, Polti) Mobilvetta : Evgueni Berzin (Rus, Amica Chips), Laurent Roux (Fra, Casino) Polti : Jeroen Blijlevens (P-B, TVM), Daniel Clavero (Esp, Vitalicio), Pascal Hervé (Fra, Festina), Eddy Mazzoleni (Ita, Saeco), Bart Voskamp (P-B, TVM) Vini Caldirola : Roberto Conti (Ita, Mercatone Uno) Grande-Bretagne : Linda McCartney : Pascal Richard (Sui, Mobilvetta), Maximilian Sciandri (G-B, Française des Jeux) Pays-Bas : Rabobank : Steven De Jongh (P-B, TVM) Farm Frites : Robbie McEwen (Aus, Rabobank), Glenn Magnusson (Suè, US Postal).
L’Américain Lance Armstrong se prépare à relever un défi fascinant en cette saison 2000, celui de démontrer qu’il est le champion d’exception aperçu lors du Tour de France 1999. Le Texan, trois ans après avoir vaincu la maladie (un cancer des testicules qui s’était étendu aux poumons et au cerveau), s’est imposé comme un coureur complet, grimpeur et grand spécialiste des épreuves contre-la-montre. Son sacre sur les Champs-Élysées est celui dont les organisateurs du Tour avaient besoin pour redorer le blason d’une compétition largement discréditée par les affaires Festina et TVM. D’une certaine manière Armstrong était le vainqueur idéal, le champion le plus politiquement correct en ces temps troublés. «Croyez-vous qu’après ce que j’ai vécu je prendrais le risque de mettre à nouveau ma santé en...