Contrairement à certains pays, y compris européens, comme la Roumanie, qui cachent – voire maltraitent – leurs lépreux, les Tchadiens les côtoient sans problème. «La population ne les exclut pas, car les gens savent que cette maladie n’est pas très contagieuse, qu’elle ne s’attrape pas comme un rhume», explique le sultan du Ouaddaï, Ibrahim Mamat Ourada. «Certes, ajoute-t-il, toute maladie est considérée comme étant la volonté de Dieu, mais il n’est dit nulle part dans le Coran que les hommes doivent se résigner et ne rien faire pour la combattre». Dans son bureau, sous une photo du général De Gaulle les bras levés, le chef coutumier raconte comment les médecins français ont appris aux Tchadiens à détecter la lèpre : «En 1957, se rappelle-t-il, les Blancs venaient dans les villages et cherchaient les traces rouges sur la peau. S’ils en voyaient, ils craquaient une allumette et la posaient sur la tache. Si la personne réagissait, ils savaient qu’elle n’était pas atteinte. Si, au contraire, elle ne bougeait pas, ils la soignaient». Malgré cette connaissance relative de la maladie et de ses conséquences, les malades continuent à se ruiner chez les marabouts et les vendeurs de gris-gris avant de faire appel à la médecine moderne. Et les superstitions, le plus souvent liées à l’alimentation, vont encore bon train : «Beaucoup de Tchadiens croient que manger de l’autruche, du silure, du fourmilier, de l’antilope, de l’outarde ou du bouc donne la lèpre», énumère Béchir, un infirmier qui a commencé à lutter contre la lèpre, avec les Français, il y a plus de 40 ans. «Les gens sont persuadés que tout enfant naît lépreux mais ne tombe malade que quand il mange ces aliments», explique-t-il. «Au Mali, raconte le Dr Jean Brière de l’Isle, manger du phacochère (une sorte de cochon sauvage) est considéré comme protecteur contre la lèpre, et même les musulmans sont autorisés à en consommer».
Contrairement à certains pays, y compris européens, comme la Roumanie, qui cachent – voire maltraitent – leurs lépreux, les Tchadiens les côtoient sans problème. «La population ne les exclut pas, car les gens savent que cette maladie n’est pas très contagieuse, qu’elle ne s’attrape pas comme un rhume», explique le sultan du Ouaddaï, Ibrahim Mamat Ourada. «Certes, ajoute-t-il, toute maladie est considérée comme étant la volonté de Dieu, mais il n’est dit nulle part dans le Coran que les hommes doivent se résigner et ne rien faire pour la combattre». Dans son bureau, sous une photo du général De Gaulle les bras levés, le chef coutumier raconte comment les médecins français ont appris aux Tchadiens à détecter la lèpre : «En 1957, se rappelle-t-il, les Blancs venaient dans les villages et cherchaient les...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.