Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Les mamies cubaines éclipsent les caucus

Deux vieilles dames cubaines ont réussi la prouesse d’éclipser le coup d’envoi de l’élection présidentielle hier dans l’Iowa (centre) en maintenant l’Amérique en haleine autour du sort incertain d’Elian Gonzalez, leur petit-fils. Sans faillir à leur réputation «agressive», les médias, télévisions en tête, cultivent savamment la tension autour de ce drame qui culmine depuis vendredi avec l’arrivée à New York des deux «mamies» venues pour ramener l’enfant de 6 ans à son père, à Cuba. Des dizaines de journalistes suivent les deux femmes, Raquel Rodriguez, la grand-mère maternelle d’Elian, tailleur rouge, et Mariela Quintana, tailleur noir, effarées par un tel remue-ménage. «Alert : Grandmas landed», ont vu s’afficher les téléspectateurs médusés de Fox News sur leur écran, pour justifier l’interruption des programmes de la chaîne annoncant le «débarquement» des deux vieilles dames. Sur la chaîne câblée CNN, la tension est vécue seconde par seconde. Une caméra a filmé hier en direct l’avion qui a amorcé son approche vers l’aéroport de Miami. La porte du jet privé s’ouvre. La tension monte. Les deux vieilles dames apparaissent enfin. L’Amérique respire. «C’est une bien meilleure histoire que les “caucus” de l’Iowa», concède, un rien amusé, la politologue Sarah Binder, de la très sérieuse Brooking Institution à Washington. «Il est encore trop tôt pour intéresser l’opinion aux élections. Elle préfère se passionner pour cette bonne histoire», renchérit le professeur Lewis Wolfsohn, spécialiste en communication à l’American University. D’autant, estime l’universitaire, que «tout dans ce drame est émotionnel, jusqu’à la vieille querelle entre les États-Unis et Fidel Castro», le dirigeant cubain. La passion autour de cette affaire est telle que les associations anticastristes ont entraîné des centaines de personnes dans les rues de Miami, dispersées à coups de grenades lacrymogènes. Des manifestants sont parvenus à paralyser un temps le port de la ville, l’un des plus actifs du pays. Hier après-midi, les deux grands-mères sont arrivées à Miami (Floride) pour y rencontrer leur petit-fils, ainsi que les proches qui l’ont recueilli fin novembre après son naufrage et le décès de sa mère. Les deux femmes, arrivées de New York, ont voyagé dans un jet d’affaires, accompagnées d’une délégation du Conseil national des Églises (NCC) qui organise leur séjour aux États-Unis. Samedi, les chaînes de télévision avaient relaté avec force détail les périgrinations des deux mamies dans les bureaux du département de la Justice, et l’intervention personnelle de l’Attorney General Janet Reno en vue de la rencontre avec l’enfant. «Quel sera le dernier acte de ce drame?», s’interroge le professeur Stephen Hess. Personne ne savait encore lundi soir si l’enfant allait retrouver son père à Cuba comme le souhaite la majorité des Américains. Pendant ce temps, le premier acte de la campagne électorale, censé ébaucher le profil des deux candidats qui mèneront les partis républicain et démocrate à la Maison-Blanche, se déroulait sans passion, dans les neiges de l’Iowa, loin de la chaleur de Miami.
Deux vieilles dames cubaines ont réussi la prouesse d’éclipser le coup d’envoi de l’élection présidentielle hier dans l’Iowa (centre) en maintenant l’Amérique en haleine autour du sort incertain d’Elian Gonzalez, leur petit-fils. Sans faillir à leur réputation «agressive», les médias, télévisions en tête, cultivent savamment la tension autour de ce drame qui culmine depuis vendredi avec l’arrivée à New York des deux «mamies» venues pour ramener l’enfant de 6 ans à son père, à Cuba. Des dizaines de journalistes suivent les deux femmes, Raquel Rodriguez, la grand-mère maternelle d’Elian, tailleur rouge, et Mariela Quintana, tailleur noir, effarées par un tel remue-ménage. «Alert : Grandmas landed», ont vu s’afficher les téléspectateurs médusés de Fox News sur leur écran, pour justifier...